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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide mémoire 47

Editorial : Une situation de crise est une période grave...

Jamin, Jérôme
n°47, janvier-mars 2009

am47Une situation de crise est une période grave dans l’évolution des choses, un moment difficile, une période troublée où l’équilibre est menacé. La crise, c’est aussi le moment où un acteur, une population, une personne, une famille, une communauté ou un pays est incapable de prendre en charge lui-même son propre destin, il est incapable d’apporter lui-même une solution à la période grave et difficile qu’il traverse. A bien des égards d’ailleurs, ce qui caractérise une crise est moins le trouble, la rupture ou la tension vécue par un acteur que l’incapacité de ce dernier à s’en sortir seul, à apporter une solution seul sans l’aide d’autrui. Ce qui définit une crise pour une communauté, un pays ou un peuple, c’est moins le malaise, l’ébranlement, la souffrance ou la pénurie vécue que la difficulté voire l’impossibilité d’activer une politique efficace pour résoudre les problèmes vécus.

La crise financière et maintenant économique dont tout le monde parle n’a finalement pas grand-chose à voir avec une crise. Les difficultés sont nombreuses et vont sans doute aller en s’aggravant mais les Etats concernés et les institutions qui organisent leur coopération disposent d’une multitude de moyens pour apporter des solutions, même si les effets de ces moyens peuvent se faire attendre très longtemps. En d’autres termes, nos pays ne sont pas en crise et ne vivent pas une crise, ils ont la capacité d’agir, le savoir et l’expérience pour agir et si d’aventure les problèmes persistent, ce sera plus une question de volonté politique que de capacité et de savoir-faire politique. Pour bien comprendre ce que représente une crise, il vaut mieux s’arrêter sur la tragédie palestinienne et le funeste destin des gens emprisonnés dans les 360 km2 de la « bande de Gaza ».

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Un colloque qui a tenu ses promesses (Le mot du président)

Pétry, Pierre
n°47, janvier-mars 2009

Le colloque organisé par les Territoires de la Mémoire le 26 novembre dernier a tenu ses promesses. Les interventions étaient toutes de haute tenue avec cette qualité supplémentaire qu’elles ont intéressé aussi bien les professionnels que les profanes. L’art des conférenciers aura été de présenter des communications à la portée de tout le monde en leur conservant la nécessaire rigueur scientifi que. Les témoignages de l’après-midi sont venus corroborer les propos du matin, trois moments forts pour fi - naliser un colloque adéquatement dénommé, « Soumission et résistance ».

Tous, animateurs pédagogiques, militants des Territoires de la Mémoire, …participants, nous avons été interpellés et sommes ressortis avec la conviction que des devoirs citoyens devaient être menés, chacun à son niveau.

Nous avons appris que notre démocratie n’était pas nécessairement dotée d’un cadre légal totalement en rapport avec les valeurs qui la sous-tendent. Ainsi, par exemple, apparaît-il que le dispositif sécuritaire dans notre pays est bien plus potentiellement dangereux que ce nous en connaissons réellement ; il suffit d’une alerte « classique » pour s’en rendre compte, activé le système dévoile alors qu’il peut devenir une arme redoutable peu conforme avec les principes d’une justice correcte en démocratie.

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Soumission et Résistance : deux facettes antagonistes du comportement humain ?

Marchal, Philippe
n°47, janvier-mars 2009

Le 26 novembre dernier, les Territoires de la Mémoire ont organisé un colloque qui a porté au coeur du débat une préoccupation essentielle du travail de Mémoire : l’articulation entre servitude volontaire et résistance citoyenne active.

Opposition réelle ou dualité présente en chacun de nous ? Serions- nous, toutes et tous, à la fois « bourreaux » et « victimes » selon notre adaptation à des circonstances particulières ?

Cette rencontre faisait suite à celle de l’an dernier intitulée « Résister … mais comment ». Une réfl exion portant principalement sur la pédagogie liée au travail de mémoire. Et ces questions : notre action a-t-elle un effet mesurable ou durable auprès des publics que nous accueillons ? Comment les stratégies pédagogiques différent-t-elle en fonction de ces publics (jeune ou adulte) ? Les méthodes que nous préconisons sont-elles en mesure de mobiliser les comportements de résistance chez les individus ? Et si c’est le cas, qu’elle est alors notre capacité de transfert à d’autres situations peu ou prou similaires ?

Malgré la richesse de la réfl exion et les nombreuses interrogations qu’elle générait, nous devions poursuivre nos analyses et nos explorations.

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Démocratie et Internet

Paulus, Julien
n°47, janvier-mars 2009

Entretien avec Christophe Lejeune
Docteur en sociologie (ULg), Christophe Lejeune enseigne les sciences de l’information et de la communication à l’Université libre de Bruxelles

La place d’Internet dans notre société ne cesse de se développer et à bien des égards, tous les aspects de notre vie quotidienne peuvent « passer» par ce dernier. Notre rapport à l’information, nos relations professionnelles et nos réseaux sociaux sont de plus en plus souvent construits par le biais de ce canal un peu particulier qui est Internet. Avec la vente de produits et de services en lignes, l’échange de connaissances, la location ou l’achat de biens mobiliers ou immobiliers, la vie sur Internet devient fondamentale et à ce titre, une question s’avère déterminante : quelles sont les dynamiques démocratiques à l’oeuvre sur Internet ?

Julien Paulus : Quelle est le lien entre le développement de l’informatique et le développement d’Internet ?

Christophe Lejeune : L’idée d’un réseau permettant de mettre en commun des connaissances est antérieure à l’informatique. Au début du XXe siècle, une de ses descriptions les plus proches de ce qu’est devenu Internet aujourd’hui est proposée par Paul Otlet (l’inventeur - belge - des systèmes de classement des bibliothèques). Mais, en effet, la création d’Internet démarre vraiment dans une communauté particulière, celle des informaticiens qui travaillent dans les universités, c’est-à-dire des gens marqués par l’histoire de leur discipline. Cette histoire est un peu particulière, marquée notamment par deux évènements importants qui constitueront un lourd héritage pour la science informatique. Le premier tient au fait que la plus grande firme qui va organiser le développement de l’informatique, IBM, va le faire sur commande du IIIe Reich, dans le but de tenir une comptabilité, notamment des camps nazis.

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Le mot qui manque

Célis, Dominique
n°47, janvier-mars 2009

am47 Ephrem_InganjiRwanda, avril 1994. « La mort de tous les Tutsis, longtemps réclamée par les médias extrémistes hutus, chantée dans leurs chansons, justifi ée dans les discours de leurs dirigeants, devait fi nir par arriver. Il ne manquait plus qu’un prétexte. La mort du Président en était bien plus qu’il ne faut. Ils allaient accuser les Tutsis de l’avoir assassiné. Et ils allaient réclamer la mort de l’assassin. » (p.22). Le 6 avril 1994, l’avion dans lequel se trouve le Président rwandais, Juvénal Habyarimana, est abattu. C’est le début du génocide des Tutsis du Rwanda : 1 million de morts en 3 mois, soit 10 000 assassinats par jour par les extrémistes hutus, l’ethnie majoritaire du pays, à la machette, à mains nues, au gourdin, à la grenade - parfois par balles quand les victimes payaient.

Il y a génocide lorsque l’extermination d’un groupe humain, pour ce qu’il est et non pour ce qu’il a fait, est planifi ée. Ephrem Inganji avait 16 ans en avril 1994. C’était il y a longtemps, c’était hier, c’était il y a 15 ans. Il écrit : « j’ai vu des milliers de cadavres joncher les rues et les sentiers du Rwanda. (…) J’en ai tellement souffert que d’avril à décembre 1994, j’ai quasi perdu l’usage de la parole » (p.11).

Ephrem Inganji se réfugie d’abord dans l’écriture poétique en langue rwandaise. Le coeur rongé de douleur il passe progressivement à la révolte puis à la lutte. En effet, tandis qu’il essaye de se reconstruire, notamment en s’exilant en Belgique en 2000, il croise à Bruxelles, Louvain-la-Neuve ou Liège des génocidaires goguenards en liberté et des négationnistes qui soutiennent publiquement et sans vergogne leur cause voire légitiment carrément leurs crimes ! Alors il se décide à écrire et à écrire en français pour atteindre un public plus vaste : il veut alerter l’opinion publique sur ces idées fausses qui traversent le monde et qui constituent, pour les rescapés comme pour le reste de l’humanité, une véritable menace.

Mais comment dire, et vivre, après avoir été à ce point humilié ? Comment dire, et vivre, la barbarie faite aux siens et à ses proches ; leur mise à mort ? Cette question est amplifi ée par celle, entêtante, de la responsabilité des témoins, à savoir la nôtre, nous contemporains passifs de ce drame retransmis par tous les médias. Et ce silence, notre silence, cette non-activité a été terrible puisqu’elle a été vécue comme un assentiment.

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