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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide mémoire 48

Editorial Depuis l’entrée des Talibans dans l’imaginaire collectif

Jamin, Jérôme
n°48, avril-juin 2009


am48 editorial_talibansDepuis l’entrée des Talibans dans l’imaginaire collectif, occasionnellement à partir de 1994 sous Clinton et puis plus massivement après les attentats du 11 septembre et la guerre en Afghanistan, on ne compte plus les petits reportages à la télévision évoquant pêle-mêle le statut de la femme, la lapidation, les coups de fouet en public ou encore la destruction des statues de Bouddha à Bamiyan. Les images sont souvent des images d’archive présentées pour alimenter un commentaire sur la dégradation de la situation au plan humanitaire mais aussi militaire. Il est d’ailleurs assez difficile de se faire une idée sur une «guerre» dites contre le terrorisme, ou contre les Talibans, ces derniers étant visiblement encore bien présents dans un pays qui semble toujours en dehors du contrôle des troupes de l’Otan après 8 années d’occupation. Depuis quelques mois, les stratèges de Monsieur Obama et des chefs d’Etat des pays impliqués dans le conflit proposent de travailler main dans la main avec les Talibans dits «modérés» contre les Talibans dits «radicaux». Et ici aussi, il est difficile de comprendre ce que cela peut signifier. A l’appui des petits reportages à la télévision évoquant l’obligation du port de la Burqa et les exécutions sommaires, on devine que les premiers «lapident humainement» tandis que les seconds «fouettent sans pitié».

Tout cela fait mauvais genre quand au même moment en février 2009, on voit descendre d’un avion sur le sol britannique un certain Binyam Mohammed (voir photo ci-contre). Né en Ethiopie avant d’émigrer au Royaume-Uni à l’adolescence, Monsieur Mohammed est arrêté au Pakistan un peu après le début de l’offensive de 2001 (en Afghanistan) alors qu’il tente de rentrer à Londres. Il est d’abord interrogé par le FBI, la CIA et le MI5 (service britannique) avant d’être déporté au Maroc dans le cadre du programme des vols secrets . Détenu pendant 18 mois, il est battu et fait l’objet de diverses tortures, on lui coupe notamment des morceaux des parties génitales et on asperge ce qu’il en reste de liquide irritant. Régulièrement menacé de viol, d’électrocution et de mort, il finit par être envoyé à Guantanamo dont il a seulement été libéré il y a quelques semaines, après 7 ans de détention, faute de preuves d’une quelconque culpabilité . On pourrait penser que tout cela relève des années Bush et de la «Guerre contre la terreur» avec son cortège de violations des droits humains aux Etats- Unis et à l’étranger. Mais ce serait sans tenir compte de la probable continuité entre les administrations Bush et Obama dans ce domaine. En témoigne notamment l’argument du «secret d’Etat» récemment utilisé par les juristes d’Obama dans cette affaire. Car Monsieur Mohammed et d’autres détenus victimes des vols secrets de la CIA ont également porté plainte contre un sous-traitant de Boeing accusé d’avoir travaillé pour l’agence de renseignement. Et là, surprise! Les juristes de l’équipe d’Obama ont invoqué le même privilège du «secret d’Etat» que leur prédécesseur devant une cour de San Francisco pour s’opposer à la relance d’une action en justice qui vise à démontrer que le sous-traitant en question a bel et bien déporté des gens dans le cadre du programme secret de la CIA. En d’autres termes, le principe du «secret d’Etat» utilisé de 2001 à 2009 (années Bush) pour permettre l’arrestation, la déportation et la torture d’individus est à nouveau utilisé aujourd’hui par Obama, mais cette fois-ci pour empêcher que l’on fasse la lumière sur ce programme scandaleux. Interrogé par le juge sur le possible changement de position du gouvernement en raison du changement d’administration (suite aux élections), le juriste de l’équipe d’Obama a été très clair : «No, your honor», affirmant parler au nom de ses supérieurs.

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L’Eglise et les Juifs

Paulus, Julien
n°48, avril-juin 2009


« Je crois qu’il n’y a pas eu de chambres à gaz (...). Je pense que 200.000 à 300.000 Juifs ont péri dans les camps de concentration, mais pas un seul dans les chambres à gaz ». Ces propos tenus lors d’une interview accordée à une chaîne de télévision suédoise en janvier 2009 sont ceux de Mgr Richard Williamson, l’un des quatre évêques intégristes de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, excommuniés, et que le pape Benoît XVI a récemment réintégrés au sein de la communauté catholique. Lors d’un autre entretien accordé à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel le 7 février dernier, Mgr Williamson, en dépit du scandale provoqué et ignorant l’injonction du Vatican de clarifier ses positions, refusait de revenir sur ses propos négationnistes en disant devoir au préalable trouver des preuves historiques de l’existence des chambres à gaz1.

Certes, l’Eglise – en ce compris la très traditionaliste Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X – a pris ses distances avec l’évêque. Mais les prises de position de ce dernier ne constituent pas un cas isolé de « dérapage médiatique » sur la question des chambres à gaz. Que l’on se rappelle le choc qu’avait été pour l’opinion publique française la défense par l’abbé Pierre de l’ouvrage négationniste de son ami Roger Garaudy, prise de position qui amènera la « personnalité préférée des Français » à être exclu du comité d’honneur de la LICRA. Ce type d’affaires amène par ailleurs à se remémorer la polémique – toujours en cours – sur la position du Vatican vis-à-vis des exactions nazies et plus particulièrement de la Shoah. La relation de l’Eglise catholique avec la communauté juive dans l’Histoire reste empreinte de nombreuses parts d’ombre, parsemée tour à tour de violences spasmodiques, de silences ambigus et d’imprécations accusant tout un peuple de « déicide ».

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Rapport moral (Le mot du président)

Pétry, Pierre
n°48, avril-juin 2009


Nous reproduisons ici le rapport moral communiqué par le Président des Territoires de la Mémoire lors de l’Assemblée générale annuelle du 30 mars dernier. L’activité des Territoires de la Mémoire durant l’année 2008 a fait l’objet d’une publication détaillée qui est à votre disposition sur simple demande à la rédaction.

Chers amis, j’ai l’honneur et le plaisir de vous confi rmer que les Territoires de la Mémoire ont parfaitement respecté leur objet social. (…)

La nécessaire coordination des services pourrait ravir un chercheur social systémicien qui voudrait modéliser l’interactivité des différentes compétences qui permet d’aboutir à une effi cacité globale plus que satisfaisante. Je me fais ici messager pour saluer le travail accompli par les permanents en ne citant personne en particulier pour n’oublier personne tellement chacun constitue un rouage indispensable du tout pour le tout.

En 2008, les militants ont été davantage sollicités, notamment dans le cadre du Salon des mandataires à Marche-en-Famenne. Cette activité a associé positivement travailleurs et militants, elle a très certainement permis d’atteindre un objectif majeur et ambitieux : renforcer notre cordon sanitaire et éducatif qui atteint maintenant la centaine de communes devenues « Territoires de Mémoire ». J’aime à préciser que parmi celles-ci, il y a Bastogne, tout un symbole mais aussi notre première Province TM, celle du Luxembourg où nous avons reçu un accueil très soutenu.

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Le triangle rouge … pour continuer à résister aux idées d’extrême droite.

Marchal, Philippe
n°48, avril-juin 2009


7 juin 2009 : les élections régionales et européennes. L’enjeu pour la démocratie est important. Les Territoires de la Mémoire se lèvent à nouveau pour rassembler toutes celles et tous ceux (les plus nombreux dans notre pays !) autour d’un engagement citoyen résistant, solidaire et profondément démocrate.

Satisfactions ?

A juste titre sans doute, pouvons-nous affi cher un certain optimisme : l’extrême droite wallonne et bruxelloise est affaiblie par des scandales internes à répétition et par un manque fl agrant de crédibilité politique. Sa progression ininterrompue qui nous inquiétait tant ne semble pas être inéluctable. Conscients de l’importance du travail de proximité, les Territoires de la Mémoire ont progressivement construit un « cordon sanitaire éducatif » en partenariat avec plus d’une centaine de villes ou communes en Communauté française de Belgique – Wallonie et Bruxelles. Le succès du réseau « Territoire de Mémoire » prouve que de très nombreux élus souhaitent inscrire leur action dans une dynamique politique et éducative durable... et devenir ainsi de véritables « Passeurs de Mémoire ». Enfi n, le « harcèlement démocratique » continue à mobiliser un grand nombre de citoyens. Si les associations comme la nôtre y contribuent largement, il est important d’associer à cette action permanente, l’appareil judiciaire qui active de plus en plus l’arsenal légal disponible pour condamner les dérives racistes, antisémites et xénophobes et les médias qui continuent à garder une distance évidente à l’égard des élus des formations politiques extrémistes… une attitude qui fait honneur à l’éthique journalistique.

Alors pourquoi poursuivre la campagne « Le triangle rouge … pour résister aux idées d’extrême droite » ?

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Violence et racisme dans les stades

Fincoeur, Bertrand / Paulus, Julien
n°48, avril-juin 2009


am48 bertrand_fincoeurEntretien avec Bertrand Fincoeur Assistant au Service de criminologie de l’Université de Liège et coordinateur scientifique du Centre Vitra

La violence dans les tribunes des stades de football n’est pas un phénomène nouveau et à certains égards les débordements les plus spectaculaires (émeutes, etc.) semblent même plus rares aujourd’hui. Quelle est l’ampleur de cette violence déjà anciennne, aux manifestations nombreuses et surtout multiformes (violence verbale, propos racistes, etc.) ?

Julien Paulus : La violence est-elle toujours présente dans les stades en Belgique ? Ou au contraire, est-ce un problème qui a pu être géré avec le temps ?

Bertrand Fincoeur : Si les matches de football ont toujours été accompagnés de débordements violents, ce n’est que depuis les années 1960 que l’on assiste à une violence préméditée et organisée. Avec l’exemple des supporters anglais que l’on pouvait découvrir à la télévision ou à l’occasion des matches de Coupe d’Europe, les clubs d’Europe continentale se sont progressivement structurés pour répondre aux Britanniques puis pour en découdre entre eux, au sein des championnats nationaux. Cela a progressé dans les années 1970 et 1980, l’image marquante étant le Heysel, en 1985. Même si ce drame s’est passé à Bruxelles, il ne touchait pas les supporters belges. Mais ça a agi comme une prise de conscience politique et sociale. Des projets de prévention ont ainsi notamment vu le jour.

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