am51

Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide mémoire 51

Editorial : Depuis plusieurs mois, le débat difficile sur la place de l’islam dans notre société

am51 editorial_islamJamin, Jérôme
n°51, janvier-mars 2010

Depuis plusieurs mois, le débat difficile sur la place de l'islam dans notre société semble à la fois utile, réel, indispensable et à certains égards, digne de ce qui doit faire l'objet d'un débat dans un régime qui se veut vraiment démocratique, mais il semble aussi également, et hélas, anormalement amplifié par les médias, au risque de créer l'événement ou la polémique plutôt que de relayer les vrais enjeux, et de nous aider à les comprendre. Ainsi, les démocrates belges francophones n'ont pas encore fi ni de débattre sur la signifi cation du port du voile à l'école, et de son opportunité, qu'un vote suisse passe brutalement à la vitesse supérieure et interdit, par voie de référendum, la construction de minarets sur le territoire helvétique. Cette question qui ne s'est jamais posée chez nous et qui n'a rien à voir avec la question du voile est alors reprise par l'un ou l'autre « institut » de sondages (réalisés via Internet...) dont les résultats sont fi nalement amplifi és par les médias au point de laisser quelques journalistes conclure dans un grand quotidien francophone que les Belges approuvent le vote suisse! Le tour est joué, ce qui devait être et rester un non-événement sans rapport avec la réalité belge et les débats propres à la Belgique francophone s'invite dans les représentations collectives.

Lire la suite : Editorial : Depuis plusieurs mois, le débat difficile sur la place de l’islam dans notre société

Démocratie et participation chez les jeunes Entre engagement et mise à l’écart

Fournier, Bernard
n°51, janvier-mars 2010

Aujourd'hui, ne pouvons-nous pas déplorer « l'apathie des étudiants et l'état de déliquescence de leurs organisations » et le fait que seule une minorité s'engage effectivement ?
En fait, et aussi curieux que cela puisse paraître, cette remarque et la citation qui l'accompagne ne se réfèrent pas aux jeunes de 2009, mais plutôt à ceux d'avril 1968, tel que le rapportait le journal Le Monde, quelques semaines seulement avant les fameux événements qui ont marqué toutes les mémoires. Les jeunes de 1968 pouvaient-ils vraiment être vus comme « apathiques » ? Le moins que l'on puisse dire, c'est que ceux d'aujourd'hui n'imagineraient certainement pas ce langage possible en 1968 !
Télescoper ces deux réalités, en quarante ans de distance, nous semble toutefois utile pour réfléchir sur l'engagement de la jeunesse dans nos sociétés. Car s'il y a bien un mythe qui persiste, nous semble-t-il, c'est celui de la nécessité de l'engagement des jeunes, au point où une « jeunesse qui se tait » est souvent vue comme « infidèle à sa vocation »[1]. Mais l'est-elle vraiment ? Sur toutes les tribunes, nous rappelons combien ces mythes n'illustrent aucunement des comportements réels : certains jeunes, à n'en pas douter, ne s'intéressent pas à la vie politique et ont peu ou pas de connaissances en ce domaine (comme une bonne proportion d'adultes, d'ailleurs) ; d'autres, par contre, s'engagent dans toutes sortes d'associations. Nous n'avançons aucunement en cherchant à mettre en avant une facette au détriment de l'autre, en insistant sur le désintérêt des jeunes pour glorifier un passé qui n'a peut-être pas raison de l'être ou en grossissant une participation à de nouvelles formes d'engagement qui seraient partagées par tous les jeunes, alors que les statistiques ne nous donnent peut-être pas si raison. Ni l'une ni l'autre image ne correspondent à la réalité : c'est la diversité du portrait qu'il faut mettre en évidence, un portrait qui, selon les époques, change de teinte mais qui, selon nous, garde souvent les mêmes composantes.
Nous nous permettrons ici une petite réflexion à partir de données que nous avons recueillies avec l'aide notre équipe de l'unité de Politologie générale du Département de science politique de l'Université de Liège[2]. Elle concerne la participation – et surtout l'intérêt des jeunes pour les nouvelles formes de participation.

Lire la suite : Démocratie et participation chez les jeunes Entre engagement et mise à l’écart

La société intégrale ou un totalitarisme lancinant ?

am51 societe_totalitarismeStarquit, Olivier
n°51, janvier-mars 2010

La commémoration de la Chute du Mur de Berlin semble l'indiquer : on a semble-t-il rangé le nazisme au musée des horreurs dont il n'y a plus grand-chose à craindre[1]. Sa mythologie nous mettrait à 1 abri, définitivement, d'une répétition. Une vision à laquelle s'attaque Cédric Lagandré dans la Société intégrale[2], petit livre dense et inquiétant.

En sept chapitres, Cédric Lagandré, philosophe de 36 ans, dévoile les processus d'une société proclamée comme homogène (et donc plus heureuse...) et qui n'est qu'uniforme – où l'individu n'est plus qu'une partie intégrée, sans personnalité ni pensées. Où l'Homme n'est plus, tout simplement. L'auteur ausculte les dispositifs de pouvoir contemporains, leurs techniques de séduction et de contrôle singulièrement plus performantes que celles d'hier. Le fantasme d'une suppression des déviances, via des lois comme «la rétention de sûreté», est ici l'objet d'analyses brillantes.

Ainsi, à l'heure où la justice tend à devenir un moyen de retrait pur et simple des individus "nuisibles", où l'on voudrait créer une nouvelle loi pour chaque nouveau fait divers, où le rôle de l'histoire n'est plus de comprendre les origines et la construction d'un monde mais sert de paravent à des discours démagogiques, se pose la question du but poursuivi par notre société. L'auteur s'interroge sur ces dérives et montre comment notre société cherche à créer une société "intégrale", c'est-à-dire une société lisse, monobloc, dans laquelle chaque individu se doit de s'oublier pour se fondre dans un "bien" commun, à l'instar du but recherché par les sociétés totalitaires. Le noyau même de ce qu'Arendt nomma le «totalitarisme», rappelle-t-il, c'est la fabrique d'un tissu social homogène, intégré, sans coutures ni dissensus, à terme aisément mobilisable pour les menées les plus discutables.

Lire la suite : La société intégrale ou un totalitarisme lancinant ?

Retour sur Les Bienveillantes de Jonathan Littell

Héroufosse, David
n°51, janvier-mars 2010

Si on devait résumer en quelques mots les 903 pages du Prix Goncourt 2006, on dirait que c'est une époustouflante fresque archi-documentée au cœur de l'administration nazie, retraçant le destin d'un de ses bourreaux, pour une nouvelle fois – encore une fois – essayer de comprendre ou du moins d'interpréter l'incompréhensible. Le titre trouve son origine dans la mythologie grecque, et plus exactement dans la tragédie d'Eschyle, Les Euménides. Les Erinyes étaient les déesses vengeresses qui persécutaient les hommes coupables du pire des crimes, le parricide ou le matricide. Oreste, qui a tué sa mère pour venger son père, est poursuivi par les Erinyes lorsque la déesse Athéna plaide en sa faveur, poussant au passage les Erinyes à devenir pour Oreste des Euménides, c'est-à-dire des bienveillantes...
L'ouvrage, l'auteur et le phénomène de société que sa parution a provoquée méritent toute l'attention. Né le 10 octobre 1967 à New York, Jonathan Littell, qui a depuis son succès la double nationalité franco-américaine, vit en Espagne (à Barcelone) avec son épouse belge et ses deux filles. Son enfance s'étant déroulée en France, il est parfait bilingue. Après le collège, il est retourné aux USA pour obtenir son diplôme à Yale. Il par ensuite dans les Balkans alors en conflit dans le cadre de l'ONG « Action pour la faim » pour, dit-il, « voir de près ce qu'était la guerre ». Durant sept ans, il a été en Bosnie-Herzégovine, en Tchétchénie, en Afghanistan, au Congo et en Russie.
En 2001, Littel arrête l'humanitaire pour écrire un livre qui traitera de la Seconde Guerre mondiale et du front de l'Est à travers les mémoires imaginaires d'un officier SS, Maximilian Aue. Il lui faut cinq ans de préparation avant sa parution le 26 octobre 2006. Format hors-norme, 900 pages, caractère 6 sans interligne et sans paragraphe, il a constitué l'événement littéraire de l'année tant par le succès qu'il a rencontré que par le débat critique et historique féroce qu'il a suscité. Littel gagne le Prix Goncourt au premier tour (7 voix pour contre 3), c'est la première fois qu'un auteur américain le remporte! C'est la première fois qu'une première œuvre le remporte! Et c'est la première fois qu'un premier roman fait le doublé Prix Goncourt – Grand Prix de l'Académie française! Outre ces prestigieuses récompenses, le livre est vendu à 700.000 exemplaires.

Lire la suite : Retour sur Les Bienveillantes de Jonathan Littell

Formation « Sensibiliser à la démocratie »

Trigalet, Anaïs
n°51, janvier-mars 2010

Les 26 et 27 novembre derniers, en partenariat avec Annoncer la Couleur et le CAL Liège, les Territoires de la Mémoire proposaient une formation sur la démocratie à destination des enseignants et des animateurs souhaitant sensibiliser leur public à cette question.

Cette session de deux jours, qui sera réitérée les 15 et 16 février prochains aux Territoires de la Mémoire, poursuivait plusieurs objectifs :
- explorer la question de la démocratie, dans les multiples niveaux où elle joue un rôle (interindividuel, groupal, étatique, mondial) et sous différents angles d'approche (les institutions, la sécurité sociale, les processus de décision et les mouvements sociaux) ;
- permettre aux participants d'intégrer cet éclairage et de transférer les outils présentés dans une démarche éducative de sensibilisation de leur public ;
- offrir aux acteurs éducatifs un espace d'échange d'expériences et de réflexions.

Dans cette perspective, le partenariat entre nos trois associations - Annoncer la Couleur, le CAL Liège et les Territoires de la Mémoire - s'est avéré fécond et porteur de sens. En effet, à partir d'une vision commune de la démocratie comme « une culture du pouvoir, une manière de concevoir les conflits[1] », chaque acteur de formation a pu apporter sa lecture de la démocratie à travers les thématiques qu'il porte au quotidien.

Lire la suite : Formation « Sensibiliser à la démocratie »

Rejoignez-nous !

En savoir plus...

Soutenez nos actions

Soutenez les Territoires de la Mémoire en effectuant un don via Paypal

Plan d'accès

Contactez-nous

  • Territoires de la Mémoire asbl
  • Siège social
    Boulevard de la Sauvenière, 33-35
    4000 Liège
    accueil@territoires-memoire.be
    Téléphone : 04 232 70 60
    Fax : 04 232 70 65
  • N° d'entreprise
    453099470
453099470