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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide mémoire 9

Editorial : Qui sème la guerre récolte des réfugiés

Jamin, Jérôme
n°9, avril-juin 1999

am09Si c'est le chômage, la crise économique et l'immigration qui font l'extrême droite en Europe, force est de constater qu'avec les résultats du dernier scrutin en Belgique, ça ne marche pas. Avec moins d'immigrés, moins de chômeurs et une meilleure situation économique, la Flandre voit le Vlaams Blok progresser, alors qu'en Wallonie, où ces trois tendances sont inversées, le Front national finit de disparaître, pendant que ses quelques dissidences quittent définitivement la carte politique belge. Que cela fasse réfléchir ceux qui ne veulent pas interdire l'extrême droite sous prétexte que ce n'est pas en interdisant l'effet (l'extrême droite), que les causes vont disparaître (chômage, récession, etc.). Car cette causalité n'est pas si évidente (1). Si les démocrates flamands s'étaient attaqués dès le début aux anciens membres et aux héritiers du VNV (2), ils ne vivraient pas aujourd'hui sur un territoire où les électeurs socialistes et écologistes - pris séparément - sont moins nombreux que les Blokkers. Certes Demol s'est cassé la figure, Bruxelles et la Belgique fédérale sont sauves et en bonus, quelques dégâts collatéraux: les Vande Lanotte, Tobback et autre Van den Bossche paient la facture, salée, de leur grotesque politique autoritaire qui avait pour but naïf de récupérer l'électorat du VB. (Ils vont maintenant créer un collectif des sans-p... portefeuilles ministériels). Mais de toute évidence, indépendamment de cela, la situation dans le nord reste inquiétante. N'en déplaise à quelques personnalités flamandes, il faut vraiment être de mauvaise foi pour refuser la comparaison Milosevic/Vlaams Blok. Le premier purifie le Kosovo de ses "chiens d'Albanais", le second propose de purifier la Flandre de ses "immigrés- islamistes-délinquants", et Bruxelles de ses francophones. Milosevic définit le peuple serbe grâce à ses adversaires, le Vlaams Blok n'a de sens qu'avec ses ennemis. La légitimité du régime de Belgrade repose sur la guerre, qui mobilise les masses.

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Un réfugié politique est-il un être humain ?

Jamin, Jérôme
n°9, avril-juin 1999

Autrefois, l'homme n'avait qu'un corps et une âme. Aujourd'hui, il lui faut en plus un passeport, sinon il n'est pas traité comme un homme (1).  
Question grossière de prime abord! Le caractère humain du réfugié ne va cependant de soi. Du point de vue du regard des autres, au sens où est humain celui qui est reconnu comme tel par ses semblables - où par les médias -, la question mérite d'être posée.  

Un homme en trop  
L'individu qui se réfugie pose politiquement problème, et ce au sens large: dans le cadre de la gestion des affaires communes d'un Etat donné, la présence voire l'existence de cet individu sur le territoire de celui-ci suscite des problèmes et nécessite des mesures appropriées. Ces problèmes sont liés à l'opinion politique ou religieuse de l'individu en question, voire à son appartenance ethnique ou "raciale". Le laisser penser, le laisser vivre, le laisser exprimer et diffuser ses idées - lui donner les possibilités d'être actif politiquement-, représentent un risque pour l'Etat concerné. Dans le cadre de la gestion de ses affaires, au plan du maintien de l'ordre public, ce dernier ne peut tolérer l'activité voire l'existence de cet individu. En quelque sorte, le réfugié politique est de trop quelque part, dans tel ou tel pays. On peut lui reprocher plusieurs choses. L'une de ses erreurs peut être d'exister physiquement (corporellement) en tant que membre d'une minorité, d'une ethnie. Il n'est alors bon que mort, exterminé. Mais il peut aussi être socialement ou intellectuellement inadéquat, "dangereux pour la société" - et surtout pour le pouvoir en place-, à cause de ses idées. Dans ce cas il peut subsister en tant que tel, mais en prison, là où plus personne n'entendra parler de lui.  

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Michel Foucault et le nazisme

Nihoul, Laurent
n°9, avril-juin 1999

Michel Foucault (philosophe français 1926-1984) est principalement connu pour ses ouvrages sur la prison, sur la folie et pour ses nombreuses analyses des rapports de pouvoir qui circulent au sein de l'espace social. Ce que l'on sait peut-être moins c'est que, dans son cours au Collège de France durant l'année 1975-1976, il s'est penché sur la problématique nazie et l'a analysée d'une manière originale. Le point de départ de Michel Foucault pour tenter de comprendre le nazisme est la notion de biopouvoir. En gros, on peut résumer celle-ci en disant que, jusqu'à l'âge classique, le pouvoir du souverain sur les corps s'est principalement exprimé au travers d'actes spectaculaires (supplices, tortures, mises à mort,... ) s'attaquant directement à ceux-ci. Son rôle était, essentiellement, de préserver l'intégrité des organes du pouvoir en punissant les individus "déviants". Dès le XVIIe siècle, avec l'apparition de la circulation des richesses, le développement des pratiques économiques, etc., il ne peut plus se permettre de laisser la vie se développer sans ligne de conduite mais il doit la surveiller. Il s'agit désormais de réguler les forces de la vie pour mieux la contrôler. Le pouvoir ne doit plus tuer mais investir la vie de part en part, la gérer pour en retirer le maximum de forces vives. On peut ainsi observer une prolifération de techniques visant à assujettir les corps et à contrôler les populations : écoles, casernes, prisons, démographie, santé publique... Une biopolitique de la population s'avère nécessaire. Non plus punir et détruire mais sur- veiller et gérer. Non plus effacer ou briser mais diriger. Et, analysant l'évolution de nos sociétés, Foucault relève un paradoxe étonnant : c'est préciséùment lorsque le pouvoir absorbe la vie dans le champ de ses priorités que les exterminations massives reçoivent une forme élaborée.  

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Le Figaro du 29 mars 1933 (Mémoire brute)

n°9, avril-juin 1999

Les deux textes qui suivent dans le Figaro du mercredi 29 mars 1933 pourraient-ils être d'actualité s'ils concernaient d'autres minorités, ou seulement certains individus sans papiers?  
En réponse aux manifestations antiracistes :  
Les nationaux-socialistes invitent l Allemagne a un "boycottage général" des israélites.  
De très vives protestations se sont élevées ces jours derniers, notamment en Pologne, en Angleterre et aux Etats Unis, contre l'antisémitisme du gouvernement allemand. Lundi, à New York, une très importante manifestation, qui a réuni plus de 35.000 personnes, a été organisée ci Madison Square. Il convient de noter que parmi la foule se trouvaient un grand nombre de représentants de diverses confessions, des délégations d'étudiants des Universités de Columbia et de New York et de nombreux collèges, des délégations de commerçants et de boy scouts, toutes portant des placards de protestation. Le parti national socialiste vient de répondre hier à Munich, par un manifeste dans lequel il invite tous les Allemands à boycotter les commerçants, les avocats et les médecins israélites. Les hitlériens y affirment tout d'abord, qu'après quatorze ans de dissensions intérieures, « le peuple allemand vient de faire triompher un soulèvement national qui a mis fin à la hantise marxiste juive ». Il reproche aux bonzes juifs marxistes de s'être enfuis à l'étranger, en emportant leurs fonds et affirme que pas un d'entre eux n'a reçu ici la moindre égratignure ». Le manifeste compare ensuite le soulèvement « national allemand à la révolution bolcheviste, où ont péri trois millions de victimes, et aux luttes et destructions effroyables» de la révolution allemande de 1918. L'Allemagne nationale révolutionnaire ne veut pas de complications et de troubles internationaux, mais elle est fermement résolue à mettre fin à un état inférieur anormal de mensonges et de calomnies d'une perversité qui fait dresser les cheveux. Pendant des années l'Allemagne a sans discernement laissé entrer chaque étranger sur son territoire. Cent trente cinq habitants par kilomètre carré y vivent et à peine quinze aux Etats-Unis. Néanmoins, ceux-ci ont contingenté leur immigration et ils ont exclu certaines nations. Pendant des années l'Allemagne ne l'a pas fait, sans considération de sa propre détresse. En guise de remerciement, un ramassis d'intellectuels, de professeurs et de brasseurs d'affaires juifs excitent le monde contre nous. C'en est assez. Ce sont les Juifs qui vivent parmi nous qui sont responsables de cette campagne de mensonges. Puisqu'ils ne veulent pas faire des remontrances aux menteurs de l'autre continent, nous ferons en sorte que cette campagne anti-allemande ne soit pas dirigée contre notre peuple innocent, mais contre les agitateurs responsables. En conséquence, le parti raciste adresse à toutes ses organisations les instructions suivantes :  

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Le négationnisme sur Internet (Réalité brute)

n°9, avril-juin 1999

On entend ici et là, depuis plusieurs années, que certains historiens nient l'existence des chambres à gaz.  Depuis, aussi incroyable que cela puisse paraître, quelques individus, historiens, hommes politiques (Le Pen), etc., s'efforcent de réviser" l'histoire en prétendant que les chambres à gaz n'ont pas existé: je ne dis pas que les chambres à gaz n'existent pas, je ne connais pas bien le sujet.  Ces gens ont plusieurs objectifs et leur méthode est simple.  En jouant sur des petits détails de l'historiographie de la Shoah, ils espèrent ouvrir le débat sur l'authenticité des chambres à gaz.  Tantôt lis ne nient pas l'extermination de plusieurs millions de juifs mais la méthode utilisée: les chambres à gaz. Tantôt ils s'attaquent aux chiffres et s'appuient sur l'incertitude à leur sujet pour tenter de décrédibiliser tous les travaux existants sur cette question.  Tantôt ils Se focalisent sur le discours de certains témoins pour essayer de remettre en cause la véracité de tous les témoignages. Modifier le passé pour mieux le réhabiliter Avec cette technique qui consiste à remettre en cause l'évidence en s'acharnant sur des détails, les "révisionnistes", que nous appellerons négationnistes - au sens où ils cherchent à nier avant tout, et ce derrière des textes plus que pseudo-scieniifiques -, espèrent réhabiliter le régime nazi.  Pour le résumer de façon un peu rapide, les négationnistes sont persuadés que les chambres à gaz sont une invention mise sur pied par la "juiverie internationale", ils veulent dès lors dénoncer l'existence de cette dernière et de son mensonge.  En même temps, une fois l'histoire modifiée, ils redonnent une image positive au régime nazi.  " Il s'agit de briser le consensus antifasciste issu de la Seconde Guerre mondiale et scellé par la révélation de l'extermination des juifs Des textes nauséabonds dans le vide juridique Internet peut être très utile, notamment pour les négationnistes qui peuvent diffuser leurs idées nauséabondes à l'abri des poursuites judiciaires.  Voici pour l'inauguration de cette nouvelle section d'Aide Mémoire, Réalité brute, quelques extraits d'un texte écrit par un négationniste notoire, Robert Faurisson.  Diffusés sur le site de L'Association des Anciens Amateurs de Récits de Guerre et d'Holocauste (http://www.abbc.com/aaargh/index.html  aaargh@abbc.com), site américain (AAARGH : PO Box 81475 Chicago, IL 60681-0475, USA), ces textes ne doivent pas être pris à la légère. Faurisson manipule les hommes, leurs paroles et leurs écrits pour tenter de déstabiliser le lecteur et lui faire perdre ses repères.  Si l'on pense à ce avec quoi il joue, ses textes peuvent donner la nausée.  Morceaux choisis  

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