am52

Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide mémoire 52

Editorial : La force de Geert Wilders aux Pays-Bas

am52Jamin, Jérôme
n°52, avril-juin 2010

La force de Geert Wilders aux Pays-Bas réside dans trois manipulations de l'esprit déguisées en bon sens populaire. La première consiste à argumenter dans un registre progressiste contre le Coran et par extension contre tout ce qui relève de près ou de loin du monde arabo-musulman, la deuxième vise à utiliser les mécanismes traditionnels du racisme sous couvert du droit bien légitime à la critique des religions, la troisième alimente les deux premières grâce au processus de généralisation selon lequel ce qui vaut pour un vaut pour tous ceux qui lui ressemblent.

La figure charismatique du populisme aux Pays-Bas emprunte une rhétorique souvent étudiée dans nos colonnes. Elle consiste à substituer au clivage gauche/droite un clivage système/anti-système. Par ce biais, les enjeux ne sont plus idéologiques et analysés dans l'opposition entre le conservatisme et le progressisme, ou entre le libéralisme et le socialisme, ils sont distribués entre les partisans du système (les « profiteurs », les « paresseux » et les « corrompus ») et les opposants au système (les « nouveaux démocrates ») dont Wilders prétend faire partie. On ne vote dès lors plus pour des orientations politiques mais contre les « pourris » et pour les réformateurs...

Lire la suite : Editorial : La force de Geert Wilders aux Pays-Bas

Les partis d'extrême droite après les élections nationales et fédérales en Allemagne

Delahaye, Raphaela / Paulus, Julien 
n°52, avril-juin 2010

2009 fut une « Superwahljahr » en Allemagne. En effet étaient organisées quasiment en même temps les élections nationales (Bundeswahl) et régionales (Landtagswahlen) – et dans certains Länder aussi les élections communales. Une nouvelle fois, le processus électoral a dû faire face à la présence de partis considérés comme extrémistes – en particulier le NPD (Nationaldemokratische Partei Deutschlands) – et ce, dans un contexte de victoire attendue du parti d'Angela Merkel, la CDU, reconduit avec une large avance sur les autres partis démocratiques.

Jamais représenté au Bundesregierung (le gouvernement) mais, plus inquiétant, représenté largement au niveau des Länder, le NPD se montre bel et bien présent. Lors des dernières élections en août-septembre 2009, il a réussi à se présenter dans onze des seize Bundesländer. Au milieu de résultats assez décevants, le NPD a toutefois réussi à s'approprier, pour la deuxième fois consécutive, une représentation au parlement de Saxe et est également présent au parlement de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale.

Comparés aux autres pays européens comme l'Italie et la France, l'Allemagne est un pays fier de faire exception quant à l'implication durable de partis politiques d'extrême droite. S'il est vrai qu'au niveau national, ce type de parti n'a pas réussi à s'implanter, au niveau régional cependant, on n'a pas réussi à s'en débarrasser... et les mandats s'accumulent.

Lire la suite : Les partis d'extrême droite après les élections nationales et fédérales en Allemagne

France : vers un code de la route « identitaire »

Aït-Oile, Khadija
n°52, avril-juin 2010

Lors de sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy annonça qu'il allait « remettre à l'honneur la nation et l'identité nationale » ; en 2009, il adressa donc une lettre de mission à Eric Besson (Ministre de l'Immigration, de l'Intégration et de l'Identité nationale), lui confiant la responsabilité du projet intitulé « Le grand débat sur l'identité nationale ».

C'est la création d'un site Internet du même nom[1] qui a marqué la lancée officielle de ce débat, un site où les Français peuvent répondre à la question qui leur est posée : « pour vous, qu'est-ce qu'être français ? » et où sont décrits les attentes, les espoirs et les motivations que Besson et son ministère placent dans ce projet : « La question maintes fois posée de savoir ce qu'est une Nation, et ce qu'est le sentiment national, qui fait que des individus s'identifient corps et âme à d'autres individus qu'ils ne connaissent pourtant pas, me semble plus que jamais d'actualité. Cette question ne doit être le monopole ni des partis politiques, ni des historiens, ni des intellectuels. Elle appartient à tous, elle appartient au peuple. Tel est l'objet de ce grand débat sur l'identité nationale, qui doit, grâce aux contributions apportées sur ce site Internet et dans les réunions organisées sur l'ensemble de notre territoire, aboutir à des propositions concrètes, permettant de renforcer notre cohésion nationale et de réaffirmer notre fierté d'être français. » La base du projet serait donc de donner un sens effectif et concret aux notions de « Nation » et d'« Identité nationale » et ce, dans le but de renforcer la cohésion sociale. Pour ce faire, le premier rapport-bilan d'Eric Besson nous propose une liste d'éléments qui définiraient ces concepts, se sentir français reviendrait à connaître et à affectionner : « l'hymne national, l'Histoire, la langue française, la culture, la volonté de vivre ensemble ». Et à adhérer à une série de valeurs : « liberté, égalité, fraternité, laïcité, respect, tolérance, solidarité ».

Lire la suite : France : vers un code de la route « identitaire »

Colloque : la concurrence mémorielle en débat

Grandjean, Geoffrey
n°52, avril-juin 2010

La mobilisation du passé dans nos sociétés politiques contemporaines est fréquente et les individus entretiennent des rapports parfois étroits avec la mémoire collective. Cette dernière présente une double caractéristique. D'une part, la mémoire implique des souvenirs et constitue un processus de tri au cours duquel des éléments sont oubliés. L'oubli fait donc partie intégrante de la mémoire. D'autre part, la dimension collective implique un groupe. La mémoire collective constitue dès lors un ensemble partagé de souvenirs communs à un groupe qui contribue à l'identité collective du groupe. Comme il existe plusieurs groupes – qu'ils soient communautaires, nationaux ou étatiques – il existe plusieurs mémoires collectives.

La mobilisation de différentes mémoires collectives par différents groupes peut entraîner une certaine concurrence entre ces mémoires, pouvant aboutir à certains conflits. Par exemple, si on s'attache à la thématique de la répression du négationnisme, plusieurs communautés exigent que la négation du génocide que leurs parents ou grands-parents ont connu soit réprimée. En Belgique, la répression du négationnisme ne concerne que le génocide commis par le régime national socialiste allemand. D'autres victimes – arméniennes et rwandaises – souhaiteraient que d'autres génocides soient couverts par la loi réprimant le négationnisme. La volonté de jouir de la même reconnaissance juridique peut entraîner une certaine concurrence voire certains conflits avec d'autres groupes qui ne partagent pas la même vision par rapport à ces mémoires. On peut par exemple songer aux conflits qui ont opposé communautés turque et arménienne à Bruxelles.

Lire la suite : Colloque : la concurrence mémorielle en débat

Expositions : 2010 année record !

am52 expositions_2010Tomczyk, Philippe
n°52, avril-juin 2010

Parmi toutes ses activités, l'ASBL « Territoires de la Mémoire » propose notamment la diffusion d'expositions. En 2009, à travers 17 diffusions de nos expositions, nous estimons avoir touché pas loin de 8000 personnes, toutes tranches d'âge confondues !

2010 s'annonce déjà sous les meilleurs auspices... Plus de 20 sorties sont déjà préprogrammées, nous en profitons donc pour vous les présenter...
« Triangle Rouge » est l'exposition itinérante rencontrant le plus de succès. Composée de 4 espaces thématiques, elle souligne l'action de tous les résistants à toutes les formes de tentatives liberticides. Parmi les quatre niveaux de lecture proposés, le visiteur pourra notamment choisir de découvrir, à travers l'histoire personnelle d'un journaliste résistant symbolisé par une silhouette de couleur rouge, les faits les plus sombres du XXème siècle...
« Traces » est une exposition photographique reprenant les camps de concentration nazis et autres lieux de mémoire tels qu'ils sont actuellement. À travers son esprit critique, le visiteur décodera et analysera ces véritables « traces » de la barbarie nazie...

Lire la suite : Expositions : 2010 année record !

Rejoignez-nous !

En savoir plus...

Soutenez nos actions

Soutenez les Territoires de la Mémoire en effectuant un don via Paypal

Plan d'accès

Contactez-nous

  • Territoires de la Mémoire asbl
  • Siège social
    Boulevard de la Sauvenière, 33-35
    4000 Liège
    accueil@territoires-memoire.be
    Téléphone : 04 232 70 60
    Fax : 04 232 70 65
  • N° d'entreprise
    453099470
453099470