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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide mémoire 7

Editorial : d'une guerre à l'autre

Raxhon, Philippe
n°7, octobre-décembre 1998

am07Les commémorations du 11 novembre sont venues heurter deux points particulièrement sensibles de notre actualité, à savoir la résistance contre le Blok, parti à la conquête de Bruxelles, et la question des sans papiers, réfugiés 'dans les églises. 
Des images colorées se sont superposées au film blanc et noir sang de la Première Guerre Mondiale, celles des manifestations pour raviver le souvenir de la Nuit de Cristal du 9 novembre 1938 et celles des contre-manifestants bruxellois entonnant le Chant des Partisans contre le parti flamand d'extrême droite. 
La mémoire est agitée ces temps-ci. Faisant feu de tout bois, mais pas pour un feu de joie, car ses lueurs sont celles de l'inquiétude face à la société qui change sans nous donner une vision claire de ce changement. 
Des analogies sont tissées pour engendrer des messages, comme si l'histoire était le dernier refuge de la sincérité des idéaux à défendre aujourd'hui. 
On évoque les tirailleurs sénégalais de 1914/1918, et les troupes marocaines saignées à blanc par les Allemands dans le Hainaut en 1940, pour démontrer que l'origine ne fait pas l'homme et encore moins le héros. 
On parle des Juifs fuyant l'Allemagne nazie et accueillis frileusement par des démocraties momies, en pensant aux réfugiés qui ne savent plus à quels saints se vouer, à part ceux du paradis. 

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Répétition ou nouveauté ?

Hotterbeex, Marcel
n°7, octobre-décembre 1998

"Le fascisme n'est pas une opinion, c'est une maladie de la pensée"
J'ai toujours ajouté au vieil adage "L'histoire ne repasse pas les mêmes plats", un complément, à mes yeux très important, "mais elle accommode les restes".
Ceci me paraît essentiel dans l'examen politique de comportements rappelant certaines attitudes du passé, ou même, s'en réclamant explicitement. Les actuels phénomènes d'extrême droite ressortissent de cette catégorie. Je vais donc passer préalablement à l'examen de la situation en Europe d'environ 1920 à 1975 mais en me concentrant surtout sur la période 1933 - 1945.
Examinons d'abord le cas de l'Allemagne. Sur un fond de misère sociale, d'humiliation nationale et de revanche, Hitler prit légalement le pouvoir. J'insiste toujours sur ce point car il résout le problème des limites de la démocratie. Un futur fossoyeur de la démocratie ne peut pas être admis au jeu parlementaire. D'autant plus que le livre "Mein Kampf" décrivait avec minutie et réalisme la suite des événements. L'Italie et la Hongrie l'avaient déjà précédée et d'autres l'accompagnèrent ou la suivirent. Le nazisme allemand s'appuie sur les pratiques suivantes :

1. Organisation d'une société totalitaire et dictatoriale.
2. Instauration du mythe du Chef et des affiliés faisant contrepoint au mépris de l'individu.
3. Diabolisation des opposants y compris la désignation publique de boucs émissaires.
4. Contradiction apparente entre un aspect populiste de défense de certaines catégories d'opprimés et le soutien actif des banques, de l'industrie et du grand commerce.
5. Vision universelle de la doctrine.
6. Massacres et génocides résultant du point 3.

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Pour en finir avec l'extrême droite : le faux débat

Jamin, Jérôme
n°7, octobre-décembre 1998

Depuis qu'un débat s'est installé dans nos sociétés tant sur la montée de l'extrême droite que sur les dangers que celle-ci représente pour la démocratie - débat qui touche particulièrement la Belgique et la France - il est de bon ton de s'être fait sa petite idée quant à la question de savoir si oui ou non il faut interdire les partis d'extrême droite. Parmi les différents opinions et raisonnements que génère ce débat, je souhaiterais rappeler et expliquer les deux positions qui en sont les plus radicales pour mettre à jour ce qui donne l'impression d'être une discussion basée sur un raisonnement erroné dès son origine. 
La première position, la première tendance (1), peut se résumer de la façon suivante. Sur base du fait que les partis d'extrême droite tels que le Front national en France (Le Pen), le Front national belge (Féret), le Front nouveau de Belgique (Bastien) et le Vlaams Blok (Vanhecke) proposent des politiques et répandent des idées en totale contradiction avec l'idéal démocratique (ou l'idéal républicain pour les Français), il faut, dans le but de tendre vers cet idéal, interdire l'existence légale de ces différentes formations. Cette interdiction doit être considérée comme évidente non seulement d'un point de vue éthique (2), mais également d'un point de vue juridique. En effet, la loi du 30 juillet 1981 (3) et la loi du 23 mars 1995 (4) ainsi que la ratification du Pacte international relatif aux droits civils et politiques du 16 décembre 1966(5) et de la Convention internationale du 21 décembre 1965 (6) sans oublier évidemment la Déclaration universelle des droits de l'homme du 10 décembre 1948, nous montrent de façon évidente que les idées, propos et objectifs des formations politiques d'extrême droite sont illégaux. 

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Assez !

Cornil, Jean
n°7, octobre-décembre 1998

Assez ! 
Depuis près de quinze ans, partout en Europe, les mouvements racistes et les partis d'extrême droite amplifient leurs résultats électoraux et minent progressivement le cœur même du débat démocratique. Non seulement ils suscitent de plus en plus un vote d'adhésion, mais ils brouillent le sens même des enjeux sur l'immigration, sur l'insécurité ou sur la toxicomanie par une confusion permanente et abusive de ces thèmes. 
Bien sûr, les causes qui engendrent le racisme quotidien, et le repli nationaliste, sont connues. Le chômage, l'exclusion sociale, le désarroi de ces quartiers en crise provoquent peur, détresses et angoisses qui rejaillissent sur celui qui nous est différent. 
Bien sûr, les autorités publiques, conscientes de ce mal des banlieues, mettent en œuvre des plans - insertion professionnelle, logement, emploi, contrat de sécurité, renouveau urbain, écoles à discriminations positives,... Mais les résultats sont à long terme. 
Les démocrates doivent sans cesse stimuler les droits et les libertés fondamentales. Mais aujourd'hui les discours incantatoires, le silence ou l'ignorance, la réfutation méthodique des arguments fallacieux ne suffisent plus. 
Aujourd'hui doit venir le temps de la répression. Car la haine raciale et l'antisémitisme, ne sont pas seulement des opinions, aussi abjectes soient elles, ce sont des infractions susceptibles d'amendes et de peines de prison. 
Alors, qu'attendent donc les démocrates ? 

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Fermez les centres fermés !

Raxhon, Philippe
n°7, octobre-décembre 1998

Ce qui heurte particulièrement les consciences dans le concept de "centres fermés pour étrangers", c'est le pari qu'implique la décision d'en construire dans notre démocratie, un pari sur le manque de confiance des hommes envers leurs semblables. Le gouvernement parie que les étrangers sont des criminels en germe, comme il parie que le cerveau du peuple n'est qu'un muscle, et qu'il faut donc apporter des réponses musclées pour séduire l'électorat. Dans les deux cas, il fait fausse route. Outre qu'un lieu clos est propice à toutes les avanies, l'enfermement collectif sans jugement de groupes humains qualifiés de dérangeants à toujours conduit à des tragédies, parce qu'il a dressé des catégories d'individus les unes contre les autres par la suite, avec tout un arsenal de justifications pour le faire. 
Si l'enjeu de ces camps, comme à Vottem, est de rassurer la population belge, le monde politique commet une erreur de perspective : il déçoit les démocrates sincères qui manifestent et sont battus pour ça, il renforce les convictions virulentes et purulentes des adversaires de la démocratie, et il laisse indifférents ceux qui le seront toujours, même si Godzilla dévastait la Grand Place de Bruxelles. Au demeurant, le nivellement par le bas n'a jamais élevé les hommes, c'est une guillotine sèche qui ne laisse aux citoyens que leurs pieds pour penser. Avec les drames liés aux enlèvements d'enfants, la Belgique semblait reprendre conscience de l'importance de protéger et de chérir ces derniers. Apparemment, c'était une illusion, puisque bientôt, il y aura des enfants qui dormiront derrière des fils de fer barbelés. 

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