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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide mémoire 13

Editorial : "Une diplomatie bifaciale, qui se contorsionne pour éviter sa propre réalité européenne"

Jamin, Jérôme
n°13, avril-juin 2000

am13Conscients de la manipulation dont ils faisaient l'objet, les journalistes européens - naïfs mais de bonne foi - décident de renvoyer Haider d'où il n'aurait jamais du sortir.  "Puisqu'il nous remercie pour notre zèle médiatique grâce auquel il sera prochainement Chancelier, nous n'en parlerons plus".  Erreur fatale, une de plus.  Car le pire reste à venir : la banalisation de Haider.  L'idée selon laquelle finalement ce n'est pas si grave, un peu comme les villes du Front national en France qui sont aux mains de l'extrême droite depuis plusieurs années et dont plus personne ne parle.  Dans notre dernier éditorial, nous évoquions "le coup d'envoi des modifications progressives des structures d'évaluation - le bon devient le mauvais et inversement (1)".  Nous avons déjà un premier exemple : Umberto Bossi et Gianfranco Fini de la Ligue du Nord et de l'Alliance Nationale font un tabac aux élections régionales en Italie dans une coalition avec Forza Italia de Silvio Berlusconi (voir page 3).  Coalition droite/extrême droite?  Réaction?  Non, car ce n'est pas si grave, ils ont l'air moins nazifiant que Jörg Haider, il n'y a donc pas lieu de s'inquiéter.  Et voilà toute l'analyse politique qui s'en trouve modifiée.  

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Pourquoi Vladimir Poutine?

Jamin, Jérôme
n°13, avril-juin 2000

L'Etat policier préfère l'injustice au désordre (Goethe) 
Il n'aura fallu que sept mois à Vladimir Poutine pour prendre les commandes du Kremlin.  Sept mois pour "persuader" la population russe que malgré son investiture par Boris Eltsine en tant que premier ministre et ensuite président par intérim, il incarnait le "changement" et la "rupture" par rapport à son prédécesseur, ce vieil ivrogne tremblotant qui cuvait au Kremlin.  Une démocratie dans laquelle un inconnu sorti de nulle part peut devenir en si peu de temps le chef d'un des pays les plus grands et les plus puissants du monde est une démocratie malade, ou immature.  Quel destin nous réserve la Russie?  Que penser de ce pays où tout semble aller si mal?  Quelle orientation va prendre cette démocratie fragile et peu fiable, à l'image de son ancien président?  L'explication se trouve dans cette dizaine d'années très particulière qui sépare Mikhaïl Gorbatchev de Vladimir Poutine.  Cette transition vers une destination plus ou moins inconnue qui commence avec la chute du mur de Berlin et qui aboutit aux camps de filtration antitchétchène. 

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Flash-back

Nitromaque
n°13, avril-juin 2000

La réémergence des fascismes et totalitarismes de tous acabits s'annonçait déjà voici plus de cinq ans.  Ce court poème, rédigé en automne-hiver 1994, devait en témoigner. 
Elle est de retour la croix maudite. 
Quelques-uns l'ont entr'aperçue 
Au coin d'une porte, 
Sur un mur banal, sous forme d'autocollant, 
Ou en tatouage, cachant un épiderme blanc. 
La "nuit des longs couteaux" 
Dans peu de temps va offrir 
En regard aux passants imprudents 
Des effusions de sang, 
De cris et de délires. 
On l'exorcise comme on peut 
Ce moment redoutable 
Et non moins inévitable 
Où les loups se mettront à table. 
Pour moi, j'ai élu la poésie, 
La muse Calliope tombant en syncope, 
Pour être trop acerbe et avoir trop de Verbe, 
Comme arme contre les gestes et les idées toutes faites, 
A cause d'une défaite. 

Mots-clés : 
Poésie
© Les Territoires de la Mémoire- Belgique

« Rwanda, 94 » : Le Groupov réinvente le théâtre politique et crée une oeuvre à penser

 

Célis, Dominique
n°13, avril-juin 2000

Le Groupov, Centre Expérimental de Culture Active, est un collectif d'artistes dirigé par le metteur en scène Jacques Delcuvellerie.  Créé et installé à Liège depuis 1980, Le Groupov a pour objectif de situer ses actions artistiques autant dans la recherche pure sur le théâtre et ses limites que sur le terrain politique.  « Plus jamais ça », leitmotiv scandé par tous après la seconde guerre mondiale et la découverte des camps de concentration. Parce que « ça » a encore eu lieu, dans l'indifférence générale, Le Groupov a décidé de monter « Rwanda, 94 ».  

Au printemps 1994, un génocide a été perpétré au Rwanda. Entre 800 000 et 1 200 000 Tutsis et opposants hutus ont été exterminés par le pouvoir hutu, repris en main par un noyau d'extrémistes après l'assassinat du président rwandais Habyiarimana (le 6 avril 1994). Les Etats-Unis, la France, la Belgique et les Nations unies détenaient depuis 1992 des informations sur la préparation des tueries. Mais lorsque les massacres ont commencé, la communauté internationale n'a pas bougé. Elle a d'abord refusé de reconnaître le génocide, afin de ne pas intervenir, comme l'y obligeait la convention sur la prévention et la répression du crime de génocide adoptée en 1948.  Depuis Nuremberg, ce crime contre l'humanité est défini comme celui qui consiste à tuer quelqu'un parce qu'il est né.  Tuer un juif parce qu'il est né juif. Tuer un Tutsi parce qu'il est né Tutsi.  Dans la palette des crimes contre l'humanité, le génocide est le plus grave parce qu'il implique une vaste échelle et une préméditation.  Les coupables de génocide sont des théoriciens avant d'être des assassins.  L'ONU a finalement été obligée de reconnaître le génocide et a créé, le 8 novembre 1994, le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).  

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L'Affaire Dreyfus (Mémoire brute)

Raxhon, Philippe
n°13, avril-juin 2000

Le monde de l'espionnage a ses règles propres, son histoire, et ce qui constitue le point de départ de l'Affaire Dreyfus aurait dû s'y cantonner. Mais l'enjeu qui se dégagea de son déroulement prit la tournure d'une affaire d'Etat, d'un affrontement de société entre 1894 et 1906, plus encore, d'un symbole, et cette affaire recouvrira plusieurs significations historiques et politiques. Grâce à un agent infiltré à l'ambassade d'Allemagne, le service de renseignements français mit la main sur un bordereau destiné au major Schwartzkoppen, attaché militaire allemand, et qui avait pour source un officier français anonyme promettant la révélation de secrets militaires. Un officier français non seulement faisait acte de traîtrise, mais en plus avec l'Allemagne, le vainqueur de la guerre de 1870. C'est l'écriture du document manuscrit qui attira l'attention, et qui compromit le capitaine Alfred Dreyfus, attaché au 2e bureau de l'Etat-major de l'armée, au ministère de la Guerre. Ces quelques lignes ne pouvaient qu'être les siennes. Dreyfus fut mis aux arrêts le 15 octobre 1894. Dégradé le 5 janvier 1895, il prit la mer pour le bagne dans l'enfer vert de la Guyane, au bout du monde, à l'heure où bien peu s'autorisaient à croire que sa terrible solitude était en plus celle d'un innocent. Pas de pitié pour Dreyfus, lynché par les médias, comme on dirait aujourd'hui, et coupable aux yeux de l'opinion. En mars 1896, le lieutenant-colonel Picquart eut la révélation d'une correspondance entre un officier français nommé Esterhazy et Schwartzkoppen, et l'écriture du premier ressemblait à s'y méprendre à celle du document secret controversé et à celle de l'ex-capitaine Dreyfus. Le doute s'installa dans l'esprit de Picquart, ébranlé par la perspective d'une erreur judiciaire. En novembre 1897, le frère de Dreyfus, le vice-président du Sénat et un député dénoncèrent Esterhazy et exigèrent la révision du procès de Dreyfus. Mais en janvier 1898, Esterhazy fut acquitté après avoir été traduit devant le Conseil de guerre. La situation était bloquée. Mais tous les éléments de la polémique étaient réunis, annonçant une crise politique et morale qui allait ébranler la République Française, partagée entre ceux qui défendaient avant tout les droits de Dreyfus et la liberté individuelle contre l'injustice et ceux qui se disaient patriotes et défenseurs de la crédibilité de l'armée. 

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