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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide mémoire 36

Editorial : Le premier amendement du Bill of Rights...

Jamin, Jérôme
n°36, avril-juin 2006

am36Le premier amendement du Bill of Rights (la déclaration des droits) de la Constitution américaine stipule que le Congrès « ne fera aucune loi qui touche l’établissement ou interdise le libre exercice d’une religion, ni qui restreigne la liberté de la parole ou de la presse, ou le droit qu’a le peuple de s’assembler paisiblement et d’adresser des pétitions au gouvernement pour la réparation des torts dont il a à se plaindre ». Si ce texte peut sembler parfois complètement décalé de la réalité aux Etats-Unis, il a permis en plus de deux cents ans l’édification d’une culture de la libre expression qui présente un intérêt dans le contexte politique et médiatique européen de ces derniers mois, notamment vis-à-vis des limites qu’il faudrait ou non imposer à cette dernière.
Si le premier amendement peut paraître grandiloquent lorsque l’on pense au poids et au pouvoir extraordinaire des grands médias de masse dans ce pays face à la « libre parole » des « petits » citoyens, si ce texte a fait l’objet de pressions énormes durant la jeune histoire des Etats-Unis. Avec la menace rouge d’abord dans les années 20 ! Et puis avec le Maccarthisme et la Guerre froide hier qui vont briser des carrières et des vies, qui vont pousser à la paranoïa, à la méfiance et à la mise au pilori de tous ceux qui étaient soupçonnés de sympathie pour le communisme. Avec les attentats du 11 septembre aujourd’hui, les intimidations du gouvernement sur les médias, les journalistes et les défenseurs des droits de l’homme, et finalement le Patriot Act, un ensemble de dispositions qui ont sérieusement remis en question les libertés et les droits individuels. Malgré ces pressions, le premier amendement reste encore et toujours une arme efficace pour défendre la liberté d’expression aux Etats-Unis. Une arme dont le principe n’a pas toujours été compris par les Européens comme a pu l’illustrer une affaire douloureuse et difficile au début des années quatre-vingt.

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La lutte contre le terrorisme : La démocratie contre elle-même !

Croughs, Jean-Marc
n°36, avril-juin 2006

am36 lutte_contre_terrorismeLa lutte contre le terrorisme est-elle incompatible avec les Droits de l’Homme ? Devant les soupçons d’existence de prisons secrètes de la CIA en Europe, et face au procédé des « restitutions extraordinaires », le Conseil de l’Europe a publié un premier rapport très documenté1, un texte qui laisse deviner de futurs rebondissements dans ce domaine en Europe et aux Etats-Unis.
L’existence éventuelle de prisons secrètes ne constituerait qu’une part du procédé. Les « restitutions extraordinaires » peuvent donc impliquer l’arrestation ou l’enlèvement de suspects, leur transport par avion en utilisant aéroports et espaces aériens alliés, la détention dans des lieux secrets, ainsi que la remise aux autorités des pays d’origine ou de pays tiers2. Ils sont alors interrogés, avec ou sans l’aide d’agents américains, parfois libérés après interrogatoire, et rarement traduits en Justice, la question de la torture étant en arrière plan permanent. Le rapport détaille intégralement un cas exemplaire survenu en Italie, où un suspect égyptien, alors surveillé par les Italiens, a été enlevé dans les rues de Milan par la CIA et livré aux Egyptiens pour être torturé. 3

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« Penser, c’est dire non » (Alain)

Starquit, Olivier
n°36, avril-juin 2006

En débat 
L’article de François Gemenne (« Les contradictions d’un non. Regard sur une campagne référendaire » in La Revue Aide-mémoire, 35, Janv.-Mars 2006, pp. 1 -2) a suscité plusieurs réactions. Parmi ces dernières, nous publions deux textes qui retiennent notre attention. Le premier est d’Olivier Starquit (le Coordinateur des Amis du Monde diplomatique de Liège), le deuxième qui sera publié dans le prochain numéro est signé par Englebert Renier, mandataire d’Attac-Liège.

  
Par ce court texte, je souhaite réagir à l’analyse par François Gemenne de la campagne référendaire parue dans le numéro précédent de La Revue Aide-Mémoire1.Pour lui, entre autres considérations, le non de gauche se caractérisait par la préférence nationale.
On frise l’amalgame lorsque l’on lit « qu’extrême gauche et extrême droite défendaient la position contraire2» à la « position commune de la gauche et de la droite modérées ». J’eus préféré lire qu’elles défendaient des positions différentes de celles de ces partis modérés et distinctes les unes des autres.
Un autre reproche est du ressort de la prophétie qui s’autoréalise : si Fabius et Le Pen se retrouvaient côte à côte sur les plateaux de télévision, c’est plus le résultat de choix volontaires et conscients des faiseurs d’opinion médiatiques que du libre choix des intervenants.
De même si les partisans du non expliquaient que le non de gauche n’avait rien à voir avec celui de droite, c’était principalement pour répondre aux attaques frontales des commentateurs politiques qui voulaient précisément les enfermer dans cette position, laissant ainsi peu de temps3 au non de gauche pour développer les alternatives dont l’absence est précisément dénoncée par François Gemenne : pour rappel, la question qui était posée était de se prononcer par rapport à un texte.

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Boomerang … une semaine citoyenne particulièrement riche !

Colombini, Déborah
n°36, avril-juin 2006

Le devoir de mémoire au service de la démocratie : un groupe de jeunes placés en famille d’accueil participe à une semaine citoyenne.
Au programme, diverses activités d’information et de sensibilisation.
Le congé de carnaval fut riche en émotion pour une trentaine de jeunes placés en famille d’accueil. En effet, ces adolescents, âgés de 13 à 18 ans, ont manifesté un intérêt particulier pour la citoyenneté et se sont donc engagés à participer à une semaine citoyenne organisée par l’A.S.B.L. La Porte ouverte, Association des Familles d’Accueil de la Communauté Française de Belgique, et par l’A.S.B.L. Les Territoires de la Mémoire, Centre d’Education à la Tolérance et à la Résistance.
Provenant d’horizons différents mais unis par leur parcours atypique, ces jeunes ont entamé leur stage le dimanche 26 février au domaine provincial de Wégimont avant de gagner l’Alsace le mercredi 1er mars pour y visiter le camp de concentration du Struthof, situé à environ 50 km au sud-ouest de Strasbourg.
Le programme d’activités proposé allait se décliner en six jours. Le spectacle « La Bête n’est pas morte », joué le dimanche 26 février en fin d’après-midi, fut le point de départ. Dans cette pièce, Antoine Patigny, conteur d’envergure, rappelle les horreurs de la Deuxième Guerre mondiale à travers le texte autobiographique de Jean Jacobs, un adolescent belge de quatorze ans arrêté par la Gestapo en 1942. Au terme de la représentation, Monsieur Paul Brusson, rescapé du camp nazi de Mauthausen, en Autriche, apporte son témoignage. Pour l’occasion, le Président du parlement de la Communauté française, Jean-François Istasse, grandement intéressé par la thématique, nous a fait l’honneur de sa présence.

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Aux actes citoyens, engageons-nous… (le mot du président)

Pétry, Pierre
n°36, avril-juin 2006

Le 20 mars dernier, l’asbl Les Territoires de la Mémoire organisait son Assemblée générale annuelle, conviant ainsi ses membres à approuver une saine gestion administrative et financière mais aussi - et surtout – l’adéquation réalisée des objectifs et des activités menées au cours de l’année 2005. Chacun s’en souvient, la commémoration du 60ème anniversaire de la libération des camps d’extermination et de concentration nazis, en présence d’amis rescapés, a constitué l’événement majeur qui a mobilisé avec grande réussite tout l’effectif des Territoires de la Mémoire. Je salue encore l’efficacité professionnelle et l’enthousiasme de chacun.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes et prouvent à ceux qui en douteraient encore que, aux Territoires de la Mémoire, on passe quotidiennement de la parole aux actes. Durant 2005, l’ensemble de nos activités (Parcours symbolique, expositions, centre doc, manifestations diverses, …) a concerné pas moins de 44.000 personnes dont 12.500 (essentiellement des jeunes) pour la visite du seul Parcours symbolique ! Des chiffres encore pour mettre en exergue les 80 communes et CPAS qui, en Province de Liège et au-delà, sont devenus « Territoire de Mémoire » s’engageant ainsi à mener des activités similaires pour s’opposer à tous ceux qui veulent porter atteinte aux libertés et à la démocratie.
Tout baigne pourrait-on dire….et pourtant rien n’est gagné ! Plusieurs inconnues ressourcent en permanence nos angoisses et inquiétudes. Les médias nous rapportent une réalité difficile à appréhender positivement en termes d’avenir, surtout pour les plus jeunes. Crise socio-économique et désorientation des personnes, excès intégristes, manifestations racistes, homophobes, scandales politico-financiers multiples, … pourraient bien aboutir à un effet d’accumulation incitant les citoyens à se détourner des voies démocratiques pour leur préférer les propositions simplificatrices et populistes de l’ extrême droite ou des autres mouvements liberticides. Les prochaines élections sont proches et la démocratie pourrait bien en faire les frais dans certaines régions pour lesquelles des sondages sérieux semblent corroborer nos inquiétudes (ex : Charleroi, entre 15 et 20% !).

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