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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide mémoire 30

Editorial : "La démocratie fait tacitement du lieu du pouvoir un lieu vide..."

Jamin, Jérôme
n°30, octobre-décembre 2004

am30La démocratie fait tacitement du lieu du pouvoir un lieu vide, elle établit qu’il n’appartient en droit à personne.

Claude Lefort

Si le régime totalitaire établit sa référence ultime sur l’idéologie et le culte du parti, ou du chef, si la dictature établit sa marche sur le despote et ses caprices, et parfois, et même souvent sur la religion (Franco, Salazar, Pinochet, etc.), si enfin la monarchie fonde son pouvoir sur la référence à Dieu, et à son représentant sur terre, la démocratie, elle, s’affirme au rythme du changement et de l’alternance politique, compte tenu de sa population et du choix de ses élus. Le régime démocratique fait ainsi du pouvoir un lieu vide, un lieu susceptible d’être occupé, temporairement, par les uns et par les autres, avec leurs objectifs, leurs programmes et leurs croyances. Le fondement de la démocratie, c’est donc son absence de fondement1. La référence ultime du régime démocratique, c’est le néant, le vide, le chaos, le changement, l’instabilité. Autant de qualificatifs qui révèlent cette formidable entreprise livrée à la richesse et à la créativité des hommes, souverains. Autant de concepts qui affichent une aventure périlleuse liée parfois aux desseins les plus sinistres de l’être humain!
Le lieu vide du pouvoir est l’objet de toutes les convoitises. Une fois occupé, nombreux sont ceux qui trouvent des stratégies pour ne plus en être délogés. On a vu hier en Allemagne et en Italie des partis prendre le pouvoir pour ensuite dissoudre les institutions démocratiques et sceller ainsi leur présence, définitive, aux commandes du pays. On observe aujourd’hui le succès de partis d’extrême droite qui refusent l’alternance et le pluralisme politique, qui rejettent la tolérance et le respect de l’autre. On assiste aujourd’hui, impuissant, au pouvoir d’un président américain qui utilise le terrorisme pour justifier sa réélection, et à plus long terme, l’installation durable de la droite réactionnaire aux commandes de la Maison blanche.

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Le cordon sanitaire autour du Vlaams Blok

Morel, Jean
n°30, octobre-décembre 2004

La lutte contre l’extrême droite est-elle légitime ? Cette interrogation mérite-t-elle d’être soulevée ? Autant la question de l’opportunité est ouverte à discussion, autant la nécessité d’une réaction paraît évidente : si chacun s’accorde sur l’obligation de combattre l’extrême droite, les quelques moyens évoqués sont loin de faire l’unanimité.
Parmi le panel des stratégies proposées, le cordon sanitaire est l’une des plus controversées. Considéré par ses détracteurs comme un système anti-démocratique, il est présenté par ses partisans comme le garant de la démocratie. L’essentiel du débat tient dans la mise en oeuvre d’une telle mesure. Simple citoyen ou prétendu spécialiste, chacun y va de son commentaire. Les propos sont multiples, mais personne apparemment ne détient la panacée. Et c’est bien là que se situe le nœud du problème : que faire face au phénomène de l’extrême droite ?
Dans notre pays, faisant suite à la stratégie du silence, l’idée d’un cordon sanitaire autour du Vlaams Blok fut concrétisée en 1989 à l’instigation de la gauche flamande. Depuis lors, de nombreuses chartes et autres conventions en ont permis une application constante. Néanmoins, l’analyse de la notion fluctue régulièrement en fonction des objectifs et autres usages qui y sont associés. Ainsi, deux courants majeurs se dégagent aujourd’hui quant à l’acception de ce cordon : une première vision, minimaliste, insiste sur le caractère éthique ; une seconde, plus large, l’assimile à un moyen de lutte contre le Vlaams Blok. «Idéalistes » et « opportunistes » se rejoignent toutefois dans une même volonté de contrer l’extrême droite.
Un tel accord n’est certes pas sans conséquence. Les effets voulus ou non voulus sont nombreux et difficilement maîtrisables. Ainsi, le cordon sanitaire, en barrant l’accès aux différents gouvernements, enlève toute possibilité aux membres du Vlaams Blok de bénéficier d’un effet « bonus ». Une présence au sein d’un quelconque exécutif accroît en effet immanquablement la portée médiatique d’un parti. Ce confinement politique engendre cependant d’autres conséquences, plus néfastes.
D’une part, l’absence de prise directe dans le processus de gouvernement n’empêche nullement ce parti d’influencer les différentes politiques. Derrière chaque enjeu, les différents mandataires ressentent la pression du Vlaams Blok. Il est parfois difficile d’y résister. D’autre part, la volonté d’isolement rend délicat l’exercice de certaines pratiques démocratiques : alors que l’une des premières vertus de la démocratie est le dialogue, certains thèmes comme l’immigration et la criminalité se voient relégués au rang de tabous. Ces deux sujets sont en effet devenus « chasse gardée » du Vlaams Blok.

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En ligne

Recloux, Michel
n°30, octobre-décembre 2004

Nous avons déjà eu l’occasion de présenter, dans cette revue, la médiathèque des « Territoires de la Mémoire » (voir Aide-Mémoire n°19 - octobre / novembre / décembre 2001) et de souligner son importance dans le développement de notre action. Véritable Centre de documentation multimédia, cet outil au service de tous les membres et des visiteurs permet de consulter de nombreux ouvrages, documents, reportages télévisés, films, et autres supports… et de les emprunter, d’effectuer des recherches, de préparer des activités d’apprentissage et d’obtenir des éléments de réponse à propos de questions faisant référence à notre mission d’éducation à la Tolérance et à la Résistance.
Voici quelques sections pour lesquelles une documentation particulièrement fouillée est disponible : témoignages traitant des génocides du XXè siècle et autre massacres de populations, ouvrages pédagogiques sur la démocratie, essais sur l’extrême droite et analyses du racisme, critiques géopolitiques, catalogues de musées, livres pour la jeunesse et revues spécialisées, films de fiction et cédéroms sur les Droits de l’Homme...
La médiathèque est le complément indispensable à la visite du Parcours symbolique sur la déportation dans les camps de concentration et d’extermination. A l’issue de la mise en situation particulièrement émouvante que constitue ce Parcours, beaucoup d’interrogations et de réflexions attendent une explication ou réclament une analyse plus approfondie. Pourquoi continuer à évoquer le souvenir et la Mémoire des victimes du nazisme ? Peut-on vraiment tirer les leçons de l’Histoire ? Comment lier le travail de Mémoire et le devoir de connaissance à la lutte contre les extrémismes d’aujourd’hui ? Comment traduire concrètement l’éducation à la citoyenneté ? Quelles sont les valeurs à défendre pour contribuer à la construction d’un monde plus humain ?
La médiathèque des « Territoires de la Mémoire » offre aussi la possibilité de faire des recherches sur Internet.

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Une campagne contre l’extrême droite... et après ?

Marchal, Philippe
n°30, octobre-décembre 2004

Comment ? La campagne « Voilà où mène la haine… » menée conjointement avec le Centre d’Action Laïque de la Province de Liège (et quelques acteurs associatifs locaux) n’a pas permis d’éradiquer l’extrême droite du paysage politique de notre pays !
Pourquoi cette action véhiculant pourtant un message sans ambiguïté et présentant un visuel aussi interpellant n’a-t-elle pas été en mesure de convaincre celles et ceux, trop nombreux qui ont, cette fois encore, été séduits par l’idéologie haineuse prônée par des partis liberticides et dont le but, parfois ouvertement avoué, est de porter atteinte à notre fonctionnement démocratique ?
A quoi sert donc d’affirmer que les partis d’extrême droite sont dangereux et définitivement inacceptables ? Et pourquoi rappeler sans cesse que la banalisation est la plus insidieuse des acceptations ?
On aura tout entendu : que notre action était inefficace, que la provocation à l’affiche avait encouragé et renforcé la conviction des électeurs tentés par l’expérience extrémiste, que le principe même du suffrage universel était à revoir et que les résultats du dernier scrutin régional auraient été bien différents si l’on accordait plus le droit de voter à l’ensemble des citoyens concernés mais uniquement à ceux qui en sont « dignes » !
Et puis après tout et dans une perspective stratégique d’apaisement ou d’élimination, serait-ce vraiment prendre un risque de voir les élus des partis extrêmes participer au pouvoir ?
C’est vrai, ces dernières élections nous ont laissé un goût très amer. La plupart des démocrates de ce pays s’inquiètent à juste titre de cette poussée progressive et quasi constante de l’extrême droite. Face à ce phénomène de plus en plus alarmant, nous sommes démunis et nous nous demandons comment réagir ?

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Le mot du président : Un moment d’émotion... mais !

Colin, Charles
n°30, octobre-décembre 2004

Tous les membres du Centre d’Action Laïque de la Province de Liège et des Territoires de la Mémoire sont heureux et fiers : nos deux associations viennent de se voir récompensées pour le Prix Condorcet Aron pour la campagne contre l’extrême droite qu’elles ont initiée et menée ensemble au cours des mois qui ont précédé les élections. Certes, chacun a pu, au cours de cette période, apprécier la force, l’engagement et le courage de notre combat. Mais cette reconnaissance officielle, et par un jury aussi qualifié, constitue pour nous un vrai moment de bonheur et un encouragement majeur à poursuivre notre lutte.
Nous savons certes que notre lutte doit être poursuivie. Elle le sera. De plusieurs façons.
De toutes les façons utiles, efficaces…
Nous poursuivrons avec force, avec ferveur, notre action envers la jeunesse. Nous l’étendrons, même. Car la jeunesse est l’enjeu majeur de notre combat : ce sont les électeurs de demain, les décideurs de l’avenir. Ils méritent d’être informés. Et ils le seront, toujours davantage.
Plus de soixante Communes, en adhérant aux Territoires de la Mémoire, ont la possibilité de proposer à tous leurs élèves de sixième primaire de venir visiter les expositions, de découvrir le Parcours symbolique, de voir nos films, de se familiariser avec la richesse de notre médiathèque. Ces communes deviennent toujours plus nombreuses et, de surcroît, choisissent le plus souvent de montrer nos diverses expositions en leurs locaux. Nous pouvons être fiers de ce résultat. Mais ce n’est pas assez ! Il faut donc que plus de Communes encore nous rejoignent, deviennent « Territoire de Mémoire » Et ainsi, de Commune en Commune…
Nous continuerons à alerter le monde politique. D’abord, afin qu’il n’accepte aucune tolérance envers les élus du Front National ou du Vlaams Blok.
Il faut qu’aucun membre d’un parti démocratique ne s’autorise la moindre compromission envers les élus du Front National ou du Vlaams Blok.

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