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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide mémoire 46

Editorial : Alexandre Soljenitsyne est décédé

Jamin, Jérôme
n°46, octobre-décembre 2008


am46 editorial_alexandre_soljenitsyneAlexandre Soljenitsyne est décédé. Ecrivain russe d’envergure né en 1918, Soljenitsyne incarne la figure la plus connue parmi les auteurs qui ont dénoncé l’univers concentrationnaire mis en place dès la révolution bolchevique de 19181. Après quatre années passées dans l’armée soviétique, il est arrêté en 1945 suite à l’écriture de textes critiques vis-à-vis de Staline et de ses choix militaires. Condamné comme traître pour ses « activités contre-révolutionnaires », il passe huit longues années au Goulag qui aboutira beaucoup plus tard, entre autres ouvrages, à la publication en 1973 de L’Archipel du Goulag (version russe). Arrêté à nouveau, déchu de la citoyenneté et expulsé, il s’installe d’abord en Suisse, puis émigre aux Etats-Unis dans le Vermont. En 1994, quelques années après l’effondrement du régime soviétique, il est réhabilité et retourne s’installer en Russie jusqu’à sa mort récente.

L’Archipel du Goulag2 traite du système carcéral et de travail forcé mis en place dans l’Union soviétique. Publié en trois volumes à partir de témoignages de prisonniers et de sa propre expérience des camps, l’ouvrage de Soljenitsyne est la référence en matière d’analyse et de critique du système totalitaire russe sous Lénine et Staline. Depuis plus de trente ans, les trois livres jouent un rôle fondamental dans la lutte contre le communisme d’abord en tant que régime avant la chute du mur de Berlin et ensuite en tant qu’idéologie collectiviste. L’ouvrage est un des témoignages les plus aboutis sur la révolution russe et sa dérive totalitaire, notamment en termes de droits humains, et à ce titre, ce texte est devenu la bible de tous ceux qui veulent justifier l’intérêt du système capitaliste contre le système communiste, et par extension, rappeler la victoire des Etats-Unis contre l’URSS dans le cadre de la Guerre froide.

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Les centres fermés en Belgique

Bietlot, Mathieu
n°46, octobre-décembre 2008


« Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie » (Nizan)

Vingt ans déjà ! Un anniversaire qui fera moins de tapage que les commémorations de mai 68 ou de la Déclaration universelle des droits de l’Homme : c’est en décembre 1988 que le premier centre fermé pour étranger est entré en fonction, d’abord officieuse, dans le petit royaume de Belgique1. Vingt ans que des individus se trouvent de plus en plus systématiquement privés de leur liberté, sans avoir commis le moindre délit ni avoir été jugés par une autorité judiciaire tel que le requiert la Déclaration. Leur seul tort consiste à avoir tenté ailleurs l’aventure d’une vie meilleure sans respecter les contraintes administratives de nos Etats nationaux, trop nationaux !

Vingt ans, et avant ? Jusque-là, nul besoin - excepté en période d’Occupation - de ces centres barbelés présentés aujourd’hui comme la clé de voûte indispensable d’une politique d’asile et d’immigration cohérente et crédible, ferme et humaine.

Certes, la possibilité d’éloigner un étranger et, à cette fin, de le maintenir à disposition des autorités existe depuis toujours en Belgique. Sa première formulation remonte à l’arrêté du 6 octobre 1830 édicté par le gouvernement provisoire… deux jours après l’indépendance du pays. Elle fut reprise par les successives législations relatives aux étrangers (celles de 1835, 1897, 1952) jusqu’à la loi du 15 décembre 1980 qui leur accordait enfin un réel statut et des droits. Ces mesures d’enfermement demeuraient facultatives et n’intervenaient qu’à titre exceptionnel. Dans l’esprit du législateur, l’étranger était censé exécuter par lui-même la mesure d’éloignement qui lui avait été signifiée.

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Quelques infos sur la situation des Mapuche au Chili

Collectif
n°46, octobre-décembre 2008


am46 maria_ines_namoncuraChronique de quelques morts annoncées

Lorsqu’au début du XVe siècle les Espagnols débarquent dans ce qui allait être l’Amérique, le monde des indiens « Aztèques » et « Mayas » s’étend du sud du Mexique à toute l’Amérique Centrale. L’empire « Inca » qui s’étend du sud de la Colombie au nord du Chili, en passant par l’Equateur, le Pérou, la Bolivie, traverse une crise politique qui facilitera la Conquista. La colonisation espagnole, durant ses trois siècles d’occupation, aura des effets dévastateurs sur les populations autochtones. La liste est connue : exploitation sans freins (travail forcé dans les mines), déplacements de populations, maladies microbiennes importées et, plus que tout, la faim d’un peuple esclave occupé. D’après certaines estimations, Aztèques, Mayas et Incas constituaient une population totale évaluée entre 70 et 90 millions1. Un siècle plus tard, ils ne seront que 3 millions et demi.

Vers 1800, au moment des indépendances, la situation amérindienne va encore s’aggraver. Une nouvelle colonisation menée par les élites urbaines blanches ou métisses va achever d’accaparer les terres indiennes et confiner les originaires dans des « réductions ». Les pays à forte densité de population indienne comme l’Equateur, le Pérou ou la Bolivie ont mieux résisté aux spoliations et ont obtenu une législation favorable. Au Pérou, en 1968, grâce à la réforme agraire, les conditions de vie se sont améliorées, la langue et la culture originelles « quechua » ont été réhabilitées et officiellement reconnues. Ce fut aussi le cas en Bolivie, le pays le plus indien d’Amérique Latine, où la réforme agraire de 1953 a libéré l’indien du servage et a rendu possible sa participation à la vie politique. Mais les conditions d’existence des peuples amérindiens n’ont pas fondamentalement changé et la misère règne.

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Colloque 2008 : « soumission et résistance » (Le mot du président)

Pétry, Pierre
n°46, octobre-décembre 2008

Le 24 octobre 2007, les Territoires de la Mémoire organisaient leur colloque annuel portant sur les aspects pédagogiques de la transmission de la mémoire : « Transmettre la mémoire…mais comment ? » Des experts de différentes disciplines avaient été conviés à croiser leur point de vue ; ceux qui étaient présents, sympathisants ou professionnels, se souviendront certainement de la richesse de leurs communications. L’équipe pédagogique des Territoires de la Mémoire en a extrait un enseignement qui a pu être réinvesti dans l’action et qui a renforcé son sentiment d’utilité.

Au terme de cette journée nous pouvions être satisfaits mais des questions subsistent et le chantier doit être élargi. Le principal est certainement celui de la permanence des effets de l’action pédagogique et leur traduction en termes de comportement de « résistance » ainsi que la capacité de transférer ce comportement selon des contextes différents.

C’est bien là l’idée : il est évident que le rappel des exactions nazies et des conditions historiques, humaines, sociologiques qui les ont permises sont importantes mais il s’agit aussi de développer et entretenir la vigilance des citoyens pour décoder dès aujourd’hui des signes avant-coureurs susceptibles d’entraîner des conséquences dramatiques similaires.

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Transmettre la Mémoire… autrement

Marchal, Philippe
n°46, octobre-décembre 2008


Dans un numéro précédent, nous avons annoncé la création d’un nouveau collectif : pédagogique, bilingue et tri communautaire
Le réseau Histoire & Citoyenneté,Geschiedenis & Burgerzin associe 4 partenaires engagés dans le travail de Mémoire auprès des jeunes : le Mémorial National du fort de Breendonk (Willebroek), le Musée Juif de la déportation et de la résistance (Malines), le Musée royal de l’Armée et d’Histoire militaire (Bruxelles) et les Territoires de la Mémoire (Liège). L’intitulé du réseau donne le ton. S’il est indispensable d’étudier l’Histoire et d’évoquer avec rigueur les événements du passé, c’est également une façon d’éclairer le présent et d’ancrer cette dynamique dans une éducation durable à la citoyenneté. La complémentarité de ces partenaires est évidente. Leur volonté commune de s’investir dans les processus éducatifs et de formation l’est aussi. A cet égard, le réseau vient d’obtenir une reconnaissance officielle de la part de la Communauté française de Belgique et de l’IFC (l’Institut de la Formation en cours de carrière).
Devenez à votre tour des « Passeurs de Mémoire »
Un programme complet d’exploration du réseau est proposé aux professeurs d’histoire, de sciences humaines et cours apparentés du 3ème degré de l’enseignement secondaire. Ce programme peut être scindé en 2 temps … la même formation sera proposée dans les prochaines années scolaires. Placés sous le label des Droits de l’Homme et de la déclaration (dont on commémore en 2008, le 60ème anniversaire), 4 jours de formations sont programmés pendant l’année scolaire 2008/2009 :

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