am17

Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide mémoire 17

Editorial : Les responsables politiques qui cherchent d'une façon ou d'une autre

Jamin, Jérôme
n°17, avril-juin 2001

am17"Berlusconi est une bonne chose pour l'Italie"
Jörg Haider

Les responsables politiques qui cherchent d'une façon ou d'une autre à établir une hiérarchie entre les bons et les mauvais extrémistes de droite portent une responsabilité incontestable dans la nouvelle géographie politique de l'Europe. En formulant une typologie très complexe séparant les néo-fascistes des populistes, les fascistes repentis des racistes, et les antisémites des ultranationalistes xénophobes, ils ont contribué à banaliser définitivement l'arrivée au pouvoir d'une clique d'individus jadis unanimement considérés comme infréquentables, en raison de leurs propos, de certains membres de leur parti ou des alliances qu'ils n'hésitaient pas à passer afin de se hisser ou de se maintenir au pouvoir (voir le Mot du Président en page 3). Mais le temps où l'on s'indignait des propos de Jean-Marie Le Pen est déjà loin. Désormais, directement ou indirectement (coalition), la Suisse (Blocher), l'Autriche (Haider) et l'Italie (Bossi, Fini, Berlusconi et Rauti) sont dirigées par des individus connus pour leurs discours xénophobes. Et ça ne choque plus personne. L'habitude, l'indifférence, la facilité, la banalisation, la passivité et le conformisme généralisé, voilà où nous en sommes aujourd'hui (voir également l'article "L'extrême droite en France").

Lire la suite : Editorial : Les responsables politiques qui cherchent d'une façon ou d'une autre

L'Extrême droite en France *

Camus, Jean-Yves / Monzat, René
n°17, avril-juin 2001

17 2Les élections municipales et cantonales de mars devaient constituer, pour l'extrême droite, l'épreuve de vérité, après deux années de lutte fratricide entre FN et MNR, ce dernier jouant tout simplement sa survie. Or, aujourd'hui, le constat s'impose: ces scrutins assurent aux deux formations les moyens de durer, dans la division. Les deux partis ont certes des cadres souvent démoralisés, des élus en moins grand nombre, une couverture territoriale élimée, des scores rétrécis. Mais ces élections démontrent qu'au moins deux tiers des 15 % de Français qui votaient pour le FN à son apogée sont toujours disposés à soutenir l'extrême droite dans les urnes. Avec le Vlaams Blok flamand, le FN et le MNR sont les formations nationalistes xénophobes les mieux enracinées d'Europe au plan local, et seule une illusion d'optique peut permettre de dire que l'extrême droite est morte: si sa division maintient nombre de listes en deçà des 10 %, l'addition des scores des deux partis dans beaucoup de villes prouve une progression par rapport à 1995.
L'avenir de l'extrême droite française existe. Tout d'abord parce que, paradoxalement, la scission a permis, en particulier au MNR, l'émergence d'une nouvelle génération de jeunes cadres, souvent idéologiquement radicaux qui, comme leurs aînés issus de la "nouvelle droite" ou des groupuscules nationalistes, sont habitués aux "longues marches" vers la reconnaissance, savent inscrire leur militantisme dans la durée, savent investir les villes qui sont des "terres de mission".

Lire la suite : L'Extrême droite en France *

Un moment important de démocratie : 19 mars 2001 : séance du Conseil communal de Liège

Richelle, Florence / Marchal, Philippe
n°17, avril-juin 2001

am17 moment_important_de_democratieRencontre avec des représentants du CCQE de Chênée

Les Territoires de la Mémoire : Tu représentes le CCQE de Chênée, explique-nous comment on devient Conseiller de Quartier.

François : Cette année, il y a eu des élections dans notre école. On a beaucoup discuté pendant la campagne électorale pour savoir ce que nous devions faire et sur les idées des candidats. J'ai été choisi par mes camarades et depuis le mois de mars, je suis Conseiller communal de mon quartier. A Chênée, il y a 17 Conseillers qui viennent de toutes les écoles du quartier. On aime bien se voir tous ensemble.

TDLM : Dis-nous comment le CCQE fonctionne.

Nadia : Depuis notre élection, nous nous sommes vus quelques fois pour faire connaissance et pour parler de nos projets, du racisme, et de notre travail de Conseillers. On se réunit souvent le samedi matin à l'Hôtel de Ville de Chênée. On discute ensemble et il y a parfois des animations.

TDLM : Pourquoi es-tu présente aujourd'hui au Conseil communal de Liège?

Alexiane : Pendant nos réunions, on a beaucoup discuté sur le racisme et sur les exclus. On a fait une Charte et on demande au Conseil communal de Liège d'accepter notre Charte des Enfants.

Lire la suite : Un moment important de démocratie : 19 mars 2001 : séance du Conseil communal de Liège

Le mot du Président : Chacun est libre

Colin, Charles
n°17, avril-juin 2001

Chacun est libre, bien sûr, de définir ses exigences et leur champ d'application. Aux Territoires de la Mémoire, nous avons les nôtres : l'exigence de fidélité à notre engagement éthique, qui nous est un devoir ; l'exigence de rigueur qui nous guide dans l'affrontement quotidien de la réalité. Comment ne pas réagir, dès lors, à la transgression de l'exigence d'une cohérence minimale à laquelle l'Europe se prépare ?
En effet, après nous être à juste titre indignés devant la situation, nouvelle en Europe depuis 1945, que la participation au gouvernement de l'Autriche du parti de Jörg Haider a créée, après avoir applaudi à la fermeté de la Belgique, face à cette trahison commise par le parti du futur Chancelier, nous avons assisté, avec quelle amertume, à une sorte de " normalisation " à laquelle l'Europe s'est résignée au nom des " intérêts supérieurs ", surtout économiques, bien entendu… Les vacances, la neige, on ne peut pas s'en passer éternellement, n'est-ce pas ?
Aujourd'hui, c'est en Italie qu'une situation comparable se met en place. L'allié de M. Berlusconi est tout aussi outrancier et méprisable que Jörg Haider. Et M. Berlusconi lui-même ne cache pas ses intentions et tient des propos dont s'est bien gardé le Chancelier autrichien.

Lire la suite : Le mot du Président : Chacun est libre

Un Parcours symbolique et un Centre d'Education pour lutter contre l'oubli

Marchal, Philippe
n°17, avril-juin 2001

am17 parcours_symbolique_centre_education_lutter_contre_oubliCertains continuent à se demander s'il faut montrer l'inconcevable ou s'il est souhaitable de dénoncer sans cesse " la référence absolue " à la barbarie humaine qu'a été l'univers concentrationnaire nazi ! Certains continuent à s'interroger sur les vrais enjeux du " devoir de mémoire " !
Aux Territoires, notre position est clairement définie. Nous pensons que l'exploitation du souvenir est non seulement une démarche éducative indispensable à la défense de nos valeurs démocratiques, mais également un devoir " inévitable " confié à la responsabilité citoyenne de chaque individu.
Si toute cette action de remémoration du passé ne se fondait pas sur une approche qui interpelle et révolte, qui sollicite fortement le champ des émotions, nous n'aurions que peu d'occasions de tisser ces liens qui, en se référant au passé, éclairent le présent. Nous ne serions pas plus dans la capacité de jeter les bases d'une organisation humaine résolument tournée vers les êtres qui la composent.
Non, bien au contraire ! Occulter le passé intolérable, reléguer à nouveau les tabous dans les placards de l'Histoire, adoucir - pour ne pas heurter les consciences - les contours d'une horreur inimaginable, c'est ouvrir la porte au doute et au mensonge. C'est surtout promouvoir une amnésie collective, c'est donner raison à tous ceux qui aujourd'hui déjà jettent les fondations de l'oubli, c'est, enfin, faire injure à tous ceux qui ont payé très cher le prix de notre liberté.
Le Parcours Symbolique des Territoires et les actions développées par le Centre d'Education à la Tolérance et à la Résistance constituent de vrais outils pour répondre à l'impérieuse nécessité de transmission de la Mémoire.

Lire la suite : Un Parcours symbolique et un Centre d'Education pour lutter contre l'oubli

Rejoignez-nous !

En savoir plus...

Soutenez nos actions

Soutenez les Territoires de la Mémoire en effectuant un don via Paypal

Plan d'accès

Contactez-nous

  • Territoires de la Mémoire asbl
  • Siège social
    Boulevard de la Sauvenière, 33-35
    4000 Liège
    accueil@territoires-memoire.be
    Téléphone : 04 232 70 60
    Fax : 04 232 70 65
  • N° d'entreprise
    453099470
453099470