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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

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Editorial : Lorsque le pouvoir est bien réparti...

Jamin, Jérôme
n°31, janvier-mars 2005

am31Lorsque le pouvoir est bien réparti, et qu’il est en quelque sorte dans les mains du plus grand nombre, ou de ses représentants, le miracle démocratique a lieu, il affirme la confiance entre le peuple et les élus et affiche une grande proximité entre ces derniers. Lorsque les opportunités sont bien distribuées et que chacun a sa chance, lorsque l’accès aux postes de pouvoir pour tous est une réalité, que les responsabilités sont clairement établies, et que les tâches des uns et des autres sont connues, le système démocratique fonctionne, et d’aucun cherche à le perfectionner, naturellement !
Un des problèmes de la démocratie belge réside dans son jeune système fédéral qui offre en apparence une grande proximité entre les citoyens et leurs élus mais qui en même temps, et presque de façon mécanique, rend de plus en plus difficile l’exercice effectif du pouvoir. Un système qui brouille la perception des responsabilités et surtout les différences programmatiques entre les formations politiques. Si l’électeur wallon peut voter au niveau communal, provincial, communautaire, régional, national et européen, (autant de formes de participation politique, autant de moyens pour avoir « son mot à dire »), il peut aussi se perdre dans un système qui multiplie les élus et les niveaux de pouvoir, et qui dilue fondamentalement les responsabilités des uns et des autres au rythme de la multiplication des postes ministériels, des coalitions entre partis politiques, et des partenariats entre gouvernements, collèges et autres députations permanentes.

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Médias, médiocratie et extrême droite

Bachelet, Jean-François
n°31, janvier-mars 2005

Alors que l’on dira de l’extrême droite qu’elle repose sur une idéologie simplificatrice et simpliste ! Qu’elle s’appuie sur des caricatures et cultive des stéréotypes à des fins de manipulation d’un électorat défavorisé, peu cultivé ou mal informé ! Que penser de cette « démocratie de marché « que la société de communication nous vend tous les jours comme un produit, au rythme de ses slogans minimalistes ?
Je n’ai jamais été aussi inquiet pour l’avenir de notre prétendue société de progrès depuis le passage de Jean-Marie Le Pen au 2e tour des élections présidentielles françaises. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas la réduction simpliste, mercantile et courte de vue par les médias de masse du Front national à l’imagerie facho-nazillonne, pas de l’oie, chemise noire et crâne rasé qui m’a effrayé. Les Le Pen, De Winter et autres Haider se fondent parfaitement dans les représentations contemporaines acceptables des hommes d’action du business et de la politique. En revanche, l’argumentaire de l’homme de la rue, et en particulier des jeunes interrogés au moment de l’appel à la mobilisation en faveur de Jacques Chirac était d’une pauvreté stupéfiante. Je n’ai pu m’empêcher d’y percevoir un indice de l’insensible transmutation de la démocratie en médiocratie. Car enfin, est-il concevable de faire basculer ainsi l’enjeu démocratique dans la pensée unique, dans la communication du slogan, de la formule toute faite, du marché de l’image et de sa consommation ? Peut-on se borner à faire du mot lui-même une invocation auto-suffisante ? Un parlement, un marché libéralisé aux mains de puissances financières davantage préoccupées par leurs actionnaires que par les sans-abri ou la sécurité sociale, un paysage audiovisuel et médiatique libéré de la politisation du service public mais servant des maîtres doublement intéressés par le pouvoir politique et le pouvoir financier, sont des éléments caractéristiques de la démocratie de marché dont la nouvelle extrême droite s’accommode très bien.

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Coke en stock ou stéréotypes en vrac

n°31, janvier-mars 2005

am31 coke_en_stockIl est assez rare de trouver des ouvrages capables d’aborder les thématiques du racisme, de la xénophobie et des préjugés de manière didactique et amusante. C’est pourtant ce pari que l’asbl Confédération Parascolaire par la plume d’Axelle Sassoye a réussi en décodant les représentations stéréotypées des Hommes dans l’univers de la bande dessinée.
Tout est mis en œuvre pour que les jeunes soient le moteur de la recherche proposée et de son analyse. L’objectif principal de l’étude est d’apprendre à « débusquer «, au détour d’un dessin ou d’un propos, et, parfois, là où ils s’y attendent le moins, les stéréotypes, qu’ils soient racistes, sexistes ou culturels et le racisme qui peut en découler.
Ce nouvel outil pédagogique mis à la disposition de l’ensemble des relais éducatifs comporte 3 parties : l’album des aventures de Tintin "Coke en Stock" par Hergé, le dossier "Préjugés et racisme dans la bande dessinée" - le livre de l’élève et le livre du maître.

Renseignements :
Confédération Parascolaire asbl
Campus de la Plaine ULB
CP 237 1050 BRUXELLES
Tél. : 02 627 68 50
Fax : 02 627 68 51
Courriel : confpara@ulb.ac.be
Internet : http://www.confede.laicite.be

Mots-clés : Education,Racisme,Recension
© Les Territoires de la Mémoire- Belgique

Le mot du président : Quelques mois seulement auraient suffi…

Colin, Charles
n°31, janvier-mars 2005

Quelques mois seulement pour mettre fin à l’inquiétude, que l’on aurait pu penser générale et durable, salutaire, même après les résultats enregistrés par le Front national et le Vlaams Blok aux dernières élections.
Quelques mois pour que le danger, si largement dénoncé par la majorité des femmes et des hommes politiques, s’estompe dans les discours et, craignons-le, dans les esprits, pour que les mandataires, le personnel et les sympathisants des deux partis racistes et liberticides reprennent, après les cris de joie que leurs résultats électoraux avaient libérés, leur grignotage, leur action, leurs revendications sur le terrain…
Sur la terrain, où rien n’a vraiment changé… Rien ? Si ! Le Vlaams Blok s’appelle maintenant le Vlaams Belang, ce qui permettra de gagner les voix de ceux qui accepteront de voir dans ce nouveau nom un signe de grande différence…
Rien ? Si, car Jean-Marie Dedecker, Sénateur VLD et candidat à la Présidence de ce parti libéral (auquel appartient le Premier Ministre de Belgique), proclame que l’on peut accorder le même traitement aux élus, membres et sympathisants du Vlaams Blok qu’à ceux des autres partis… Si, car un des derniers dimanches de l’année, confronté à des juristes, à un historien, à des femmes et des hommes politiques courageux, clairs dans leurs choix, décidés à interrompre la marche en avant du Vlaams Blok, cet homme, qui a réuni plus de 38 % des voix lors de l’élection du Président du VLD, a répété avec force, j’ose dire avec haine, que le Prince héritier n’avait rien à dire au Vlaams Blok, criant avec force un de ses slogans : « Que la Belgique crève ! ». 

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Plus personne ne s’intéresse à la politique

Croughs, Jean-Marc
n°31, janvier-mars 2005

Commentaire incontournable dès qu’on s’exprime sur le rapport des citoyens à la politique. Il expliquerait notamment la banalisation du vote d’extrême droite, qui ne serait donc pas un vote « politique « mais bien un acte de protestation. Mais de quelle « politique « parlons-nous ?

Désintérêt pour le monde politique
Dans notre société matérialiste et individualiste, l’investissement politique n’est plus la règle mais l’exception. Partis, associations et manifestations se désertifient et un jeune désirant s’engager dans un mouvement politique passe presque pour un excentrique. L’engagement semble devenu uniquement négatif, contestataire et individualiste. Demandez à un Bourgmestre comme le public est clairsemé lors des réunions préparatoires à un projet, tandis qu’il fera face à une foule hostile quand il s’agira de critiquer les décisions et d’exiger des résultats. Avec cette « politique par procuration «, les électeurs se déchargent de toute responsabilité, laissant le « sale boulot « aux professionnels.

Intérêt pour la chose publique
Pourtant, l’intérêt pour « la chose publique « est toujours présent, s’exprimant sous d’autres formes : une partie de la population semble toujours préoccupée par ses conditions de vie, par le monde qui l’entoure et est même parfois prête à se mobiliser. Sinon, comment expliquer la bonne audience des journaux télévisés, le succès d’opérations philanthropiques, la « marche blanche « ou les manifestations contre la guerre, etc ? Précisément, comment le rejet des partis « traditionnels « se transforme t-il en un vote pour des partis d’extrême droite, si tant de monde estimait réellement que la politique était superflue et impuissante ? Pouvons-nous encore assimiler ces votes à des votes blancs ou des abstentions, après 20 ans de victoires électorales néo-fascistes ? Au lieu de penser que tout est perdu, les gens semblent toujours espérer qu’il existe des solutions à leurs problèmes. Et plutôt que d’estimer que le Parlement et les lois sont superflus, ils semblent avoir très bien compris le rôle du politique : transformer la société. Evidemment, ce point de vue implique d’inquiétantes questions pour les démocrates : et si les votes racistes et sécuritaires reflétaient réellement l’envie d’une telle politique ?

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