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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide mémoire 43

Editorial : Dans l’univers des médias où tout va très vite...

Jamin, Jérôme
n°43, janvier-février 2008

am43Dans l’univers des médias où tout va très vite, où tout se vaut et où tout finalement semble éphémère, fragile et expéditif, il est parfois utile d’aller rechercher de vieux articles de presse afin de faire éclater au grand jour les parallèles gênants et les comparaisons embarrassantes entre hier et aujourd’hui, entre l’expérience de nos parents et la nôtre.
Le Monde du 17 décembre 1971 illustre le propos : «Jadis, Staline infligeait le châtiment suprême à ceux qui contrariaient ses desseins. Les dirigeants actuels utilisent apparemment une méthode plus douce. Ils confient les mauvaises têtes à des médecins spécialisés. Puisque le régime soviétique est le meilleur du monde, ceux qui font acte d’opposition sont des fous». La veille, le 16 décembre 1971, Le Soir explique pour sa part : «Depuis une dizaines d’années, le nombre des hôpitaux psychiatriques dits spéciaux a considérablement augmenté. Ils sont soumis au Ministère de la Santé publique mais aussi au K.G.B. (…). L’imminence du danger social représenté par le malade en est le critère principal. Négligemment inclus dans le texte (une ordonnance de 1961, ndla), un paragraphe très vague ouvre la porte à l’arbitraire et permet de déclarer fou et d’hospitaliser de force n’importe qui1».
Andreï Novikov est un des rédacteurs permanents de Chechenpress, l’agence de presse officielle du gouvernement de la République Tchétchène d’Itchkérie (en exil). Il a été arrêté fin 2006 avant d’être interné en hôpital psychiatrique sur base du diagnostic d’une commission spéciale qui a jugé son comportement «antisocial» et lui reproche une «désadaptation» par rapport à la société2. Le cas de Novikov n’est pas isolé et la répression à l’encontre des journalistes s’est accélérée en Russie à l’approche des élections législatives du mois de décembre dernier.

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Quelques extraits qui nous inspirent !

n°43, janvier-février 2008

Le 10 décembre 1948 à Paris, les 58 Etats Membres qui constituaient l’assemblée générale des Nations unies ont adopté la Déclaration universelle des droits de l’homme. Quelques articles issus de cette déclaration présentent un intérêt particulier pour La Revue Aide-mémoire dans la mesure où ils rappellent à la fois l’urgence, l’utilité et l’efficacité de ce texte pour séparer au quotidien en Belgique et à l’étranger ce que nous sommes prêts à accepter de ce que nous jugeons fondamentalement inacceptable.
L’article 1 qui stipule que tous « les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits » renvoie sans hésitation au régime nazi qui avait réussi à faire d’une prétendue hiérarchie entre les « races » le fondement de son existence et de sa raison d’être. Les crimes les plus terribles commis pendant cette période n’auraient probablement pas été possibles sans cette croyance en l’existence de races supérieures qui méritent de vivre et qui sont opposées à d’autres, nuisibles et exclues de l’humanité.
Si l’article 2 de la déclaration a également toute son importance, c’est précisément parce qu’il vise à protéger la communauté humaine aujourd’hui contre les idéologies qui, hier, faisaient appel à la race, à la nationalité, à l’origine et à de multiples hiérarchies entre ces dernières : « Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation. »

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Colloque d’octobre : « Transmettre la mémoire, mais comment ? » … et après ?

Marchal, Philippe
n°43, janvier-février 2008

Cette question, telle qu’elle est posée n’est évidemment pas anodine. Pour notre association, il s’agit d’abord de préparer le terrain de la transmission de la mémoire. Qu’en sera-t-il demain ?
Philippe Raxhon, historien et membre fondateur des Territoires de la Mémoire, le souligne régulièrement : le travail de mémoire sera très vite à la croisée de certains chemins inconnus. Aussi douloureuse que puisse paraître cette réalité, il ne subsistera bientôt plus aucun témoin en mesure de raconter l’horreur des crimes perpétrés par le régime nazi. Nous aurons alors perdu l’irremplaçable : l’oralité des témoignages et cette situation doit nous questionner. Sur quelle légitimité les Territoires de la Mémoire pourront-ils encore se fonder ? Le rappel du passé, la connaissance de ces faits et la visite des lieux de mémoire ont-ils une valeur purement symbolique ou réellement pédagogique ? Cette démarche, privée de la relation d’un vécu qui confine à l’indicible (Primo Levi a rappelé cette impossibilité à maintes reprises), trouvera-t-elle encore un écho crédible auprès des jeunes générations à venir ? Et au-delà de cette absence, comment parviendrons-nous à contrer les mirages véhiculés par les « menteurs ». Fascination honteuse pour les idéologies haineuses, détournement du vrai à des fins politiques, usurpation de notoriété pour minimiser rigoureusement ce qui pourtant est avéré …les motivations et les moyens des « négateurs » de tous bords ne manqueront pas !

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Au moment même où nous écrivons ces quelques modestes lignes... (Le mot du président)

Pétry, Pierre
n°43, janvier-février 2008

Au moment même où nous écrivons ces quelques modestes lignes, toutes les télévisions et radios belges annoncent avec soulagement que le pays est enfin doté d’un nouveau gouvernement…pour trois mois et ce, grâce à l’intervention salvatrice de Guy Verhofstadt notre Premier ministre sortant qui, du coup, redore son blason tant au nord qu’au sud. Ouf ! il nous a épargné le cap des 200 jours sans pilote !
Voilà donc une histoire toujours belge qui se termine ou plutôt qui reste en suspens, le temps que les protagonistes reprennent leur souffle, … le temps d’attendre la prochaine crise, qui sait ? Cela dit, il y avait urgence sur les plans intérieur et extérieur. Nos concitoyens souffrent et le froid est là pour rappeler que pour nombre d’entre eux, la vie est de plus en plus dure. Les différents revirements et changements de cap laissent évidemment le citoyen perplexe mais son attention est légitimement centrée sur les réponses à ses besoins de base. Extérieurement, le crédit belge est terni, des missions devront être dépêchées de part le monde pour le restaurer. Tels sont les problèmes les plus sensibles dans l’immédiat, ils valent bien une trêve.
Hélas, le déminage que nous aurions voulu voir intervenir parallèlement n’a pas eu lieu, du moins aux dernières nouvelles. Le cartel CD&V N-VA est toujours actif et il est fort probable qu’un des illustres membres de la N-VA rejoigne plus tard le gouvernement fédéral définitif.

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«Territoire de Mémoire», un cordon sanitaire éducatif contre les idées d’extrême droite

n°43, janvier-février 2008

Devenir « Territoire de Mémoire », c’est :

§  S’ENGAGER politiquement aux côtés de nombreuses villes et communes et lutter contre les idées d’extrême droite, le racisme et les exclusions.

§  BENEFICIER d’un partenaire pédagogique spécialisé pour tous les projets citoyens.

§  PRESERVER la Liberté et les valeurs démocratiques.

§  CONTRER les simplifications et les erreurs énoncées comme des vérités par l’extrême droite.

§  PERMETTRE L’ECHANGE de pratiques et l’exportation d’initiatives communales dans d’autres communes.

A l’issue de la Deuxième Guerre mondiale nombreux furent ceux qui décidèrent de tout faire pour que l’horreur des conflits armés, des massacres en masse et des camps nazis ne se reproduise plus jamais. Malgré quelques avancées encourageantes telles la création de l’ONU ou la naissance d’une justice internationale, les dictatures de toutes sortes ont continué à surgir un peu partout dans le monde. Nous pensions que l’Europe était à l’abri. Nous pensions qu’en Belgique, la bête immonde était définitivement endormie. Elle ne faisait que sommeiller et au début des années 90, des partis et des mouvements d’extrême droite ont à nouveau fait « démocratiquement » leur apparition tant au nord qu’au sud de notre pays. Or aujourd’hui, les idées d’extrême droite ne sont plus seulement l’apanage de ces partis liberticides, mais commencent à percoler et à se retrouver dans certains discours dits démocratiques.

Pour contrer durablement ce phénomène, nous pensons qu’il est indispensable d’analyser, de comprendre et d’agir sur le sentiment d’impuissance régulièrement et fortement exprimé par un nombre de plus en plus grand de citoyens. Dans cette perspective, le Centre d’Education à la Tolérance et à la Résistance pense que l’évocation du souvenir alliée à une meilleure connaissance des pratiques démocratiques est indispensable pour ne pas reproduire les erreurs du passé et participer à la construction d’une société plus juste et plus fraternelle. Pour cela, nous jugeons utile d’enseigner, d’éduquer et d’outiller afin de rendre les citoyens d’avantage vigilants et critiques face aux propos simplistes et aux raccourcis faciles engendrés par un populisme montant.

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