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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

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Éditorial : Pendant la Guerre froide, l'accueil du réfugié politique avait bonne presse...Mots-clés : Droits de l\'Homme,Immigration,Politique, © Les Territoires de la Mémoire- Belgique

am56Jamin, Jérôme
n°56, avril-juin 2011

Pendant la Guerre froide, l'accueil du réfugié politique avait bonne presse, c'était l'occasion de se draper des bonnes intentions du « monde libre » contre le communisme, c'était quelque chose de relativement bien coté dans nos représentations collectives. À gauche comme à droite, tout le monde s'accordait sur la nécessité de réserver un accueil chaleureux à ceux qui avaient risqué leur vie et celles de leur famille pour défendre la liberté politique, et partant, un des droits les plus fondamentaux de nos démocraties.

Après la chute du mur de Berlin, si l'accueil est resté la règle, la figure de l'intellectuel persécuté a progressivement laissé la place à l'image du Roumain, de l'Albanais ou du Hongrois à la recherche d'une vie meilleure, avant d'être considéré plus tard comme un mafieux, un trafiquant ou plus simplement un profiteur.

Dans les années 90, les voix qui veulent séparer le réfugié politique des autres catégories de migrants se font entendre. Il ne faut plus confondre l'individu persécuté pour des raisons politiques et le misérable qui vit dans la pauvreté et cherche une monde meilleur. Celui-ci est un héros, celui-là est un profiteur, un « réfugié économique », quelqu'un qui n'a strictement rien à attendre de nos démocraties et de leurs discours empreints d'égalité, de fraternité et de justice. Celui-ci nous rappelle « l'Âge d'or » où on pouvait se dire démocrate en montrant simplement du doigt les dictatures, celui-là est inquiétant car il pourrait pousser tous ses semblables miséreux à venir s'installer chez nous. « La France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en prendre sa part » disait le socialiste Michel Rocard, c'était l'esprit du temps.

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Quand le capitalisme rend Gaga

56 2Aït-Oile, Khadija
n°56, avril-juin 2011

En ce nouveau millénaire, les messagers adeptes du culte commercial sont nombreux ; la « religion capitaliste » regroupe des pratiquants venus de tous bords, aucun secteur d'activité n'est épargné : le milieu pharmaceutique, l'alimentaire, l'édition, le stylisme et même la culture répondent présents à l'appel de la logique du marché prônant l'appât du gain ; tous sont armés de leurs panoplies enrobées de clichés afin de satisfaire les volontés du « Dieu capital ». Le public n'a qu'à contempler, passivement, les miroirs des représentations collectives que sont les pubs, les clips musicaux, les séries et autres messages médiatisés pour se laisser séduire et devenir, peut-être, l'un des adeptes du « culte de l'avoir ».

Pour les messagers de l'ère de la consommation, la figure de la femme est un appât hors pair : déjà, dans les contes, histoires et mythes, la femme était fantasmée, désirée ou encore diabolisée ; et, aujourd'hui, la publicité et les produits médiatiques prennent la relève des parchemins et manuscrits afin de mettre en forme une histoire du monde contemporain où la femme joue toujours un rôle central. À travers ces nouveaux canaux de diffusion, c'est en tant que média dans le média que « la femme » est présentée : « on » n'hésite pas à la pousser sous les projecteurs, en lui collant sur le front une série de représentations et de messages qui la réduisent à l'état d'objet. C'est ainsi que la femme fait partie des invitations à la consommation les plus prometteuses ; véritable objet de fantasme, elle semble indissociable d'un imaginaire fait de tentation, de séduction et de plaisir. Elle attire mais reste inaccessible « en vrai » ; face à cette inaccessibilité et à ce manque, il ne nous reste plus qu'à nous raccrocher au produit qui lui est associé ; nous pouvons dores et déjà « remercier » les Desperates Housewives et Lady Gaga pour la façon subtile avec laquelle elles « nous » aident à combler ce manque.

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La Ligue du Nord : un parti anti-système au sein de la droite italienne

am56 ligue_du_nordMandin, Jérémy
n°56, avril-juin 2011

Alors que Silvio Berlusconi – de plus en plus empêtré dans les scandales – voit la liste de ses alliés politiques diminuer après la rupture avec l'ex-leader de Alleanza Nazionale, la Ligue du Nord, au cours d'une réunion organisée le 19 janvier au Palais Grazioli, assurait le chef du gouvernement italien de son soutien à condition bien sûr de favoriser la réforme sur le fédéralisme. À travers cet évènement relativement discret au regard de l'affaire du « Rubygate » qui défraie actuellement la chronique, transparaît toute l'ambiguïté d'un parti politique faisant figure d'ovni dans le champ de l'extrême droite européenne. Ainsi, si la formation autonomiste d'Umberto Bossi tient volontiers un des discours les plus extrémistes en Europe – tant contre le champ politique que contre l'immigration, par exemple – elle participe largement au parlement national depuis 1992. Comment un parti dont l'ambition historique est de détruire l'État italien et ses solidarités nord-sud a-t-il pu faire son chemin jusqu'aux responsabilités gouvernementales ? Poser cette question, c'est aussi s'intéresser aux dynamiques d'alliances et d'oppositions qui se jouent au sein d'une droite italienne en pleine crise. Comment comprendre, en effet, la cohabitation de deux mouvements a priori aussi diamétralement opposés que ceux de la Ligue du Nord (autonomiste, historiquement hostile au champ politique) et de l'ex-Alliance Nationale (héritière du néofascisme d'après-guerre et profondément nationaliste) ?

La marche vers le gouvernement : l'ambiguïté d'un parti contre le « système »

La naissance de la Ligue du Nord (Lega Nord ou LN) prend racine dans les milieux autonomistes du Nord de l'Italie qu'un homme, Umberto Bossi, parvient à fédérer à la fin des années 1980[1]. Ce dernier profite alors d'un système électoral particulièrement favorable aux petites formations localement implantées pour se faire élire au Parlement en 1987 puis pour rassembler les différentes composantes autonomistes du nord de l'Italie à l'occasion des élections européennes de juin 1989. C'est sur cette base que se crée le Movimento Lega Nord au sein duquel une myriade de petites formations vient renforcer la Lega Lombarda d'Umberto Bossi. Le mouvement connaît ses premiers succès dès 1990 où, à l'occasion des élections régionales, il totalise 20% des suffrages exprimés en Lombardie, lui assurant un grand nombre de sièges de conseillers régionaux. En 1992, la Ligue du Nord renouvelle ses performances au niveau national en obtenant plus de 8% des voix aux élections générales. Malgré ces premiers succès, c'est au début de l'année 1994 que le mouvement connaît un saut qualitatif en s'alliant à la formation de Silvio Berlusconi : la nouvelle Forza Italia. Ainsi, encouragée par la chute des principaux partis italiens suite à l'opération Mains Propres, la Lega Nord passe du statut de formation farouchement opposée à la « partitocratie romaine », à celui de composante indispensable à la formation d'une majorité de centre droit. Pour un parti caractérisé jusqu'alors par son opposition inconditionnelle au « système », la mutation n'est pas sans poser quelques problèmes.

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Le fantasme Facebook : n’est pas révolutionnaire qui veut !

Thoreau, François
n°56, avril-juin 2011

Le 4 septembre 1830, Charles Rogier tape du poing sur la table : foin des orangistes ! Quelques jours plus tôt, le 25 août, quelques-uns de ses amis Facebook avaient posté la vidéo YouTube « La muette de Portici », du nom de ce film contestataire tourné entièrement en 3D. Très vite, Charles Rogier avait créé son groupe Facebook « Vive la liberté ! » et rassemblé 52.485 membres. Maintenant, c'était décidé, il s'en allait faire la révolution !

Anachronique ? Sans doute pas tant que ça, si l'on considère la permanence du phénomène révolutionnaire dans les sociétés humaines, et l'extrême brièveté d'existence des réseaux sociaux, apparus pour la plupart il y a moins de dix ans. Le « printemps arabe » témoigne d'une puissante atmosphère de contestation qui évoque pour de nombreux observateurs le « printemps des peuples » de 1848, du nom de cet ensemble de soulèvements populaires qui ont littéralement renversé les régimes politiques au pouvoir en Europe occidentale. En grossissant le trait, ces derniers ont progressivement versé dans l'archaïsme, en ne prenant pas le pli des bouleversements profonds induits par la révolution industrielle. Alors, qu'en est-il aujourd'hui ? Les Facebook et autres Twitter sont-ils l'alpha et l'oméga de la révolution sociale ?

Les réseaux sociaux sont, ni plus ni moins, des espaces de socialisation, c'est-à-dire un espace où les utilisateurs créent des communautés en ligne, font société, comme l'ont permis d'autres institutions à d'autres époques. Cette idée va à contre-courant d'un certain discours médiatique très linéaire, selon lequel Facebook et Twitter créent la révolution. On en avait vu les prémices lors des manifestations en Iran, suite aux élections de juin 2009, lorsque la vidéo de la mise à mort d'une jeune fille avait été diffusée via Twitter. Depuis lors, à intervalles réguliers, le discours à sens unique des « réseaux sociaux qui font la révolution » se répète dans certains médias, quitte à introduire un amalgame entre « la carte » (les réseaux sociaux) et « le territoire » (la révolution in concreto).

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Les Territoires de la Mémoire à la Foire du Livre de Bruxelles

am56 foire_livre_bruxellesPaulus, Julien
n°56, avril-juin 2011

Du jeudi 17 au lundi 21 février, les Territoires de la Mémoire étaient présents à la Foire du Livre de Bruxelles pour présenter au public les ouvrages publiés dans leurs collections. Cet évènement fut riche en rencontres, en débats et discussions mais aussi en ébauches de projets ; il constitua également une vitrine appréciable pour les productions de notre association.

Le programme fut en effet chargé. Dès jeudi, Deux ou trois choses de Sonia et du monde, d'Henri Goldman, faisait l'objet d'une rencontre organisée à l'espace de débats de la librairie bruxelloise Filigranes. Interrogé par le journaliste de la RTBF Alain Delaunois, Henri Goldman exposa au public le parcours de sa mère relaté dans le livre, de Malines à Auschwitz avant son retour miraculeux à Bruxelles. Une vidéo de cette rencontre est disponible sur le site Internet de Filigranes (www.filigranes.tv).

Samedi, ce fut au tour d'Henri Deleersnijder de visiter le stand des Territoires de la Mémoire et de rencontrer le public. L'auteur de Populisme et de Mot à mot eut l'occasion de débattre de la montée des discours populistes dans l'Europe actuelle, entre autres, avec le président du Parti Populaire Mischaël Modrikamen de passage sur notre stand ; un échange animé quoique toujours courtois.

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