am24

Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide mémoire 24

Editorial : "débattre de l'intégration, c'est définir la société idéale"

Jamin, Jérôme
n°24, avril-juin 2003

am24Le " débat " public sur l'intégration offre un aperçu passionnant des délires et des rêves les plus fous qui sommeillent dans l'esprit d'une bonne partie de la classe politique belge. La plupart des individus engagés dans ce dernier ne peuvent se mettre d'accord, échanger des points de vue, s'enrichir mutuellement et établir un consensus dans ce domaine car ils ignorent la nature exacte, le fond, la mise de départ qui sous-tend toute réflexion un tant soit peu constructive sur l'intégration. De cette manière, ils laissent la haine et les attaques personnelles prendre le contrôle d'un débat visiblement impossible sur un objet qui s'avère historiquement indéfini.
A la question centrale de " ce à quoi nous voulons collectivement nous intégrer ", le débat électoral lui a substitué la question secondaire de " la réussite ou de l'échec de l'intégration ". Ce faisant, il a transformé la recherche sur nous-mêmes en pourparlers dérisoires sur la prétendue faillite de cette dernière, balayant du même coup toute évaluation à son endroit (voir l'entretien avec Marc Swyngedouw en page 4). Il est en effet impossible d'établir un accord sur la définition de la " bonne société belge intégrée ", et donc de " l'intégration réussie ", sans avoir interrogé au préalable, et radicalement, notre identité et ses marqueurs d'appartenance, sans avoir établi un minimum de consensus sur la société idéale à laquelle nous voudrions appartenir. La prise de conscience de ce déplacement malheureux dans le débat politique qui précède les élections de mai ouvre les portes d'une solution à l'amiable et d'un consensus élaboré collectivement.

Lire la suite : Editorial : "débattre de l'intégration, c'est définir la société idéale"

Troubles de l'élection

Bachelet, Jean-François
n°24, avril-juin 2003

am24 troubles_de_lelectionVoici venir bientôt le printemps et le temps des élections législatives. Pour peu que le soleil s'annonce au rendez-vous le jour du vote, il y a fort à parier que le choix du citoyen se fera hors de l'isoloir. Jardiner ou voter, aller pêcher ou voter, jouer au foot, se faire bronzer, partir en week-end à la mer ou voter, laver la voiture, repeindre la chambre du petit ou voter…
Pour une partie de plus en plus importante de la population, la question ne se pose plus guère. Le caractère interchangeable des majorités et des programmes, les alternances prévisibles et le sentiment que la chose politique lui échappe de plus en plus seraient, semble-t-il, à l'origine de la démotivation de l'électeur. Les commentaires de l'homme de la rue vont généralement dans le même sens : voter ne sert à rien. Acte inutile, le vote devient simultanément synonyme de perte de temps et d'abus de confiance. Pourquoi sacrifier de précieuses heures de temps personnel et familial pour une démarche dont on ne perçoit plus sinon le sens, du moins la capacité à donner un véritable poids à la voix et à l'opinion individuelles dans le jeu démocratique ? Si mon vote ne change rien de fondamental à ma vie, je me donne bien davantage le sentiment d'exister en tondant ma pelouse ou en passant ce bel après-midi ensoleillé à la pêche (d'autant plus que, si ça se trouve, il pleuvra la semaine prochaine, alors autant en profiter…).

Lire la suite : Troubles de l'élection

Triste anniversaire !

Marchal, Philippe
n°24, avril-juin 2003

"Mercredi sera ouvert non loin de Dachau le premier camp de concentration …"



Claus Bastian, juge suppléant de Munich, est entré dans l'histoire du camp de concentration de Dachau comme premier détenu à titre préventif. Il a reçu le numéro 1 sur la liste des détenus1 Est-ce vraiment si important de rappeler 70 années plus tard l'ouverture d'un camp qui en annonçait bien d'autres ?

  
Aujourd'hui pourtant certains se demandent encore comment l'horreur d'une telle organisation a été possible. Aujourd'hui pourtant certains prétendent déjà que les chambres à gaz n'ont pas existé et s'emploient à minimiser l'ampleur des crimes nazis.
Les explications et les preuves ne manquent pourtant pas. L'histoire ne se répète jamais vraiment mais l'évocation de la réalité des lieux de concentration et d'extermination nazis est et reste indispensable si l'on veut éviter les errements du passé. Cette démarche n'est pourtant pas aisée car il n'est pas facile de tisser des liens pertinents entre certains événements sans tomber dans le piège des amalgames réducteurs et des analogies trompeuses.
Pour mémoire !
Au cours d'une conférence de presse le président de la police de Munich, Himmler2, a déclaré :
"Mercredi (le 22 mars 1933) sera ouvert non loin de Dachau le premier camp de concentration3. Il a une capacité de 5 000 personnes. Seront rassemblés ici tous les fonctionnaires communistes et - si nécessaire - les Reichsbanner4 et les sociaux - démocrates qui mettent en péril la sécurité de l'Etat étant donné qu'à la longue il n'est pas possible, et cela surcharge trop l'appareil d'Etat, de mettre ces fonctionnaires dans les prisons de la justice. Il s'est avéré qu'il n'est pas possible de laisser ces personnes en liberté étant donné qu'elles continuent leurs provocations et à semer le désordre. Dans l'intérêt de la sécurité de l'Etat nous devons prendre ces mesures sans tenir compte de considérations mesquines. La police et le ministère de l'intérieur sont convaincus qu'ils agissent ainsi pour l'apaisement de la population nationale tout entière et dans son sens."

Lire la suite : Triste anniversaire !

Le mot du Président : Dans un régime démocratique

Colin, Charles
n°24, avril-juin 2003

Dans un régime démocratique, les élections, à quelque niveau que se soit, constituent toujours un événement important.
Cette fois, nous sommes à la veille d'élections nationales qui revêtent une importance exceptionnelle, parce qu'elles comportent des risques que plusieurs pays européens ont déjà dû affronter.
Le risque majeur est évidemment l'émergence, le retour ou le renforcement de l'extrême droite.
Au plan le plus général, il est urgent que notre population tire les leçons de ce passé récent qu'ont connu des pays comme la France, la Hollande, le Danemark,…
Au plan particulier, il est urgent pour chacun, de comprendre que lutter contre l'extrême droite est d'abord son affaire et qu'il agisse en conséquence.
Lutter contre l'extrême-droite, c'est le rôle, le devoir de chaque parent.
C'est dialoguer avec les adolescents, avec les jeunes qui atteignent l'âge du vote. C'est leur rappeler sans cesse ce que devient une société où la démocratie n'est plus reconnue comme une valeur fondamentale indispensable, indiscutable ; c'est identifier devant eux les qualités essentielles de la démocratie et dénoncer les entorses qu'on lui a fait parfois subir, c'est ne pas laisser confondre la riche identité de notre système politique et la caricature qui en est parfois faite.
Lutter contre l'extrême-droite, c'est le rôle, le devoir des éducateurs, des enseignants, des " maîtres ".

Lire la suite : Le mot du Président : Dans un régime démocratique

Le Vlaams Blok et les élections fédérales

Swyngedouw, Marc / Jamin, Jérôme
n°24, avril-juin 2003

Si aujourd'hui la Wallonie semble peu concernée par l'extrême droite, tant au niveau des partis politiques et des leaders que sur le strict plan des intentions de vote, la Flandre connaît depuis plus de dix ans une évolution tout à fait différente. Le puissant Vlaams Blok aurait-il réussi à s'imposer durablement ?

Entretien avec Marc Swyngedouw

Spécialiste du Vlaams Blok, Marc Swyngedouw est professeur de sociologie et de science politique à la Katholieke Universiteit Leuven où il est directeur du "Institute for Social and Political Opinion Research".

Jérôme Jamin : Depuis plusieurs années, le Vlaams Blok possède des élus à tous les niveaux de pouvoirs en Belgique. Qu'en est-il exactement aujourd'hui, quelques semaines avant les élections fédérales de mai 2003 ?

Mark Swyngedouw : Les députés du Blok se trouvent essentiellement dans les grandes villes, notamment à Bruxelles, même si c'est une ville qui est majoritairement francophone. Ce phénomène est totalement opposé à ce qui se passait dans les années 30 où le fascisme était plutôt un phénomène rural. D'un point de vue général, on peut parler de plusieurs centres de gravité, dont notamment et principalement Anvers où le Vlaams Blok possède un peu plus de 30 pour cent des sièges, c'est-à-dire plus d'un tiers des sièges. Il y a ensuite Gand, Malines, Ostende et Beringen. Ces deux dernières villes étant celles qui ont le plus récemment été touchées par le succès du Vlaams Blok. 

Lire la suite : Le Vlaams Blok et les élections fédérales

Rejoignez-nous !

En savoir plus...

Soutenez nos actions

Soutenez les Territoires de la Mémoire en effectuant un don via Paypal

Plan d'accès

Contactez-nous

  • Territoires de la Mémoire asbl
  • Siège social
    Boulevard de la Sauvenière, 33-35
    4000 Liège
    accueil@territoires-memoire.be
    Téléphone : 04 232 70 60
    Fax : 04 232 70 65
  • N° d'entreprise
    453099470
453099470