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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide mémoire 18

Editorial : Evitons une hiérarchie entre les bons et les mauvais morts.

Jamin, Jérôme
n°18, juillet-septembre 2001

am18S'il est vrai historiquement que les terroristes ont souvent été des musulmans intégristes ou des islamistes comme on les appelle improprement, il est faux, grossièrement faux, de dire que les musulmans intégristes ont toujours été des terroristes. A fortiori, dans le même ordre d'idées, s'il est vrai que les terroristes sont souvent des musulmans intégristes, il est encore plus faux, encore plus grossier et plus injurieux de dire que tous les musulmans seraient potentiellement des terroristes. Cette association hâtive, fausse et banale, risque pourtant bien de ressurgir avec les attentats du World Trade Center et du Pentagone, interprétés par le président américain comme une lutte entre le bien (occidental) et le mal (musulman ou autre). En s'imposant, cette association expéditive nous obligerait à réduire également les autres communautés religieuses à leurs éléments les plus extrémistes, ce qui serait tout aussi absurde.
Dans un tout autre registre, s'il est vrai que les antisémites sont en général antisionistes, c'est-à-dire opposé à l'existence de l'Etat d'Israël, et par voie de conséquence aux pratiques de son gouvernement, il est faux, grossièrement faux, de dire que ceux qui s'opposent à l'Etat d'Israël, les antisionistes, sont systématiquement antisémites. A fortiori, dans le même ordre d'idées, s'il est vrai que les antisémites sont souvent antisionistes, il est encore plus faux et plus grossier de dire que ceux qui critiquent certaines pratiques du gouvernement israélien (sur les questions palestiniennes notamment) seraient antisémites.

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Déficit démocratique à Gênes

Jamin, Jérôme
n°18, juillet-septembre 2001

am18 deficit_democratique_genesMême s'il s'agit peut-être d'un pur hasard ou d'un simple concours de circonstances, il est néanmoins contrariant de ne pas faire un lien entre la composante d'extrême droite du gouvernement de Silvio Berlusconi et la répression d'une violence inouïe qui s'est abattue sur les manifestants pour une autre mondialisation réunis à Gênes en juillet dernier. Il est assurément difficile de ne pas associer le discours répressif, autoritaire, sexiste et xénophobe de Gianfranco Fini, d'Umberto Bossi et dans une moindre mesure de Silvio Berlusconi, aux multiples tortures et humiliations infligées par la police dans les casernes de Gênes. N'ayons pas peur des mots ! Obliger de jeunes manifestants (filles et garçons) à rester debout le corps en sang, front contre le mur, des heures durant, dans leurs propres excréments, aux rythmes des coups de matraques et des champs mussoliniens, c'est de la torture ! Et les témoignages sont légion (1) ! Dans le même ordre d'idées, même s'il revient plus à l'historien qu'au citoyen de juger de l'opportunité de l'usage du qualificatif " fasciste " pour décrire le gouvernement italien, il ne faut pas être un érudit pour réaliser et affirmer que les pratiques de la police de Gênes étaient bel et bien des pratiques fascistes. L'un va sans l'autre, des agissements de type fasciste peuvent apparaître sous la tutelle d'un gouvernement pour qui ce qualificatif ne serait pas approprié. Mais encore une fois, même si un lien n'implique pas systématiquement un lien de causalité, la relation entre la composition du gouvernement de Berlusconi et les violences policières à l'encontre des manifestants à Gênes est déconcertante. Il n'y a pas de doute sur ce sujet, et ce n'est pas la chose la plus facile à accepter !

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Le mime : pour renouveler la pédagogie de l'univers concentrationnaire et de la Shoah

Bolland, Jeanne
n°18, juillet-septembre 2001

Depuis 1992, la Ligue de l'Enseignement, régionale de Liège, inscrit une partie de son action dans le cadre de la lutte contre l'extrême droite et le racisme récurrents. Elle organisa, pendant plusieurs années, des rencontres entre les jeunes et des survivants d'Auschwitz. C'est donc assez naturellement qu'elle fut amenée à travailler avec les "Territoires de la Mémoire" en réalisant un dossier d'accompagnement au Parcours symbolique dans l'univers concentrationnaire de la deuxième guerre mondiale. Elle souhaiterait poursuivre sa sensibilisation en proposant une animation qui prolongerait le Parcours symbolique et en compléterait le témoignage oral par une expression muette susceptible de donner une nouvelle dimension à l'émotion : le mime.
Le caractère fondamentalement intransmissible de l'expérience concentrationnaire et génocidaire nous suggère, pour en perpétuer la mémoire, de transférer le témoignage dans une dimension où la souffrance peut trouver une expression alternative et perpétuer l'émotion devant l'indicible. S'il est vrai que la parole pervertit, dès l'origine, l'essence et l'intensité de l'expérience vécue, s'il est vrai que l'image pâtit d'une banalisation irréversible dans le flux de violence et d'horreur quotidiennes que nous rapporte la réalité d'autres massacres et de nouveaux génocides, il reste à chercher un nouveau mode d'expression complémentaire. Pourquoi, dès lors, ne pas faire témoigner le corps à propos de l'offense absolue qui lui a été faite en vue d'attenter à la dignité d'Homme ? A cette motivation d'ordre philosophique s'ajoute la disparition progressive et inéluctable des derniers témoins de ce qui demeure, pour l'Occident, la plus grande horreur du siècle. Le moment est proche où plus personne ne pourra dire : "Cela a été, je l'ai vu, c'est à moi que c'est arrivé."

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Le mot du président : Informer, expliquer, s'impliquer.

Colin, Charles
n°18, juillet-septembre 2001

Informer, expliquer, s'impliquer.
Trois verbes. Trois choix d'attitude. Trois volontés de comportement et d'action. Qui peut ? Qui pourrait aujourd'hui s'abstenir d'y adhérer ?
A mon avis, personne. A moins de renoncer à protéger les jeunes des dangers multiples qui pèsent si lourdement sur leur présent et qui hypothèquent si gravement leur avenir.
Il est commode, bien sûr, de s'en remettre à ceux dont c'est le métier, du soin d'informer. Hélas, nous constatons avec une tristesse mêlée de révolte et de rage que des omissions quasi générales entachent l'information, de façon sélective bien sûr. Un exemple tout récent : l'inauguration du musée " Mussolini ", dans la maison qu'a habitée le "Duce" n'a été relatée, à ma connaissance, que dans peu de médias (citons les quelques minutes d'un JT de France 2 et un article du Vif/l'Express du 17 août dernier). Et pourtant, il n'y avait pas que les murs de la villa, les meubles, les portraits à voir … Il y avait les convives, jeunes et vieux qui banquetaient, réaffirmant avec force leur fidélité à Mussolini et à son programme, à son action, se proclamant fascistes aujourd'hui et fiers de l'être ...
On croit rêver. Comment comprendre et accepter le tonitruant silence des médias et de tant de responsables politiques ?

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Résiste !

Marchal, Philippe
n°18, juillet-septembre 2001

Résiste ! C'est le fil conducteur qui s'inscrit en filigrane dans les deux expositions conjointes qui seront présentées au public à la fin de cette année 2001. C'est un simple mot qui est un appel à la vigilance et à l'action et qui aujourd'hui comme hier constitue le témoignage du refus de toutes les entreprises humaines qui portent atteinte à nos libertés fondamentales. Résister est une attitude qui n'a pas seulement une signification d'opposition à ce qui ne peut être toléré, c'est également un devoir de chacun pour défendre une éthique humaniste et les valeurs démocratiques qui la sous-tendent.
"Je vous tisse un linceul", une exposition de certaines œuvres de l'artiste Rosemarie Koczÿ et " Triangle rouge", la première exposition des Territoires de la Mémoire : deux approches complémentaires et très différentes (outsider art et didactisme) qui se côtoient pour délivrer un message commun : le devoir de mémoire doit contribuer à sensibiliser les générations à venir à la résistance agissante. Loin d'être une démarche passéiste, ce message conforte la volonté de mener une véritable démarche éducative durable.
Il s'agit de deux expositions qui autorisent une exploitation du souvenir novatrice et originale faisant appel à deux médias suscitant des réactions et des émotions très différentes.

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