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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide mémoire 26

Editorial : "si tu veux une image du futur..."

Jamin, Jérôme
n°26, octobre-décembre 2003

am26"Si tu veux une image du futur, imagine une chaussure qui écrase la tête d'un homme. pour toujours !"
(Georges Orwell 1984)

George Orwell aurait eu 100 ans cette année. L'auteur de 1984 restera incontestablement dans les mémoires comme celui qui a le mieux décrit la réalité du totalitarisme et de ses aboutissements les plus excessifs. A droite comme à gauche, même chez les extrémistes, tout le monde s'accorde aujourd'hui pour évoquer le monde effroyable et délirant de Big Brother lorsqu'il faut dénoncer et stigmatiser les atteintes à nos libertés fondamentales.
1984 raconte l'aventure de Winston qui comme beaucoup d'autres ne supporte plus le contrôle ahurissant et continu de ses faits, gestes, paroles et croyances par le parti unique et omnipotent, par la terrible Police de la pensée. Un Winston qui ne se résigne pas à vivre en permanence avec un " télécran " qui capte tous les sons qu'il émet au-dessus d'un chuchotement très bas et tous les gestes qu'il fait dans le champ de vision de " la plaque de métal " où il peut être vu aussi bien qu'entendu : " Combien de fois, et suivant quel plan, la Police de la Pensée se branchait-elle sur une ligne individuelle quelconque, personne ne pouvait le savoir. On pouvait même imaginer qu'elle surveillait tout le monde, constamment. Mais de toute façon, elle pouvait mettre une prise sur votre ligne chaque fois qu'elle le désirait. On devait vivre, on vivait, car l'habitude devient instinct, en admettant que tout son émis était entendu et que, sauf dans l'obscurité, tout mouvement était perçu1".

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Amin Dada, l'ancien tyran monstre de l'Ouganda est décédé à Djeddah de sa belle mort.

Ayad, Christophe
n°26, octobre-décembre 2003

Les amateurs de poésie apprécieront de savoir qu'Idi Amin Dada se proclamait "seigneur de toutes les bêtes de la Terre et de tous les poissons de la mer, vainqueur de l'impérialisme britannique" et aussi "dernier roi d'Ecosse". Ceux qui ne jurent que par les chiffres retiendront qu'Amin Dada a été neuf fois champion de boxe poids lourd d'Ouganda, qu'il mesurait 1,98 m pour 126 kg, a eu 43 enfants, ou 48, mais peu importe (on l'a surnommé "Big Daddy"), et qu'en huit ans de règne il a causé la mort de 100 000 à 300 000 Ougandais. Pour les amateurs de littérature, un seul livre, l'excellent Dernier Roi d'Ecosse de Giles Foden. Idi Amin Dada est mort avant-hier, à 78 ans, dans une clinique de Djeddah, en Arabie Saoudite, où il coulait un exil paisible. Il a été le dictateur le plus sanguinaire, le plus baroque et caricatural de l'Afrique postindépendante. Mobutu était mégalomane, Mengistu un meurtrier de masse, Bokassa un histrion mais nul, comme Amin Dada, n'a aussi bien incarné le fantasme du "roi nègre" et de ses turpitudes.
Recruté par les Britanniques.
Amin Dada est né, en 1925, dans le village de Koboko. Sa tribu, les Kakwas, vit dans la région d'Arua, une terre pauvre et retirée, aux confins de l'Ouganda, du Congo-Kinshasa et du Soudan : surnommés les "Nubiens" à cause de leurs origines nilotiques, ils sont musulmans, durs au combat et sans pitié. Abandonné par son père, Amin est élevé par sa mère, qui s'installe à Jinja, la deuxième ville d'Ouganda. C'est un "bayaye", un immigré de l'intérieur, un rejeton de l'exode rural. A 21 ans, son gabarit le fait repérer par les sergents recruteurs britanniques qui l'enrôlent dans le 4e bataillon du King's African Rifles. De 1952 à 1960, il participe pour le compte de la Couronne à la sanglante répression de la révolte des Mau-Mau, au Kenya voisin.
A l'indépendance de l'Ouganda, en 1962, il n'est que sergent-chef, le grade le plus élevé auquel peut accéder un native. Le Premier ministre Milton Obote, qui le juge inoffensif et limité, l'envoie parfaire sa formation en Grande-Bretagne et en Israël, où il suit un entraînement de para. Nommé chef d'état-major, Amin finit par renverser Obote, devenu président, lors d'un voyage à l'étranger le 25 janvier 1971. Il commence, avec ses fidèles, par épurer les casernes de tous ceux qui pourraient représenter une menace, en particulier les Acholis, l'ethnie de Milton Obote.

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Exposition Auguste Mambour...une initiative inacceptable !

n°26, octobre-décembre 2003

Communiqué de presse
La cité mosane honore cet artiste liégeois dans une rétrospective de ses œuvres tout en occultant son passé plus que douteux.
Lutter contre le mensonge et l'oubli, c'est notamment la mission de l'asbl " Les Territoires de la Mémoire ", Centre d'Education à la Tolérance et à la Résistance.
Il est vrai que certains reconnaissent à ce peintre liégeois du talent et une inspiration d'une certaine sensibilité.
Mais est-ce une raison suffisante pour passer sous silence les aspects sombres et peu glorieux d'un homme qui admirait le régime de l'occupant nazi pendant la seconde guerre mondiale ?
Est-il tolérable d'omettre de rappeler sa condamnation le 13 janvier 1945 par la Cour militaire de Liège, à une peine de 5 années de prison pour avoir servi la politique et les desseins racistes de l'occupant et participé à des associations pro-nazies ?
N'est-ce pas notre responsabilité de citoyens d'évoquer son implication dans la dénonciation de Jacques Ochs, le directeur de l'Académie des Beaux-Arts de Liège, emprisonné ensuite au fort Breendonck et condamné à mort ?
Auguste Mambour a notamment été privé de ses droits civils et politiques. Cette condamnation très grave ne peut pas être voilée par la seule qualité de l'artiste !

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Le mot du président : Le talent, passeport pour l'oubli ? Pour l'impunité ? Pour le pardon ?

Colin, Charles
n°26, octobre-décembre 2003

Ce serait sans doute un fructueux sujet de recherche que l'étude de la faculté si répandue aujourd'hui d'oublier ou de taire ce qui est gênant… Qu'il s'agisse de l'antisémitisme virulent exprimé dans les articles de presse par un auteur de romans policiers ou de la sympathie, de l'adhésion à l'égard de l'armée et des idées d'Hitler affichées par un peintre, le silence prudemment observé interpelle les consciences…
A moins qu'il s'agisse d'ignorance. Il est évident que pour certains, et pas seulement les plus jeunes, c'est bien d'ignorance qu'il s'agit. Il est vrai que le temps a passé et que l'on a peu insisté, ou pas du tout, depuis des années, sur les taches, pour nous indélébiles qui altèrent la personnalité et l'œuvre d'écrivains, d'artistes, de comédiens, de chanteurs compromis avec l'occupant. Qui aurait pu le faire ? Qui aurait dû le faire ? L'école d'abord. Les médias aussi et ceux qui ont en charge nos pays et sont les garants de la démocratie.
Quant à ceux qui savent, la plupart d'entre eux réprouvant les faits, ajoutent très vite qu'il faut distinguer l'homme et l'artiste, l'œuvre et les " opinions ". On connaît bien ce refrain… " Louis-Ferdinand Céline fut certes un antisémite1, il a certes, par haine, par rancœur, exprimé son mépris de la démocratie, son admiration pour le IIIème Reich… Mais quel grand artiste ! " Or il ne s'agit pas, en tout cas pas seulement, de faire à leur propos un travail de critique littéraire ou artistique. Il s'agit de se poser d'autres questions. 

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Auguste Mambour : artiste engagé ? Oui !

Glesener, Philippe
n°26, octobre-décembre 2003

Partout en ville des affiches et dans la presse un dossier : le même partout, reproduit invariablement, avec le même silence. Pourquoi en serait-il autrement ? On fait confiance … Toutefois.
Deux images fortes liées au nom de l'artiste, restent gravée dans la mémoire de ceux qui se souviennent et de ceux qui ont encore le souci de savoir.
La première, encore visible, encore palpable pour qui désire connaître ce qu'était le fort de Breendonck et ses conditions de détention entre 1940 et 1945. Une salle y est aujourd'hui entièrement réservée à la mémoire de Jacques Ochs, juif, et à ce titre déporté alors qu'il était Directeur de l'Académie des Beaux-Arts de Liège.
La deuxième évoque l'ambiance qui régnait à Liège après la Libération, lorsque l'appareil judiciaire s'occupa des collaborateurs. A l'époque, les deux véhicules cellulaires hippomobiles ne suffisaient pas à eux seuls pour assurer le transfert des détenus vers le Palais de Justice en vue de leurs auditions ou de leurs comparutions. De sorte qu'on pouvait les voir, menottes aux poings, enchaînés à deux gendarmes, arriver ou repartir vers la prison saint Léonard par Hors-Château, souvent sous les huées du public.
Ainsi en fut-il, le 22 novembre 1944 pour Auguste Mambour, affublé de surcroît d'un écriteau pendu à son cou où il était inscrit : " Je peins comme mon führer ", lorsqu'il rejoignit sa cellule après sa condamnation par le Conseil de Guerre à 5 ans de prison avec perte à perpétuité des droits civils et politiques. La Cour Militaire confirma la décision le 13 octobre 1945. Cela pour avoir à Liège, en 1940 et postérieurement à cette date :
n 1. participé à la transformation par l'ennemi d'institutions légales, ébranlé en temps de guerre la fidélité des citoyens envers l'Etat et sciemment servi la politique ou les desseins de l'ennemi ainsi que sciemment dirigé et pratiqué par quelque moyen que ce soit, provoqué, aidé ou favorisé une propagande dirigée contre la résistance à l'ennemi ou ses alliés.

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