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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide mémoire 38

Editorial : Il est difficile de marquer le cœur de l’idéologie d’extrême droite...

Jamin, Jérôme
n°38, octobre-décembre 2006

am38Il est difficile de marquer le cœur de l'idéologie d'extrême droite face à la diversité de ses manifestations en Belgique francophone, en Flandre, en France, en Italie, en Autriche, en Suisse, et depuis peu en Pologne, en Slovaquie et en Russie (lire Mémoire et Réalité brute, p.5). Il est même délicat d'en indiquer les projets et le répertoire tant les contextes politiques, nationaux, régionaux et électoraux favorisent la pluralité et la différence au niveau des priorités des uns et des autres. Une empreinte singulière permet néanmoins d'identifier, d'enfermer et de contenir dans une seule idée tous ces partis et leurs programmes politiques : l'idée que nous vivons dans un monde ordonné dont l'état de nature est la seule et unique référence susceptible de guider nos pas, et partant, l'organisation politique de la société.
La nature est au cœur de l’idéologie d’extrême droite. C’est elle qui selon la métaphore biologique du corps humain aurait poussé les hommes à se rassembler autour d’une identité ethnique, culturelle, linguistique et raciale prétendument homogène: un corps social quasi biologique. C’est elle qui, à partir de cette métaphore, justifie la méfiance vis-à-vis de l’immigré, cet imposteur qui ne respecte pas la nation, ses frontières, et sa pureté. Ce «parasite», ce «microbe», cette «bactérie» qu’il faut neutraliser pour des raisons de santé publique comme semble nous l’indiquer la propagande et les caricatures xénophobes. La nature est au cœur de l’idéologie d’extrême droite. C’est elle qui est utilisée pour afficher des différences entre les hommes et entre les prétendues «races», c’est elle qui doit justifier la hiérarchie entre les forts et les faibles, les bons et les mauvais, les purs et les impurs. C’est elle, c’est sa représentation qui doit permettre à l’extrême droite de nier le principe d’égalité entre les individus.

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Nous sommes encore des millions

Marchal, Philippe
n°38, octobre-décembre 2006

am38 nous_sommes_encore_des_millionsIl y a des impressions qui ont la vie dure. Certains, de plus en plus nombreux, pensent qu’il n’est déjà plus possible de lui résister.  D’autres prétendent que le mieux, c’est encore de ne pas en parler. 
D’autres encore se convainquent qu’ils seraient, cette fois, en mesure de limiter son influence … Mais en matière de lutte contre l’extrême droite, il nous faut bien admettre que les différentes stratégies mises en place jusqu’à présent n’ont donné que des résultats bien décevants et nous devons être assez lucides pour constater que les partis liberticides ne cessent globalement de progresser au fil des différents scrutins électoraux. Comment pourrions-nous encore affirmer aujourd’hui que l’extrême droite n’est qu’un phénomène banal et qu’elle ne constitue pas un réel danger pour notre façon de concevoir la vie en société ? Equité, égalité, solidarité, justice, tolérance, respect … toutes ces valeurs fondatrices d’une certaine idée de l’humain et de la liberté sont peu à peu, sans que l’on s’en rende compte vraiment, grignotées par les idéologies et les comportements haineux des ennemis de la démocratie.
Renforcement du sentiment d’insécurité, précarité de l’emploi, manque de logement, absence de perspective d’avenir, impression d’impuissance, renforcement des inégalités sociales, … de trop nombreux citoyens en ont assez. Et ils ont raison d’exprimer leur révolte.
Ne pas se tromper de colère.

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Questionnements (Le mot du président)

Pétry, Pierre
n°38, octobre-décembre 2006

Lors des Retrouvailles (2-3 septembre), nos patient(e)s et efficaces permanent(e)s proposaient aux visiteurs de s’associer à la campagne contre l’extrême droite (ED) notamment en arborant le Triangle Rouge. Pour une grande majorité d’entre eux l’accueil a été très favorable et c’est sans doute rassurant. Fait plus nouveau, parmi les réticents quelques uns ont affirmé leur intention de voter pour l’ED, d’autres se tenaient écartés du stand, prétextant ne pas faire de politique, gênés peut-être par la couleur rouge du petit triangle. Qui sait ? Quelques rappels historiques ont donc été nécessaires pour resituer l’origine du symbole.
Sans doute serait-il intéressant, à l’occasion d’un événement semblable, de tenir une petite statistique sur les diverses réactions recueillies. Nous nous y attacherons.
Mais qu’aurions-nous entendu une semaine plus tard ? Deux événements presque concomitants devraient en effet questionner le « simple » citoyen. Nous faisons ici allusion au démantèlement au sein de l’armée belge d’un groupe néo-nazi projetant un attentat contre des personnalités politiques et, d’autre part, à la déglingue presque loufoque du FN qui n’a pu respecter une procédure administrative banale qui le devrait priver de sigle et de numéro.
Comment le « simple » citoyen va-t-il utiliser ces informations ? Quelle mesure va-t-il leur donner ? Va-t-il cliver les événements ? Et quelle synthèse sera-t-il en mesure de produire, entre un très inquiétant rappel à la réalité de l’existence de groupes néo-nazis au sein même de l’armée et ce qui pourrait apparaître comme une nouvelle démonstration de l’ incapacité organisationnelle de l’ED du moins dans la partie francophone du pays ?

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Construire la démocratie en RDC

Kabamba, Bob / Jamin, Jérôme
n°38, octobre-décembre 2006

Le Congo a traversé plusieurs guerres qui ont laissé derrière elles plus de trois millions de morts et autant de blessés. État instable s’il en est, menacé de l’intérieur et de l’extérieur, pourvu d’un sol qui fait l’objet de toutes les convoitises, ce gigantesque pays doit aujourd’hui surmonter des défis énormes comme le chômage de masse, la précarité ou encore le sida. Après les élections historiques de juillet 2006, ce pays qui entretient depuis toujours une relation ambiguë avec la Belgique va-t-il enfin réaliser le destin que les Congolais méritent depuis toujours ?

Entretien avec Bob Kabamba
Politologue à l’Université de Liège, spécialiste de l’Afrique centrale.

Jérôme Jamin : Bob Kabamba, peut-on vraiment espérer une stabilisation à long terme en RDC depuis les élections de juillet 2006?

Bob Kabamba : On peut en effet l’espérer mais uniquement si tous les acteurs politiques congolais ainsi que ceux de la communauté internationale oeuvrent dans ce sens. On en est encore loin mais cela reste une possibilité.
Malgré l’immense succès des élections du 30 juillet tant au niveau de son organisation que de la participation des citoyens, les événements du 20 au 22 août – l’affrontement des troupes de la garde républicaine aux troupes de Bemba - illustrent bien à quel point le processus est encore fragile. Ainsi, malgré les étapes importantes qui sont dernière nous, le Congo risque toujours de replonger dans le chaos. Et il faut avoir cela à l’esprit.

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Jörg Haider et le scrutin de 1999 (Mémoire brute)

n°38, octobre-décembre 2006

Avec 27,2 pc des suffrages lors du scrutin législatif du 3 octobre 1999, le FPÖ, le Freiheitliche Partei Österreichs (Le Parti autrichien de la liberté) de Jörg Haider, est devenu la deuxième puissance politique de l’Autriche après le SPÖ, le Sozialdemokratische Partei Österreichs (Le Parti social-démocrate d’Autriche) qui remporte 33,2pc des suffrages, et à égalité avec l’ÖVP, l’Österreichische Volkspartei (Le Parti autrichien du Peuple).
Comment les électeurs autrichiens ont-il été capables de ramener au pouvoir, et au cours de ces quinze dernières années, un parti néo-fasciste fondé par d’anciens nazis? Cette question était au cœur de tous les débats en 1999, elle obligeait les démocrates à fixer dans l’urgence les limites de l’acceptable en termes de partis, de projets et d’idées politiques au sein de l’Union européenne, elle révélait les tensions et les différences de vue entre les Etats-membres vis-à-vis de la xénophobie, du racisme et de l’extrême droite. Embarrassée, l’Union européenne a d’abord voté des sanctions contre l’Autriche en 2000 en vue de faire pression sur le nouveau gouvernement et sur ses politiques vis-à-vis des immigrés et des étrangers. Mais quelques mois plus tard, celles-ci étaient déjà levées ! En effet, le rapport des «sages» commandé par l’Union européenne pour vérifier le respect de certains principes par le nouveau gouvernement a eu beaucoup de mal à démontrer que la population étrangère et les minorités étaient mal traitées sous le gouvernement de coalition regroupant le parti conservateur du Chancelier Wolfgang Schüssel et le FPÖ de Jörg Haider. Plus exactement, et cet aspect est déterminant pour comprendre ce qui va se passer dans d’autres pays de l’Union par après (notamment en Pologne et en Slovaquie, voir Réalité brute ci-dessous), le rapport affirmait dans ses conclusions que «dans certains domaines, et notamment concernant les droits des minorités nationales, les normes autrichiennes (pouvaient) être considérées comme étant d’un niveau supérieur à celles appliquées dans plusieurs autres pays de l’Union européenne1».

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