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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

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Editorial : « Nouvelle judéophobie », « islamophobie », sexisme, antisémitisme, racisme, « homophobie », ...

Jamin, Jérôme
n°45, juillet-septembre 2008


45 1« Nouvelle judéophobie », « islamophobie », sexisme, antisémitisme, racisme, « homophobie », « hétérophobie 1», xénophobie, ils sont nombreux les mots pour désigner la peur, la crainte, le rejet ou la haine d’une catégorie de la population vis-à-vis d’une autre. Ils sont innombrables les concepts pour dénoncer ici le rejet des Juifs, là-bas le rejet des étrangers, ici la haine des « êtres inférieurs », là-bas la peur et le dégoût vis-à-vis des homosexuels. Faut-il considérer que tous ces mots brouillent nos esprits ? Oui et non. Non, car ils renvoient à des phénomènes qui se ressemblent mais qui ne concernent pas les mêmes catégories de la population. Oui, parce qu’en définitive, ils renvoient tous au même processus.
Les hommes, les femmes et les enfants qui sont susceptibles d’être caricaturés et diabolisés dans un discours sont nombreux et à chaque fois le procédé est le même, des caractéristiques sociales et des comportements sont systématiquement associés à des caractéristiques physiques, ethniques, raciales ou nationales, et ce, en vue d’enfermer des gens dans des stéréotypes solides et efficaces dont ils ne pourront pas se débarrasser de si tôt.
« Toute société, explique Tzvetan Todorov, possède ses stratifications, se compose de groupes hétérogènes qui occupent des places inégalement valorisées dans la hiérarchie sociale. Mais ces places, dans les sociétés modernes, ne sont pas immuables : le vendeur de cacahuètes peut devenir président. Les seules différences pratiquement ineffaçables sont les différences physiques : celles dites de ‘race’ et celle de sexe. Si les différences sociales se superposent pendant suffisamment longtemps aux différences physiques, ajoute Todorov, naissent alors ces attitudes qui reposent sur le syncrétisme du social et du physique, le racisme et le sexisme 2».

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Manipuler en démocratie

Starquit, Olivier
n°45, juillet-septembre 2008


am45 manipuler_en_democratieLes éditions Zones proposent enfin la traduction de Propaganda (dont la première édition remonte à 1928 !) d’Edward Bernays.
L’auteur est d’un cynisme affiché. Pour lui, « la manipulation consciente, intelligente des opinions et des habitudes organisées des masses joue un rôle important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays »1. Au premier degré, on pourrait être choqué par un certain cynisme mais au delà, une telle approche pragmatique des « relations publiques » comme graisse dans les rouages d’une société qui se complexifie interpelle.
Pour lui, ces « efforts à long terme » (il envisage la propagande dans la continuité) destinés à influencer le grand public, que ce soit au service d’une entreprise, d’une idée ou d’une collectivité ne sont qu’une façon d’insuffler ou d’exploiter des stéréotypes pour diriger l’opinion dans le sens voulu là où les systèmes prédémocratiques et prémodernes fonctionnaient à l’autorité.
Ainsi, la propagande n’est pas née de l’esprit de Goebbels ou de Staline. C’est aux États-Unis, dans les années 1920, qu’Edward Bernays lui a donné naissance. En effet, Bernays (né en 1891 et qui vécut centenaire) inventa littéralement les « relations publiques ». Après des débuts comme imprésario de Caruso, ce neveu de Siegmund Freud s’illustra comme praticien et théoricien de la propagande de guerre en 14-18. Il créa notamment la Commission Creel, également connue sous le nom de Commission on Public Information et dont le projet était de façonner l’opinion publique afin de soutenir l’entrée en guerre des Etats-Unis en 1917.
Et après l’Armistice, il monta de nombreuses opérations de relations publiques. Ainsi, en 1919, Edward Bernays ouvre un « Bureau de relations publiques » à New York où il se donne le titre de « conseiller en relations publiques » et s’occupe alors de plusieurs campagnes pour Procter & Gamble, General Electric et American Tobacco Co.

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Succès de la pétition anti-« mosquito » !

Pétry, Pierre / Smits, Jacques
n°45, juillet-septembre 2008


Un communiqué des Territoires de la Mémoire
Vous êtes à ce jour plus de 13000 à avoir signé la pétition des Territoires de la Mémoire demandant l’interdiction du dispositif anti-jeunes « Mosquito » ou « beethoven » et nous vous en remercions.
Grâce à vous, les médias se sont emparés du sujet…
Votre appui nous a permis de porter le débat sur l’interdiction de l’utilisation de l’appareil à plusieurs niveaux, à commencer par celui des médias.
Grâce à vous, les réactions politiques ont afflué…
Les Territoires de la Mémoire ont évidemment interpellé les décideurs politiques belges sur l’urgence d’une décision d’interdiction.
Au niveau du monde politique francophone belge, le rejet est unanime. Les gouvernements des Régions wallonne et bruxelloise ainsi que celui de la Communauté française ont pris position contre le principe du « Mosquito » et ont interpellé leur homologue fédéral, qu’ils estiment seul compétent pour légiférer en la matière.
Au niveau local, l’adoption d’une motion d’interdiction du « Mosquito », le 26 avril dernier à Ixelles, fait boule de neige. Les initiatives de ce type se multiplient dans les communes wallonnes et bruxelloises. Certaines étudient la modification de leur règlement de police afin de prévoir des sanctions dans le cas d’infraction. Dès sa mise en ligne, notre pétition a reçu le soutien de Marc Tarabella (PS), ministre de la Jeunesse de la Communauté française, très actif sur le sujet depuis la révélation d’Aywaille. La ministre de la Santé, de l’Enfance et de l’Aide à la Jeunesse (Communauté française), Catherine Fonck (CdH) a également été prompte à dénoncer l’engin sur son blog et via les médias. La députée Kattrin Jadin (MR), quant à elle, a déposé une proposition à la Chambre invitant le gouvernement Leterme à interdire la commercialisation et l’installation de ces « répulsifs ».

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Pas de résistance sans réseaux ! (Le mot du président)

Pétry, Pierre
n°45, juillet-septembre 2008


Hormis ceux qui ne lisent pas la presse, n’écoutent pas la radio ou ne regardent pas les journaux télévisés, tout le monde a entendu parler du « Mosquito » et de la pétition lancée par les Territoires de la Mémoire dans le but d’en faire interdire au moins l’usage sur notre sol et plus encore. L’opération a été un succès en ce sens que rapidement le monde politique a très logiquement exercé son rôle en dénonçant le fait et en cherchant à activer des leviers juridiques susceptibles d’être utiles à la neutralisation de ce boîtier.
Nous ne reviendrons pas sur les motifs et débats engagés depuis quelques semaines si ce n’est pour insister sur le large consensus fait d’inquiétude sinon d’effroi face à une société de plus en plus névrosée qui se replie sur elle-même au point de s’armer pour mieux exclure sa propre jeunesse sans plus raisonner les problèmes en termes d’éducation et d’enseignement. Comment penser l’avenir quand le dialogue entre les composantes de la société s’appauvrit à ce point ? Il convient de s’interroger avec urgence sur ces dérives morbides…. en cette année du 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
Un seul « Mosquito » pouvait n’être qu’une anecdote, plusieurs « Mosquitos » c’est tout de suite une restriction des libertés fondamentales, des droits humains, des droits de l’enfant en particulier. C’est tout l’espace public qui est mis sous contrôle à des fins privées, négatives et exclusives ! Ce sont les valeurs de solidarité, de fraternité, du bien vivre ensemble qui sont mises à mal. Cela justifiait bien un combat de tous avec les armes de la démocratie, le droit du citoyen, de sa commune… à l’Europe.
C’est cela qui est remarquable. En très peu de temps, la mobilisation participative a permis de propulser le rejet du « Mosquito » bien au-delà de nos frontières puisque hors Europe, d’autres pays ont également réagi et certains ont rapidement mis en place des mesures de protection. Nous l’avons dit, le monde politique, tous partis démocratiques confondus - c’est aussi remarquable - a été très réactif. Il faut bien entendu souligner l’importante médiatisation : plusieurs dizaines d’articles, d’interviews ou reportages sont disponibles sur notre site (www.trianglerouge.eu) pour l’attester.
Mais c’est plus encore l’efficacité de l’interactivité entre citoyens, monde associatif, politiques et media qu’il faut souligner. Un réseau ponctuel s’est construit très rapidement et a permis une sensibilisation à une échelle que l’on atteint assez rarement, trop rarement ! Peu importent le ou les points de départ de l’action, il faut seulement souligner l’effet démultiplicateur quand interaction il y a. Le tout est bien supérieur à la somme des parties ! Bref pas de résistance sans réseau(x) !
N’est-ce pas d’ailleurs notre philosophie de l’action ? Comme vous pouvez le lire ci-dessous, plusieurs nouvelles communes sont devenues Territoire de Mémoire. Bienvenue dans le réseau !

Mots-clés : Citoyenneté,Racisme,Territoires de la Mémoire
© Les Territoires de la Mémoire- Belgique

Chine et Droits de l’Homme

Florence, Eric / Paulus, Julien
n°45, juillet-septembre 2008


am45 eric_florenceEntretien avec Eric Florence, 
Docteur en sciences politiques et sociales (à l’Université de Liège) et chercheur au Centre d’Etudes de l’Ethnicité et des Migrations (CEDEM).

Les discours critiques vis-à-vis de la Chine et de son rapport aux droits de l’homme sont légion. Des remontrances politiques aux rapports accablants des organisations non-gouvernementales en passant par les articles de presse et les sites Internet dédiés à la défense des droits fondamentaux, les textes ne manquent pas pour se faire une idée de la question en Chine. Dans ce contexte, on finirait par oublier les combats quotidiens, nombreux et courageux de milliers de citoyens chinois pour défendre leurs propres droits.

Julien Paulus : Que vous inspire l’actuel battage médiatique, dans le cadre des prochains Jeux Olympiques, autour de la question tibétaine et des Droits de l’Homme en Chine ?

Eric Florence : Mon impression est que, dans le contexte des évènements du Tibet et de ceux liés à la problématique du durcissement du régime sur la question de la liberté d’expression - contexte lié à l’organisation des prochains JO - la façon de parler de la Chine est trop globalisante et, d’une certaine manière, tend à nier tout changement au sein de la société chinoise. Actuellement, il y a en effet une tendance dans les médias à globaliser, à réifier la Chine en focalisant sur des évènements précis qui permettent d’affirmer que la situation des Droits de l’Homme dans ce pays n’a pas du tout évolué. Cela ne veut pas dire que celle-ci se soit fondamentalement améliorée, mais à partir du moment où on nie en bloc tout changement, toute évolution sociale en Chine, on se confronte évidemment à un mur de la part des Chinois - y compris dans la diaspora chinoise qui, par-delà la diversité de leurs opinions, trouvent quand même que l’on parle de leur pays de façon quelque peu caricaturale. Par exemple, un éditorialiste appelait encore récemment à faire corps avec les centaines de millions de Chinois qui s’opposent à leur gouvernement. Or, objectivement, on est loin de la situation qui prévaut en Chine : il n’y a pas des centaines de millions de Chinois qui s’opposent de manière frontale à leur gouvernement. Il peut y avoir des groupes précis qui, sur des questions précises, s’opposent au Parti et aux autorités locales, mais la situation n’est pas une situation où l’ensemble de la population serait constamment opprimé et n’attendrait qu’une occasion pour se rebeller. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de tensions ; il y en a énormément, au contraire. Un exemple : 85.000 évènements de protestation ont été recensés en Chine, en 2005. La tension sociale, les phénomènes de contestation (violents ou non, réprimés ou non) existent et viennent contredire cette vision caricaturale d’un pays monolithique.

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