am12

Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide mémoire 12

Editorial : Il ne faut pas toucher en politique à ce qui fait que l'on peut toucher à beaucoup de choses.

Jamin, Jérôme
n°12, janvier-mars 2000

am12Que peut bien penser un homme à qui il est impératif de faire écrire et signer sa propre condamnation du nazisme? Quel est le sens d'un tel texte, et de cette signature, si l'on pense un seul instant à leur raison d'être? Le fait que Jörg Haider ait dû écrire et signer un document "montrant son attachement aux valeurs démocratiques" en dit long sur les idées de ce dernier, et la façon dont les Autrichiens se le représentent. Refuser de prendre conscience de la nature de ce personnage, ignorer ses ambitions politiques et s'interdire de comprendre la réalité autrichienne, c'est cracher à la figure de ceux qui ont construit nos démocraties. C'est réhabiliter ceux qui ont tenté d'instituer l'enfer sur terre. C'est virer les farfelus qui ont un jour pensé que l'Europe n'était peut-être pas qu'une illusion. 
Plusieurs discours vicieux apparaissent sur la place publique. Pas partout, et moins en Wallonie qu'ailleurs (que ceux qui en sont responsables en soient ici remerciés). Refuser le fascisme nous dit-on, c'est refuser la démocratie, c'est refuser la souveraineté populaire - la volonté du peuple. Interdire un discours, un parti ou un gouvernement parce qu'il propage une idéologie fasciste, ce serait aller à l'encontre de ce qui justement fait la démocratie. Belle récupération messieurs les démocrates, vous qui cherchez à calmer les esprits! Vous qui ne voulez pas être trop sévère vis-à-vis de l'extrême droite ou de son électorat. Vous qui finalement ne semblez pas très attachés à vos libertés et à vos droits. Mais qui êtes-vous pour oser nous faire croire que le fascisme conserve sa nature démocratique, en tant que produit de cette dernière? "C'est le peuple qui l'a voulu, c'est démocratique". 

Lire la suite : Editorial : Il ne faut pas toucher en politique à ce qui fait que l'on peut toucher à beaucoup de...

Vers une Organisation Mondiale de la Citoyenneté ?

Nihoul, Laurent
n°12, janvier-mars 2000

Le "cycle du millénaire", qui devait être amorcé lors de la récente conférence de l'Organisation Mondiale du Commerce à Seattle (du 30 novembre au 3 décembre 1999), s'est donc vu, d'emblée, recalé. Outre les divergences de vues entre les principaux acteurs de cette réunion (désaccord entre Américains et Européens sur la suppression des subventions au secteur agricole, volonté des pays en voie de développement de ne pas lier "échanges commerciaux" et normes sociales, environnementales et sanitaires, ...), l'opinion publique a surtout perçu, comme principale raison de cet échec, les manifestations spectaculaires qui ont entouré cet événement.
Salutaire à bien des égards, cette prise de position de la société civile est venue rappeler à tous, gouvernants comme gouvernés, que la mondialisation, telle qu'elle est pensée actuellement dans les salons feutrés des diverses institutions internationales, mène l'ensemble de l'humanité dans une impasse.
Basée sur la déréglementation, son credo repose sur l'assouplissement des barrières légales entourant les pratiques commerciales, sur la suppression des entraves (subventions, investissements publics,...) empêchant les marchés de s'équilibrer naturellement, sur la mise en concurrence absolue des différents acteurs opérant sur les marchés ainsi que sur un libre-échange illimité entre ces derniers.

Lire la suite : Vers une Organisation Mondiale de la Citoyenneté ?

L'accueil des étrangers

Val, Philippe
n°12, janvier-mars 2000

Les citoyens sont devenus des stars dont la police est le paparazzo 

Lors d'un reportage effectué au Vietnam, j'ai promis à un de mes contacts sur place de l'aider à réaliser un de ses rêves : voir Paris.  Ce vieux monsieur, passionné de littérature française, rêvait de voir la ville de Voltaire, de visiter le Louvre et de boire un café place de la Sorbonne.  Aussi, la semaine dernière, je me suis rendu dans ma mairie, puisqu'il paraît qu'aujourd'hui, en France, pour inviter des amis, il faut remplir un papier.  D'abord, la dame du guichet me rend un petit imprimé avec la liste des pièces à fournir quand je reviendrai.  Lorsque j'aurai acheté un timbre fiscal de cent francs, et seulement à ce moment-là, je pourrai obtenir le formulaire à remplir.  Il m'a bien été précisé que si mon dossier était refusé, on ne me rembourserait pas le timbre.  Je l'achète au tabac, le timbre?  Non, il n'est en vente que dans certaines perceptions.  La plus proche de chez moi est à dix kilomètres.  Bien...  L'employée municipale me dit également : «Avant de partir à l'Office des migrations internationales, votre dossier devra être visé et signé par le maire.  Et quand le dossier reviendra, il sera revu et resigné par le maire qui décidera si oui ou non vous pouvez recevoir votre ami.»  Bien...  Pendant l'enquête, vous devrez accepter par écrit que des agents de l'Office des migrations visitent votre domicile pour s'assurer que vous avez la place de le recevoir.  Moi qui croyais innocemment que depuis la chute de l'Empire communiste, le KGB n'existait plus, je découvre qu'au contraire, il s'était exporté en France. 

Lire la suite : L'accueil des étrangers

Rwanda, 6 ans déjà. Témoignages (Mémoire brute)

n°12, janvier-mars 2000

Il a survécu. Dissimulé sous les corps de ses parents, il était resté immobile jusqu'au départ des miliciens. Puis, avec la nuit, il a émergé d'entre les morts. Il y en avait des milliers dans la seule enceinte de la paroisse. C'était à la mi-avril 1994. Les habitants de la région s'étaient réfugiés là avant d'être pris au piège. Encerclés et attaqués, ils n'avaient aucune chance.  
Il est l'un des rares à avoir pu survivre. C'est un petit garçon silencieux et grave avec des yeux immenses. Toute sa famille se trouve là, parmi les morts de Nyarubuyé.  
Aujourd'hui encore, on peut les voir. Squelettes à perte de vue, laissés là sans sépulture. Milliers de cadavres empilés les uns sur les autres, figés dans d'étranges postures, comme désarticulés. Le silence qui règne ici rappelle celui qui hante nos mauvais rêves. 
Les morts de Nyarubuyé ne seront pas enterrés, "pour ne pas oublier le génocide", explique l'un des jeunes soldats qui gardent les lieux. 
A l'intérieur de l'église l'odeur de la mort grouille encore au milieux des mouches. Un pot de fleurs a conservé l'étrange ornement confectionné par les tueurs : deux jambes coupées et plantées à l'envers dans le récipient. Le squelette d'un bébé décapité gît non loin de l'entrée. "Les gens qui ont fait ça... Ils avaient une mauvaise éducation... C'étaient des gens qui ne savaient qu'obéir aux ordres", explique maladroitement un jeune militaire. Obéir aux ordres? Au lendemain de l'assassinat du président Habyarimana, ses proches constituent un gouvernement autoproclamé. Les coupables sont vite désignés : ce sont les Tutsis, l'ethnie minoritaire, auxquels s'ajoutent tous les opposants politiques hutus considérés comme des "traîtres" à la cause ethnique. On les accuse d'être responsables de l'attentat, on leur attribue un complot. "il faut les tuer avant qu'ils nous tuent", clament les commanditaires des massacres. 

Lire la suite : Rwanda, 6 ans déjà. Témoignages (Mémoire brute)

Tracts nazis et propagande raciste à Liège (Réalité brute)

n°12, janvier-mars 2000

Dans les milieux extrémistes, les "majors" tel que le Front national français ou le Vlaams Blok ont des moyens considérables pour développer leur propagande, grâce aux dons mais aussi par le biais du financement public. (La législation belge visant à supprimer totalement ou partiellement la dotation publique des partis racistes n'est pas encore appliquée, l'arrêté d'exécution n'a pas encore été rédigé.) Pour les petits groupuscules extrémistes par contre, les moyens d'expression sont souvent (financièrement) limités. Sans parler des dons qui se font plus rares. C'est la raison pour laquelle on voit fleurir depuis plusieurs années de petits autocollants ici et là sur les panneaux de signalisation, sur les poubelles publiques, les arrêts de bus, etc.  

On trouvait encore à Liège il y a peu de temps un petit drapeau nazi en couleurs accompagné d'un miniprogramme résumé en trois mots et d'une adresse de contact : Hitler avait raison! NSDAP/AO : Box 6414, Lincoln, NE 68506 USA. Après investigation (sur Internet), on apprend que le NSDAP/AO est un acronyme anglais (américain) pour l'organisation d'outre-mer du parti national-socialiste des travailleurs allemands. Celle-ci vend des livres d'Adolf Hitler ou de Rudolf Hess et reproche aux juifs l'inflation, la domination des grands médias et la corruption du gouvernement américain. Les noirs quant à eux sont des casseurs et des criminels. 

Lire la suite : Tracts nazis et propagande raciste à Liège (Réalité brute)

Rejoignez-nous !

En savoir plus...

Soutenez nos actions

Soutenez les Territoires de la Mémoire en effectuant un don via Paypal

Plan d'accès

Contactez-nous

  • Territoires de la Mémoire asbl
  • Siège social
    Boulevard de la Sauvenière, 33-35
    4000 Liège
    accueil@territoires-memoire.be
    Téléphone : 04 232 70 60
    Fax : 04 232 70 65
  • N° d'entreprise
    453099470
453099470