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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide mémoire 49

Editorial La notion de démocratie, c’est comme la notion de justice, toutes les deux portent

Jamin, Jérôme
n°49, juillet-septembre 2009


am49 editorial_democratie_justiceLa notion de démocratie, c’est comme la notion de justice, toutes les deux portent en elles une connotation très positive renvoyant pêle-mêle au bonheur, à l’équité, à l’égalité, «au bon, au bien et au juste». Quand on parle de justice, on ne parle pas de tentative de «faire justice» mais de justice, un peu comme si la justice existait au sein de la communauté des hommes et des femmes et qu’il fallait simplement la faire parler. On parle de justice comme s’il était possible d’occulter le caractère humain et donc très imparfait de la justice qui est précisément rendue par des hommes et des femmes, forcément imparfaits! S’il est très facile de demander justice, il est très difficile d’obtenir justice! C’est normal, car la justice n’est pas la justice d’un dieu hypothétique mais la justice des hommes et comme tout le reste, cela ne va pas de soi.

La démocratie souffre du même problème que la justice parce qu’elle est avant tout une affaire d’hommes et de femmes. Mais dans l’imaginaire collectif, elle ne peut qu’être une bonne chose et celui qui parle au nom de la démocratie ne peut être que quelqu’un de vertueux et d’honnête. On oppose la démocratie aux fascismes allemand et italien, aux dictatures et à toutes sortes de régimes obscurs où les gens sont oppressés et terrorisés face à au pouvoir autoritaire. On oppose la démocratie à la souffrance, à la manipulation, au mensonge et à l’arbitraire, et au passage, la démocratie devient le référent ultime, la source du bonheur et du bien - comme la justice.

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Quel public pour quelle démocratie ?

Starquit, Olivier
n°49, juillet-septembre 2009


am49 quel_public_quelle_democratieLes élections régionales et européennes viennent d’avoir lieu. La campagne insipide n’a guère déchaîné les foules. L’abstention est ainsi devenue le premier parti européen. Même pour nos élections régionales, ce phénomène n’est pas passé inaperçu. D’aucuns allant même jusqu’à évoquer une crise de la représentation et d’autres prenant fait et cause en faveur d’un changement du mode de scrutin, voire en faveur de la suppression de l’obligation de vote.

Pourquoi ce désintérêt à l’égard de la chose publique ? Dans le Public fantôme1 (paru en 1925 !), Walter Lippmann se penche sur cette problématique en s’attaquant aux questions suivantes : quelle est la nature de l’expérience démocratique et quelles sont les possibilités de la démocratie, de quelles illusions devons-nous nous défaire si nous voulons réaliser ces possibilités ? Autrement dit, quelles sont nos attentes vis-à-vis de la démocratie, et que pouvons-nous réellement en espérer ?

La politique est au coeur de l’existence de Walter Lippmann (1889-1974). D’abord étudiant en philosophie, il devient par la suite journaliste et fondera la revue The New Republic. Il sera pendant plusieurs décennies l’un des chroniqueurs les plus lus des Etats-Unis, commentant pendant près de cinquante ans tous les évènements de la vie publique. Précurseur de la théorisation du néolibéralisme et également inventeur de l’expression « Guerre froide », son nom est aussi celui d’un célèbre colloque d’août 1938, où est préfigurée la société du Mont Pèlerin. Le colloque Lippmann peut être considéré comme l’un des évènements les plus marquants concernant le renouveau de la pensée libérale au XXe siècle et comme la première expression d’une « internationale néolibérale ».

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Le décret Mémoire bilan et perspectives

Pétry, Pierre
n°49, juillet-septembre 2009


Loin de moi l’idée de me substituer aux analystes pointus pour commenter les résultats électoraux. Mais, en tant que militant aux Territoires de la Mémoire, qu’il me soit permis de savourer une victoire de la démocratie sur son pire ennemi : l’extrême droite. Les chiffres sont clairs et sans appel : le conglomérat de partis résiduels de l’extrême droite ne dépasse plus le seuil des 5% dans le sud du pays, ils sont donc redevenus insignifiants. Ils ne seront même plus en mesure de – mal – utiliser les dotations publiques.

Quels sont les facteurs qui ont entraîné leur chute ? Chacun y va de son interprétation, certains épinglent l’inexistence d’un leader charismatique d’autres évoquent, plus positivement, une prise de conscience des électeurs ou encore l’alternative offerte par Ecolo…ou le tout ensemble, supérieur à la somme des parties qui aura la faveur des observateurs « pondérés ». A cet ensemble, nous ajouterons volontiers l’action des Territoires de la Mémoire seuls ou en partenariat. Certes, nous ne pouvons doser l’impact réel de nos actions dont plusieurs ont été très visibles et percutantes.

Il en est ainsi de la campagne triangle rouge qui n’a laissé personne indifférent. Nous sommes de plus en plus nombreux à porter ce triangle, à en connaître l’histoire qui se prolonge aujourd’hui en symbole de résistance à l’extrême droite. Depuis un an ou deux, il est devenu un signe de reconnaissance et contribue à unir les personnes de toutes convictions politiques et philosophiques à caractère démocratique, en un vaste réseau mis en état de vigilance. Par ailleurs, le réseau « Territoire de Mémoire » constitue un cordon sanitaire et éducatif de plus en plus étendu et connu. Son efficacité croissante est nécessairement liée à la progression du nombre de communes adhérentes, plus de 100 à l’heure actuelle ! Bientôt les communes « Territoires de Mémoire » seront supérieures en nombre à celles qui ne le sont pas…

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Loin de moi l’idée de me substituer aux analystes pointus pour commenter les résultats électoraux Le mot du prés

Pétry, Pierre
n°49, juillet-septembre 2009


Loin de moi l’idée de me substituer aux analystes pointus pour commenter les résultats électoraux. Mais, en tant que militant aux Territoires de la Mémoire, qu’il me soit permis de savourer une victoire de la démocratie sur son pire ennemi : l’extrême droite. Les chiffres sont clairs et sans appel : le conglomérat de partis résiduels de l’extrême droite ne dépasse plus le seuil des 5% dans le sud du pays, ils sont donc redevenus insignifiants. Ils ne seront même plus en mesure de – mal – utiliser les dotations publiques.

Quels sont les facteurs qui ont entraîné leur chute ? Chacun y va de son interprétation, certains épinglent l’inexistence d’un leader charismatique d’autres évoquent, plus positivement, une prise de conscience des électeurs ou encore l’alternative offerte par Ecolo…ou le tout ensemble, supérieur à la somme des parties qui aura la faveur des observateurs « pondérés ». A cet ensemble, nous ajouterons volontiers l’action des Territoires de la Mémoire seuls ou en partenariat. Certes, nous ne pouvons doser l’impact réel de nos actions dont plusieurs ont été très visibles et percutantes.

Il en est ainsi de la campagne triangle rouge qui n’a laissé personne indifférent. Nous sommes de plus en plus nombreux à porter ce triangle, à en connaître l’histoire qui se prolonge aujourd’hui en symbole de résistance à l’extrême droite. Depuis un an ou deux, il est devenu un signe de reconnaissance et contribue à unir les personnes de toutes convictions politiques et philosophiques à caractère démocratique, en un vaste réseau mis en état de vigilance. Par ailleurs, le réseau « Territoire de Mémoire » constitue un cordon sanitaire et éducatif de plus en plus étendu et connu. Son efficacité croissante est nécessairement liée à la progression du nombre de communes adhérentes, plus de 100 à l’heure actuelle ! Bientôt les communes « Territoires de Mémoire » seront supérieures en nombre à celles qui ne le sont pas…

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Dynamique démocratique et mobilisation politique en Iran

Vahabi, Nader / Paulus, Julien
n°49, juillet-septembre 2009


am49 vahabiEntretien avec M. Nader Vahabi. Il dirige actuellement à Paris le CEDIR, un centre d’études sur la diaspora iranienne. Il est également chercheur associé au CEDEM de l’Université de Liège depuis septembre 2008 et s’occupe de l’immigration iranienne en Belgique.

Comme de nombreux pays au Proche et au Moyen-Orient (Syrie, Jordanie, etc.), l’Iran reste une nation relativement mal connue voire méconnue du grand public. La médiatisation de la «menace» que représenterait la république islamique aux yeux de certains pays occidentaux et surtout les propos parfois outranciers de son président Ahmadinejad dissimulent un paysage politique riche et complexe qu’il convient ici d’analyser avec recul et distance.

Julien Paulus : La plupart des médias occidentaux présentent l’Iran comme une dictature, une théocratie. Qu’en est-il exactement de la dynamique démocratique dans le pays ?

Nader Vahabi : Sans entrer en détail dans la complexité de la situation politique et sociale de l’Iran actuel, il convient de préciser que, mise à part la courte période proto-démocratique dite « du printemps de la révolution de 1979 », le pays a toujours été placé dans une situation non démocratique. Néanmoins, celle-ci présente trois phases principales au cours desquelles les forces motrices du régime se sont profondément transformées. La première phase commence en juin 1981 avec la répression massive concomitante au bras de fer entre le premier président réformateur de la République, Bani Sard, exilé depuis à Paris, et Khomeyni. Cette phase, qui s’étend jusqu’à la mort de Khomeyni en 1989, est caractérisée par un système théocratique aux ambitions totalitaires, défi ni par la volonté d’abolir tous les clivages culturels, sociaux et spirituels de la société, purifi ée dans le sens d’un islamisme khomeyniste, non démocratique et totalement fermé. De cette volonté d’une emprise totale sur la société, il résulte que tous ceux qui ne s’accordent pas au projet ont vocation à être éliminés ou du moins marginalisés.

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