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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide mémoire 39

Editorial : "La colère est une formidable ressource..."

Jamin, Jérôme
n°39, janvier-mars 2007

am39La colère est une formidable ressource, à condition bien entendu de la transformer en puissance créatrice. La colère, la rage et l’écoeurement ne sont pas des erreurs, à condition bien sûr de les mobiliser pour provoquer un changement politique. Le régime démocratique belge offre plus d’une alternative aux électeurs pour changer l’orientation politique de leur commune, de leur province ou de leur région. Ils peuvent encourager le ou les partis au pouvoir, sanctionner ou soutenir certains élus et pas d’autres, ils peuvent provoquer le changement et écarter un ou plusieurs partis des postes de commande et favoriser un parti d’opposition qui pourra à son tour noter les erreurs des uns et les mécontentements
des autres et tenter de reprendre le navire en main. Si les élections nationales sont plus complexes en raison du caractère fédéral de la Belgique et du conflit communautaire qui perturbe la gestion politique du pays, les électeurs sont libres au niveau local et régional de transformer leur colère en puissance créatrice, avec le droit de vote, ils peuvent recycler leur rage, leur écoeurementen changement politique d’envergure.
Pour des raisons complexes qu’il faudra bien un jour étudier de près, l’alternative politique ne semble pas, ne semble plus représenter un intérêt aux yeux de nombreux électeurs. Le changement
politique au sein d’un parti ou entre les partis n’apparaît plus comme une évidence pour exprimer sa colère et soutenir au passage de nouveaux projets, d’autres initiatives ou d’autres élus. A certains égards, on a même parfois l’impression que l’électeur mécontent ou en colère passe directement à l’extrême droite sans tenter l’alternative. Ce fait qui reste à vérifier à l’appui d’une enquête d’envergure et systématique à la sortie des urnes, et sur plusieurs scrutins, affiche certainement les limites d’un système politique qui multiplie les coalitions à tous les niveaux de pouvoir. Des coalitions aux composantes variées qui donnent peut-être l’impression en définitive que c’est toujours les mêmes qui dirigent le pays. Une impression correcte dans l’absolu mais totalement erronée dans la réalité concrète et quotidienne.

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Le génocide arménien en débat

Grandjean, Geoffrey
n°39, janvier-mars 2007

am39 genocide_armenienDepuis quelques mois, le génocide arménien est de retour sur la scène politique belge et française. Un cap a singulièrement été franchi quand les pouvoirs législatifs de ces deux pays ont décidé de traiter la question de la pénalisation de la négation de ce génocide. Mais où en est le débat actuellement ?
Il n’est pas nécessaire de revenir en détail sur la question du génocide arménien. Certains auteurs ne manquent pas de rappeler la certitude1 de son existence. Les Arméniens ont toujours constitué une minorité sous l’Empire ottoman. La Première Guerre mondiale va constituer un moment décisif pour le peuple arménien. En effet, par le jeu stratégique des alliances, le massacre des Arméniens de l’Empire ottoman a constitué le réponse de cet Empire à l’entrée en guerre de la Russie. Les autorités ottomanes voyant dans le soutien des Arméniens de Russie à leur pays, une trahison de la communauté arménienne. La décision du génocide des Arméniens a été prise dans le courant du mois de février 1915.
Le nombre total de victimes de ce génocide n’est pas certain. Ainsi, les Arméniens citent le nombre de 1.500.000 victimes ; alors que pour les Turcs, ce nombre se situe entre 300.000 et 800.0002. Pour Yves Ternon, il y a eu 1.200.000 victimes3. À l’heure actuelle, la Turquie nie toujours le génocide arménien.
Un antécédent : le génocide juif.

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"L’année écoulée est-elle à oublier le plus rapidement possible..." (Le mot du président)

Pétry, Pierre
n°39, janvier-mars 2007

Au nom de tous les travailleurs et militants des Territoires, je vous souhaite une Autre bonne année
L’année écoulée est-elle à oublier le plus rapidement possible ou plutôt à graver dans nos mémoires ?
Le 1er janvier prochain, pour une majorité de Citoyens, adresser des «vœux de bonne santé» à la démocratie aura ressemblé davantage à un rite exorciste auto-rassurant. Ceux-ci, pourtant soucieux de l’avenir démocratique, disent de plus en plus leur perplexité voire leur égarement face aux événements et à leur gestion par le monde politique durant ces douze derniers mois.
Personnellement, je pense que ce premier numéro d’Aide Mémoire dont je salue tous les collaborateurs, devrait apporter au lecteur une offre de mises en mots, de propositions d’analyse, susceptibles de donner sens à son malaise.
Nous savions que 2006 serait une année test pour notre démocratie, elle l’a été, plus que prévu. L’analyse des résultats des élections d’octobre interdit tout ralentissement dans l’action à mener contre l’extrême droite (ED), contre tous les extrémismes. La démonstration est faite dans le Hainaut où les signaux d’alerte ont été multipliés : sur 28 élus ED en Wallonie, 24 siégeront dans cette province ! La mise à jour de la gouvernance déplorable à Charleroi a probablement produit ses effets même si d’autres facteurs d’ordre socio-économique interviennent.

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Cartographie de l’extrême droite aux élections communales de 2006

Trigalet, Anaïs ; Pion, Geoffrey
n°39, janvier-mars 2007

Carte de l’extrême droite aux élections communales de 2006

Méthodologie

Cette carte, représentant les scores de l’extrême droite par commune aux élections communales du 8 octobre 2006, a été réalisée dans le but de visualiser leur répartition au niveau du territoire belge. En Flandre, nous avons cartographié les votes en faveur du Vlaams Belang alors qu’en Wallonie et à Bruxelles, ceux des différentes formations d’extrême droite ont été additionnés préalablement. Malgré des résultats allant de 1.8 à 34.7%, seules cinq teintes ont été utilisées pour permettre de différencier au mieux les différents paliers. Le blanc quant a lui correspond à une absence de données : dans ce cas, il signifie qu’aucune liste d’extrême droite n’a été déposée dans la commune.

  
La représentation cartographique des résultats de l’extrême droite par commune aux élections communales du 8 octobre dernier dessine très clairement une fracture entre le nord et le sud de notre pays. En effet, l’absence de listes d’extrême droite dans la grande majorité des communes de Wallonie contraste fortement avec leur large présence à Bruxelles et dans les communes de la Région flamande. De même que la représentation spatiale, l’exposé du nombre de conseillers communaux de ces formations est très éloquent : on en dénombre 28 en Wallonie et 17 à Bruxelles contre 775 en Flandre.
Avec 24 élus sur 28 en Wallonie, la province du Hainaut apparaît clairement comme le foyer de l’extrême droite dans le sud de la Belgique. Cette dernière, représentée par le Front National, le Front Nouveau de Belgique et Force Nationale se niche dans les principaux centres urbains wallons et atteint des sommets de plus de 13% à Charleroi et dans la commune avoisinante de Châtelet.
Dans la partie flamande du pays, le Vlaams Belang s’est présenté dans une large majorité de communes (74%). Nulle part il a fait moins de 5% des suffrages. C’est dans les provinces d’Anvers et du Limbourg qu’il est le mieux représenté, avec des listes dans la quasi-totalité des communes. Du point de vue des résultats, ce parti récolte plus de 30% des voix à Anvers et dans la commune voisine de Schoten, où il réalise d’ailleurs son meilleur score du pays (34,7%). Les communes avoisinant la métropole - y compris celles situées dans la province de Flandre orientale - restent fortement marquées par l’extrême droite qui y obtient plus de 20% des suffrages. Cependant, plus on s’éloigne du «pôle» que représente la région d’Anvers, plus les scores réalisés par le Vlaams Belang diminuent. Cela est encore plus exact en observant ses scores vers l’ouest, en Flandre Occidentale, où il réalise ses scores les plus modestes, principalement dans les centres urbains comme Kortrijk ou Brugge.

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Les élus d’origine étrangère et... d’extrême droite

Abramowicz, Manuel / Jamin, Jérôme
n°39, janvier-mars 2007

Le scrutin communal et provincial d’octobre 2006 a été l’occasion d’afficher de terribles dérives électoralistes, notamment en ce qui concerne le recrutement d’individus douteux censés apporter des voix en raison de leur origine étrangère. Retour sur ces pratiques honteuses qui n’honorent pas les grands partis traditionnels du régime démocratique belge.

Entretien avec Manuel Abramowicz
Coordinateur de la rédaction de RésistanceS (www.resistances.be) et auteur, notamment, du «Guide des résistances à l’extrême droite» (éditions Labor, Prix Condorcet-Aron du meilleur livre francophone 2006)

Jérôme Jamin : Dans quelle mesure et dans quelle proportion des élus aux idées fascistes ou fascisantes ont-ils été recrutés sur les listes de partis démocratiques lors du scrutin communal et provincial de 2006 ?

Manuel Abramowicz : Pouvons-nous donner un chiffre précis ? Non. Cependant, la présence effective a été constatée, sur diverses listes de «partis démocratiques», de plusieurs candidats dont le CV politique relevait une appartenance à une organisation politique ou politico-religieuse non démocratique, voire d’extrême droite ou intégriste religieuse. L’exemple le plus illustratif fut celui de ce candidat d’origine turque figurant sur la liste du Parti socialiste déposée dans la commune de Schaerbeek. Ce candidat «PS» provenait en droite ligne de l’extrême droite turque. Comme il le reconnaîtra enfin lui-même sur les antennes de RTL-Tvi, mais après plusieurs semaines de cinglantes polémiques et de remous internes au coeur même de la section PS de cette commune bruxelloise. Il était alors un membre-dirigeant d’une association liée directement aux Loups gris, le groupe d’action paramilitaire du Parti d’action nationaliste (MHP), l’équivalant en Turquie du Front national de Jean-Marie Le Pen ! Pour mieux comprendre la problématique :

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