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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide mémoire 37

Editorial : "Si les gens qui votent pour des partis d’extrême droite..."

Jamin, Jérôme
n°37, juillet-septembre 2006

am37Si les gens qui votent pour des partis d’extrême droite cherchent simplement à punir, à sanctionner ou à mettre en garde les grands partis démocratiques, si leur motivation ne réside que dans la volonté d’exprimer un mécontentement, un dégoût, un malaise vis-à-vis de certaines pratiques, si c’est la corruption, le clientélisme et le vol de l’argent public qui poussent les électeurs vers l’extrême droite, vers des partis qui offrent de «balayer les ordures politiques», de «nettoyer la démocratie belge», et de purger ses institutions des «parasites corrompus», si c’est tout cela qui fait le vote extrême, les élections d’octobre risquent de ne pas être tristes et à ce titre, une mise au point sur le combat contre l’extrême droite est nécessaire.
Pour la communauté progressiste, l’enjeu se situe à deux niveaux. Il faut persuader les électeurs de ne pas donner leur suffrage à des partis xénophobes sans programme, sans structures et sans valeurs. Et pour y parvenir, il faut leur expliquer qu’il existe une grande différence entre la contestation légitime du politique d’une part, et le discours raciste illégitime de l’extrême droite d’autre part. Il faut préciser que ce n’est pas la colère et l’indignation que nous refusons mais une forme perverse que celles-ci peuvent prendre lorsqu’elles sont orientées contre les étrangers jugés responsables de tous les maux, ou vers l’ensemble des élus, jugés pour les frasques de quelques uns. Il ne faut pas se tromper de colère et partant, il est possible d’utiliser correctement son vote dans le champ politique sans salir nos mains ou notre âme en donnant des voix au Front national ou à ses concurrents directs.

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Contre l’extrême droite : une stratégie globale et radicale

Abramowicz, Manuel
n°37, juillet-septembre 2006

am37 contre_extreme_droiteQue faire ? Que faire contre cette extrême droite qui s’incruste, à chaque élection, encore plus dans notre paysage politique ? Depuis le premier « dimanche noir », survenu lors des élections législatives de 1991, le Vlaams Blok (Belang, aujourd’hui) et dans une moindre mesure le Front national sont les « vedettes négatives » de notre actualité. L’agenda politique du VB influence celui des partis politiques traditionnels. Les « affaires politico-judiciaires » - salissant la classe politique - renforcent le poids électoral du VB et du FN. Le problème est systémique. Le vote en faveur de ces formations politiques – dont l’une des caractéristiques est d’être depuis toujours dans l’opposition (c’est toujours plus facile pour critiquer et scander « ya-ka ») - reste un vote protestataire, mais également pour une franche non-négligeable d’électeurs du « Blok » et du « Front », un vote d’adhésion à leur corpus doctrinal respectif.
« Ne nous y trompons pas, le vote FN est de nature révolutionnaire : c’est un vote contre le pouvoir central, contre les magouilles et les privilèges », disait déjà un conseiller municipal toulonnais du Parti socialiste français, Robert Gaia, en octobre 1996. Il y a déjà bientôt dix ans ! Les partis antidémocratiques représentent donc une « alternative » pour dire aux gouvernants : « stop, ça suffit, il faut que cela change ! ». Mais, l’impression (et la réalité) est que rien ne change dans les faits et même que tout empire. Les scandales politico-judiciaires sont toujours des feuilletons réguliers de l’actualité, les inégalités sociales se creusent encore plus, les maux consécutifs à celles-ci augmentent, la dilution des idéaux politiques entre la gauche et la droite se poursuit... Le monde politique tourne dans le mauvais sens ; malgré les ambitions de nombreux de vouloir aller de l’avant et répondre aux « problèmes des gens ».
Force est aussi de constater que toutes les « recettes » mises en place par « le » politique pour riposter à l’ascension électorale de l’extrême droite ne donnent aucun résultat encourageant. Le « copier / coller » de leurs slogans est un échec (heureusement d’ailleurs !), les discours préconisant une pédagogie citoyenne restent sans résultat immédiat, la diabolisation représente une solution limitée... à la progression des partis de la haine.

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Rien à faire de la politique ? Le 8 mai dernier : des jeunes ont « osé la démocratie ! »

Marchal, Philippe
n°37, juillet-septembre 2006

am37 rien_a_faire_de_la_politiqueL’extrême droite est inacceptable ! Et alors ? Quel visage la démocratie donne-t-elle d’elle-même aujourd’hui ? Et au fait, c’est quoi la démocratie ?
On oppose souvent et à tort, la démocratie à l’extrême droite. C’est un peu comme si on acceptait l’idée hasardeuse que les partis liberticides sont des alternatives crédibles. Qu’ils posent les bonnes questions. Qu’ils proposent de bonnes solutions. Bien sûr, aujourd’hui, l’extrême droite revêt des habits honorables, son discours est presque devenu « politiquement » correct. Elle a réussi, en quelque sorte, à tirer les leçons du passé ! C’est un comble ! Cette stratégie bien pensée entretient le doute dans la conscience de citoyens de plus en plus nombreux. A l’écouter, on en viendrait à penser que tout compte fait … C’est oublier trop vite d’où est issue cette idéologie haineuse et les idées qui inspirent ses adeptes. C’est oublier surtout que l’extrême droite est d’abord l’ennemie jurée de nos libertés. Et c’est enfin fermer les yeux un peu trop confortablement sur les pratiques et les comportements inacceptables qu’elle adopte aujourd’hui. On a bien vu où mène le culte de la haine. En matière d’éthique et de morale, l’extrême droite n’a décidemment pas de leçons à donner. Et pourtant, les partis d’extrême droite sont les seuls à progresser sans cesse. Mine de rien, leur notoriété se renforce et leur message devient banal … presque acceptable !

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Démocratie ?

Paulus, Julien
n°37, juillet-septembre 2006

«La démocratie est le pire des régimes, à l’exception de tous les autres.» (Winston Churchill)
De nos jours, la démocratie semble aller de soi pour bon nombre d’entre nous. Elle est pourtant le produit récent d’une histoire et d’un combat vieux de plusieurs siècles, pour ne pas dire plusieurs millénaires. Les droits et libertés qui sont aujourd’hui les nôtres nous apparaissent le plus souvent nimbés de cette évidence incontournable que l’on accorde aux acquis jugés intouchables. Mais est-ce bien le cas ? Le danger ne résiderait-il justement pas dans une confiance aveugle qui confinerait à une méconnaissance, voire une indifférence, à l’égard de la démocratie et ce qu’elle représente réellement ?
Posons-nous dès lors la question : qu’est-ce que la démocratie ? Beaucoup se contentent de la définir comme un système politique par lequel le peuple (demos, en grec) exerce le pouvoir (kratos). Certains, plus précis, pointent plusieurs caractéristiques politiques propres au régime démocratique, telles que le pluripartisme, la séparation des pouvoirs ou la tenue régulière d’élections. D’autres encore insistent sur les droits et libertés inhérents à la démocratie, comme le droit de vote, la liberté d’opinion, la liberté de la presse, etc.

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Nous sommes au tout début d’un immense chantier… (Le mot du président)

Pétry, Pierre
n°37, juillet-septembre 2006

Dans le dernier “Mot du président”, nous invitions le bienveillant lecteur à participer le plus intensément possible aux nombreuses activités organisées ou co-organisées autour du 8 mai, l’engageant du même coup à « Oser la démocratie ». Nous l’avons expliqué en détails, cet objectif plus large courra jusqu’aux élections et vise davantage la valorisation de la démocratie qu’une lutte…frontale contre l’extrême droite. Ces activités très diverses ont toutes été un succès de participation et, espérons-le, de conscientisation. L’une d’elles doit être mise en exergue ne fut-ce que parce que le public cible était très spécifique.
A quelques mois des élections, le colloque du 8 mai a été consacré aux jeunes et plus spécifiquement aux « néo et primo - votants ». Ce jour là, plus de 350 jeunes en fin d’enseignement secondaire, ont « questionné » le fonctionnement de notre démocratie à travers la parole d’un panel de spécialistes.
Avouons-le, nous étions perplexes. Ne dit-on pas régulièrement que la jeunesse se détourne du politique voire même le rejette, pourrait même être tentée par les solutions simplistes proposées par les droites extrêmes ? Que nenni !
Nous aurions pu relater ici les thématiques abordées, le sérieux des questions posées par les jeunes, l’intérêt des réponses des débatteurs ou encore leur embarras quand manifestement l’argumentation ne satisfaisait pas un public bien décidé à faire valoir une valeur essentielle de la démocratie : la liberté d’expression. L’enseignement de cette journée aura été sans doute celui-là, le sentiment d’une confrontation positive avec un groupe de jeunes sensibles et attentifs aux grands problèmes sociaux et politiques de l’époque, donc plus citoyens que nous ne l’imaginions.

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