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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

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Editorial : Vous êtes tous vraiment formidables

Jamin, Jérôme
n°10, juillet-septembre 1999

am10"Vous êtes vraiment formidables" selon l'expression de Jean Nohain à la radio dans les années 50 pour remercier les Français de leur Générosité vis-à-vis des démunis.  Aujourd'hui, il n'y a plus de barbarie dans la province du Kosovo car nous avons imposé la justice.  Des bombes pour faire plier Belgrade et des collectes de chaussettes pour les Kosovars (soirée Kosovo sur RTL-TVI).  Nous sommes donc toujours aussi formidables.  Et bien non, justement.  Comme l'avait déjà froidement fait remarquer Sartre lors de la guerre d'Algérie (1), "les journaux nous font la cour, (... ), ils veulent nous faire croire que nous sommes bons. (... ) Mais nous ne sommes pas formidables.  Pas plus que nous ne sommes candides: la communauté illusoire des honnêtes gens, c'est tout simplement celle des lecteurs de France-Soir.  Si nous refusons de faire nous même l'enquête sur la vérité française (par rapport au conflit algérien(2), NDLA), quand nous sommes capables d'empiler nos vieux matelas sur la 4-CV et d'aller les jeter aux pieds de quelque Jean Nohain, c'est que nous avons peur.  Peur de voir nu notre visage.  Le mensonge est là" (3). 
Aujourd'hui, nous ne sommes plus formidables du tout, nous ne l'avons d'ailleurs jamais été, et il est temps aujourd'hui d'assumer nos responsabilités.  Depuis le 24 mars 1999 - date du début de l'intervention militaire de l'Otan -, jusqu'à la fin du conflit (10juin 1999) et même au-delà, le message du gouvernement belge, des chefs d'Etat européens et de l'administration Clinton est le suivant: "face aux atrocités commises par le régime de Belgrade dans la province du Kosovo, l'action de l'OTAN en Serbie s'effectue au nom des Droits de l'homme et du droit d'ingérence.  Dans les faits, cela se traduit par des bombardements intensifs sur tout le territoire serbe pour faire plier Milosevic et lui imposer la signature des textes de la conférence de Rambouillet".  Avec les semaines, ces bombardements ont acquis une certaine légitimité, l'épuration ethnique orchestrée par les troupes serbes contre les Albanais du Kosovo ne pouvait plus durer.  Il était donc question d'une guerre légitime comme politique des Droits de l'homme continuée avec d'autres moyens.  Parallèlement au discours officiel, les médias importants ont suivi cette explication sans prendre aucun recul ni même interroger le fondement de telles motivations pour déclencher un conflit.  De toutes parts, il était question des pays occidentaux "formidables" dans leur combat pour la cause des Kosovars. 

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Installer l'Autre au cœur du champ médiatique

Dioh, Tidiane
n°10, juillet-septembre 1999

Affirmer que le racisme, l'exclusion et les intolérances de toutes sortes sont des si unes marquants des sociétés contemporaines est une lapalissade.  L'idée centrale de ce propos sera de montrer que les médias, notamment la télévision -le plus puissant d'entre tous- peuvent, s'ils le veulent, constituer le dernier rempart contre ces dérives sociales. 
Pour ce faire ils devront faire entrer à l'écran l'image du marginal, du " national exclu ou de l'étranger indésirable, en transformant leurs plaintes en un discours cohérent.  L'on a compris avec les pénétrantes théories de Dominique WOLTON (1) que les médias bouleversent toutes les structures sociales, culturelles et politiques des sociétés où leur usage se répand.  L'on sait aussi que réfléchir rigoureusement sur les sociétés occidentales contemporaines c'est, ainsi que nous y invite le politologue Marco MARTINIELLO (2), penser celles-ci comme multiculturelles et multiformes donc turbulentes, mais ouvertes donc tolérantes, c'est-à-dire démocratiques.  Ainsi, en soumettant à un examen très serré le message des médias occidentaux, l'on serait tenté de penser que ceux-ci ne fonctionnent pas au même rythme que les sociétés au sein desquelles ils se déploient.  La culture médiatique ne s'attardant que sur l'événement et l'actualité immédiate qui créent l'audimat et retient son attention, les autres manières de faire sens, comme la vie de l'exclu ou de l'étranger, bref les "cultures-autres" sont exclues d'emblée du champs d'investigation. Pour les médias, aborder la question des " cultures-autres" notion effroyablement complexe, signifiera donc n'aborder les autres réalités sociales que sous le mode de la dramatisation, du spectacle ou de l'humour.  Exclure les "cultures-autres" du champ médiatique signifiera ainsi tolérer dans l'indifférence la présence de ces marginaux au sein de l'espace social. 

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Des "centres fermés" pour étrangers illégaux à l'humanisation des politiques de franchissement des frontières en Be

Kagné, Bonaventure
n°10, juillet-septembre 1999

De la porosité des frontières nationales à la conception excluante de la libre circulation de personnes. 
Depuis la fin de la guerre froide, les schémas historiques des relations entre États s'établissent dans un contexte de mutation profonde du monde.  Les avancées technologiques, l'interdépendance de l'économie à l'échelle mondiale et ses corollaires en termes de déplacements massifs et rapides de capitaux, de services, des marchandises et des personnes influent fortement la pertinence des frontières nationales et les valeurs qui les gouvernent. 
En Europe, les domaines des migrations et des relations interethniques s'inscrivent de façon progressive dans la dynamique de la construction européenne.  En effet, l'immigration et le droit d'asile constituent un sujet politiquement sensible et donnent lieu parfois à de vifs et passionnés débats dans de nombreux pays européens et au-delà.  Depuis les vingt dernières années en Belgique, le problème du droit d'asile et des réfugiés est constamment au cœur de l'actualité, avec une acuité ascendante depuis les décès tragiques de Sémira Adamu en septembre 1998 et au début du mois d'août dernier, de deux jeunes guinéens, Yaouine Koïta et Fodé Tounkara de 14 et 15 ans qui s'étaient glissés dans les trains d'atterrissage d'un avion de la Sabena reliant Conakry à Bruxelles. 

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Léon Degrelle et les élections de mai 1936 (Mémoire brute)

n°10, juillet-septembre 1999

Dans son numéro 1138 du 22 mai 1936, l'hebdomadaire Pourquoi Pas? consacre sa couverture et ses premières pages au candidat rexiste Pierre Daye qui se présente aux élections du parlement.  L'article se veut prudent et commence de la sorte
Nous l'avons dit bien des fois, ce qui n'est pas une raison pour ne pas le répéter Pourquoi Pas? n'est ni libéral, ni catholique, ni socialiste. (... ) Pourquoi Pas? ne va pas devenir rexiste en son âge mûr, mais REX est un phénomène curieux qui vaut tout de même qu'on s'y arrête Nous nous y arrêterons donc une fois de plus en cette veille d'élections qui marquera son triomphe ou son écroulement. 
En moins de six mois, REX a bouleversé toute notre bonne vieille vie politique belge, v introduisant un vocabulaire nouveau, des passions nouvelles, bousculant nos trois vieux partis et les réconciliant presque dans une haine commune pour un mouvement de jeunesse, passablement démagogique d'ailleurs, qui dérange toutes les habitudes des beati possidentes. 
Une semaine plus tard, les résultats des élections sont tombés.  Et Pourquoi Pas? consacre cette fois-ci sa couverture et ses premières pages à Léon Degrelle :
Léon Degrelle, Encore un triomphateur embarrassé (extraits) 
(... ) Pour le moment, le triomphe est éclatant.  Les vaincus : catholiques, libéraux, socialistes, peuvent dire, pour se consoler, que ce n'est là qu'un feu de paille, que Degrelle a profité de la crise et de quelques scandales pour exploiter la naïveté des mécontents; ( ) que c'est un suppôt de Hitler et de Mussolini dont les idées fascistisantes sont un dangerpour la démocratie, toutes les malédictions, toutes les explications n'empêchent pas qu'en six mois, ce personnage hier encore inconnu, généralement qualifié de gamin, de primaire échauffé et de grotesque, a bousculé toute la vie politique de ce pays, un des plus traditionnels du monde, et obtenu 21 siges sur 202. ( ) N'épiloguons pas d'avantage sur cette victoire rexiste et sur ses causes : scandales ,financiers, inénarrables gaffes des chefs catholiques qui n'ont songé qu'à étouffer les fâcheuses affaires et à sauver leurs hommes, impuissance du parlement à se réformer lui-même, crise, chômage, impatience et démoralisation de la jeunesse - mais maintenant qu'elle est acquise, qu'est-ce que les vainqueurs vont en faire?

Mots-clés : 
Rexisme
© Les Territoires de la Mémoire- Belgique

Rivarol, dans toutes les "bonnes" librairies (Réalité brute)

n°10, juillet-septembre 1999

Existe-t-il aujourd'hui en Belgique ou en France des journaux antisémites?  Et si c'est le cas, sont-ils clandestins?  En théorie, au vu de la législation, ils le devraient(1). Mais il en va tout autrement.  Où peut-on dès lors trouver ces journaux?  En librairie?  Oui, à Liège par exemple, du côté de la rue de la Régence. 
"Quand les peuples cessent d'estimer, ils cessent d'obéir" 
C'est avec cette maxime que le journal français Rivarol(2) se définit comme "l'hebdomadaire de l'opposition nationale et européenne".  Fondé en 1951 par René Malliavin, Rivarol est l'organe de presse qui réunit les épurés du régime de Vichy et leurs héritiers.  Outre sa mission de réhabilitation du maréchal Pétain, il s'efforce d'être le relais "soft" de l'antisémitisme, de l'antisionisme et du révisionnisme contemporain en France.  En témoigne les quelques contributions de Rassinier et de Faurisson (3) ainsi qu'une multitude d'articles visant à dénoncer l'influence des juifs sur la vie politique française.  Les étrangers et les Arabes ne sont cependant pas épargnés pour la cause, incarnation du "péril islamiste" et de la criminalité, ils font l'objet d'une stigmatisation maladive sous la plume des journalistes de Rivarol(4). 

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