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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide mémoire 32

Editorial : "Dans la pensée dite «primitive»..."

Jamin, Jérôme
n°32, avril-juin 2005

am32Dans la pensée dite «primitive», étudiée entre autres par les ethnologues, il n’est pas rare qu’un sujet, un individu, un homme soit systématiquement associé à une ou à plusieurs de ses caractéristiques, à ses actes concrets, à ses habitudes ou encore à son apparence. Et dans les faits, ce sujet est même très souvent réduit à l’ensemble ou à une partie de ces derniers. Dans l’esprit de ceux que l’on appelle les « primitifs », il est presque banal qu’un individu, un animal ou une communauté soit enfermé, circonscrit, limité à un ou à plusieurs de ses attributs. C’est même un trait, une marque de fabrique spécifique de la pensée « primitive » de réduire systématiquement tel sujet, tel homme ou telle tribu à une partie de ce qui le détermine. Ainsi, en prenant un exemple trivial mais contemporain, on peut affirmer avec ce qui précède que la pensée « primitive » réduirait aujourd’hui un individu portant un pantalon bleu à ce seul pantalon, et peut être aussi à sa couleur. Elle affirmerait l’identité, l’unité du sujet et de son prédicat, de l’homme et de son pantalon. Les « primitifs » réduiraient aujourd’hui l’homme blanc à sa seule couleur ou à ses actes, en identifiant le sujet et son attribut immédiatement perceptible (la couleur de peau en l’occurrence ou son action concrète), ils identifieraient par exemple les Chrétiens ou les Musulmans à leurs croyances et à leur religion, sans s’embarrasser des autres dimensions qui font et déterminent ces derniers en tant qu’êtres humains.

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Michael Moore et la démocratie américaine

Gemenne, François
n°32, avril-juin 2005

am32 michael_moore_democratie_americaineComme souvent, lorsque l’on assiste à la cérémonie des Oscars, la surprise se situe autant dans la liste des gagnants que dans celle des absents. La 77ème nuit des Oscars, qui s’est tenue ce 27 février à Los Angeles, n’a pas échappé à la règle, et sans doute glosera-t-on encore longtemps sur les déboires de Martin Scorsese, une nouvelle fois reparti les mains vides. La plus grosse surprise venait pourtant d’un absent : Michael Moore. Son documentaire, « Fahrenheit 9/11 », qui a pourtant rapporté 222 millions de dollars de recettes dans le monde, ne faisait l’objet d’aucune nomination. Pas même dans la catégorie du meilleur documentaire.
Michael Moore avait pourtant remporté cette récompense en 2002, pour son précédent documentaire, « Bowling for Columbine ». Et « Fahrenheit 9/11 », fort d’un important succès au box-office et d’une Palme d’Or à Cannes, paraissait bien parti pour rapporter à son auteur une deuxième statuette. Il n’en fut rien. Qu’est-ce qui explique l’absence de Michael Moore ? La crainte de le voir rééditer son discours de 2002, lorsqu’il dénonça violemment la politique de Bush en recevant son Oscar ?
Il est plus vraisemblable que les membres de l’Académie aient considéré que le film de Michael Moore était davantage une œuvre de propagande politique qu’un documentaire. J’incline à penser qu’ils ont eu raison. J’ai vu « Fahrenheit 9/11 », et je dois reconnaître que j’ai passé une bonne soirée. Mais je n’ai pas le sentiment d’avoir vu un documentaire, mais plutôt un efficace film de propagande. Le but de Michael Moore était clair et tout à fait assumé : il ne s’agissait pas de réaliser un documentaire sur la présidence de George W. Bush, mais bien de décrédibiliser celui-ci et de peser ainsi sur la campagne électorale. « Fahrenheit 9/11 » n’est pas le film d’un documentaliste, mais celui d’un activiste politique, celui d’un opposant à Bush.

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Les Territoires de la Mémoire a l’initiative d’un ambitieux projet citoyen en plein cœur de l’Eurégio

Marchal, Philippe
n°32, avril-juin 2005

am32 projet_citoyen_euregioDu Centre d’Education à la Tolérance et à la Résistance à MNEMA…la Cité Miroir
Lors de la séance du Conseil Communal du mercredi 15 décembre dernier, la Ville de Liège a approuvé, la proposition de rénovation des Bains de la Sauvenière déposée par l’asbl Mnema. Fermé depuis de nombreux mois pour des raisons de conformité et de sécurité, ce bâtiment va enfin renaître en un vaste complexe entièrement dédié au travail de mémoire et à la citoyenneté
Espace de citoyenneté
La ville est un lieu particulièrement approprié pour encourager l’expression de toutes les formes de citoyenneté. Liège est un important centre urbain de la Communauté francophone de Belgique située au cœur de l’espace EUREGIO (avec les Pays-Bas et l’Allemagne).
Au regard de la richesse de son passé historique, Liège est très attachée à la Liberté et a toujours été une terre de Résistances.
Ce n’est sans doute pas un hasard si une initiative novatrice et originale y a vu le jour en 1993. En effet, les « Territoires de la Mémoire », Centre d’Education à la Tolérance et à la Résistance sont nés de la volonté de combattre les résurgences fascistes d’aujourd’hui par l’évocation des dangers du totalitarisme nazi de et de l’horreur des camps de concentration et d’extermination du IIIème Reich.
Cette initiative éducative remporte un succès grandissant et répond ainsi à une véritable attente de tous les acteurs éducatifs soucieux de transmettre les valeurs démocratiques aux jeunes générations. La rencontre de cet objectif revêt un acuité particulière dans une actualité européenne et belge qui rappelle ce que nous considérions imprudemment comme définitivement aboli. Les idéologies de la haine sont à nouveau très actives et leur progression incessante doit nous convaincre qu’il est urgent de poser des actes concrets de résistance s’inscrivant dans le long terme. Il est donc temps de réagir avec plus de force encore en élargissant notre action.

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Le mot du président : "Nous continuerons pendant quelques mois encore à franchir le « cap des 60 ans »"

Colin, Charles
n°32, avril-juin 2005

Nous continuerons pendant quelques mois encore à franchir le « cap des 60 ans » qui nous séparent maintenant de la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Nous continuerons à évoquer les morts, les fusillés, les torturés, les disparus des chambres à gaz et des fours crématoires, les victimes des bombardements aveugles, les otages exécutés…
Nous nous joindrons encore aux derniers Résistants, aux derniers survivants des camps de concentration, des camps d’extermination, lors de cérémonies d’anniversaires, lors des commémorations qu’ils organisent… Et nous serons modestes, tristes d’avoir été des enfants, tristes d’avoir été trop jeunes, entre 40 et 45, pour prendre les armes et nous battre, nous aussi…
Nous continuerons à répéter que le mal absolu qui a régné entre 1940 et 1945 ne mérite aucun pardon, aucun oubli, aucune « atténuation ». Et nous répéterons qu’il faut le célébrer, ce cap du soixantième anniversaire de la libération des camps, guidés par le profond respect, par notre profonde reconnaissance envers tous ceux qui furent les victimes, aussi variées qu’elles aient pu l’être, de la barbarie nazie.
Mais il faut aller plus loin.

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Pssst !

n°32, avril-juin 2005

am32 pssstL’Atelier Théâtral du « 8 mai» a beaucoup de choses à dénoncer dans son nouveau spectacle!

Pour son quatrième spectacle, l’Atelier Théâtral se penchera sur un fléau qui toucha particulièrement la Seconde Guerre mondiale mais qui a malheureusement toujours existé : la délation.Les 17 comédiens issus de l’Enseignement communal liégeois présenteront un spectacle qui ne manque pas d’originalité.
Cette année, les étudiants de l’Enseignement communal liégeois ont choisi de parler de la délation, phénomène peu traité mais extrêmement lourd de conséquences sous l’occupation allemande.
Entre 1935 et 1945, des millions de personnes furent dénoncées par des voisins, amis, collègues, et même par des membres de leur famille parce qu’ils étaient résistants, Juifs, communistes, etc. Les motivations des délateurs étaient multiples : haine, intérêt, jalousie, patriotisme,…
Cette création inspirée de films tels que «Rome, ville ouverte», «Uranus» ou encore «les Choristes» tente de nous plonger dans l’ambiance particulière de cette terrible époque, de montrer quelles étaient les relations entre les gens et de comprendre les motivations des délateurs et leurs craintes d’être dénoncés.
Ce spectacle ne ressemble pas aux précédents (Propaganda, Influentia, Werra) car il est un mélange habile de jeu dramatique et de technique cinématographique alternés de manière synchrone. Pour ce faire, les acteurs ont tourné au préalable des séquences dans les rues de Liège qui seront diffusées lors des 9 représentations.
Le spectateur sera plongé dès son entrée dans la salle des Chiroux dans l’ambiance de la Seconde Guerre mondiale.
L’expérience acquise grâce à ces quatre années de travail consécutives procure à ce spectacle des qualités incontestables. En effet, on constate chaque année un professionnalisme sans cesse grandissant tant au niveau du jeu des acteurs qu’au niveau de l’écriture des textes.
Talentueux et émouvants, les acteurs liégeois promettent cette année encore d’en surprendre plus d’un.

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