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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide mémoire 6

Editorial : Voitures incendiées...

n°6, janvier-mars 1998

am06Voitures incendiées, vitrines brisées, affrontements avec les forces de l'ordre: les événements à Bruxelles, Liège et Anvers, cet automne, ont confirmé le profond malaise des quartiers pauvres de nos grands villes. Le fait exclusif de bandes de trafiquants de drogue? Soyons sérieux, Monsieur le ministre de l'intérieur! Si le commerce de la mort a pu jouer un rôle de catalyseur, ou de détonateur des violences, il ne constitue pas la racine du mal, mais un symptôme parmi d'autres. 
Le vrai problème, tout le monde le sait, même au cabinet de la rue Royale, c'est la difficulté de vivre, l'amertume de ces jeunes en proie au «mal du siècle» moderne: le chômage, la pauvreté, l'exclusion. Pas d'argent, pas de boulot, pas d'horizons, pas de perspectives d'avenir sérieuses. Et le racisme, le mépris des autres, des nantis, des flics... 
C'est ce mal-là qu'il faut soigner, en proposant aux jeunes de ces quartiers un autre médicament que ceux qu'ils ont adopté spontanément: drogue, vandalisme, décrochage scolaire... 
Au-delà de ce diagnostic, qui a du reste été posé depuis longtemps par tous les observateurs sérieux et objectifs, les événements d'Anderlecht, de Droixhe et d'Anvers apportent une autre leçon, qui vaut d'être méditée. Les jeunes impliqués dans les échauffourées ont refusé de céder aux tentatives de récupération politique qui n'ont cependant pas manqué. De la part, notamment, de ceux pour qui chaque étincelle semble devoir être le détonateur d'un grand soir toujours remis aux calendes grecques. Dans la banlieue de Liège, une provocation vraisemblablement orchestrée de l'extérieur n'a pas débouché sur les incidents sérieux qu'espéraient sans doute ses auteurs. Les jeunes n'ont pas embrayé, et l'incident n'a pas dégénéré en émeute, comme on aurait pu le craindre. 

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Vers une Europe des Centres de Mémoire : avec la création de la F.E.CM.

n°6, janvier-mars 1998

Vers une Europe des Centres de Mémoire : avec la création de la F.E.CM. 
L'Europe de la mémoire est sur les rails. Notre association "Territoires de la Mémoire" est en effet à l'initiative de la création de la Fédération Européenne des Centres de Mémoire (FECM) qui a vu le jour en octobre 1997 à Liège. 
Au départ de cette organisation, un simple constat: aucun lien structurel, hors des relations personnelles d'estime et d'amitié qui peuvent se lier lors des rencontres et des visites réciproques, ne relie les nombreux lieux qui, dans toute l'Europe, perpétuent la mémoire des horreurs des totalitarismes, et visent à préserver et à promouvoir les valeurs démocratiques fondées sur les droits de l'Homme. Or, il est clair que chacun gagnerait à s'inscrire dans un réseau qui coordonnerait et réunirait les efforts de tous. 

UN LIEU PRIVILEGIE 
Nous avons donc suggéré la création, en Europe, d'un lieu privilégié d'échange d'informations, de confrontation d'expériences et de pratiques. Un lieu qui puisse également devenir le point de départ d'un véritable réseau bibliographique et d'un centre de diffusion et d'édition. Un creuset pour l'organisation d'événements à vocation internationale, pour favoriser la conception et la production de différents projets, l'échange d'étudiants, de scientifiques, etc. 
Bref, il s'agissait de rendre possible, ensemble, ce qui dépasse les moyens logistiques, financiers ou matériels de chacun en particulier, sans porter atteinte à la spécificité ou à l'indépendance de quiconque. La Fédération que nous appelions de nos voeux devrait, par son existence et par son action, participer pleinement d'une Europe de la Culture et des Droits de l'Homme qui, notamment par la prise en compte critique du passé et du présent, représente également les valeurs non-marchandes, la tolérance et la démocratie. 

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Délit d'appartenance: marche arrière

n°6, janvier-mars 1998

Dans le numéro précédent d'Aide-Mémoire, nous attirions l'attention sur les risques que fait courir à la démocratie le libellé d'un projet de loi visant à réprimer les organisations criminelles de type mafieux. Il nous semble en effet que, si l'on n'y prend garde, cet «article 342» pourrait être utilisé à l'encontre de syndicats, de partis politiques ou d'autres associations qui s'opposeraient au pouvoir politique ou économique. Et nous sommes inquiets de constater que le texte permet de poursuivre des individus du seul fait qu'ils sont membres de ces associations. 
«Territoires de la Mémoire» partage donc les craintes de nombreuses associations de défense de la démocratie, qui ne sont pas suspectes de sympathie pour le crime organisé: Juristes Démocrates, Ligue des Droits de l'Homme, Union des Antifascistes, etc. Nous avons adressé à tous les députés et tous les sénateurs une lettre regrettant le vote du texte à la Chambre, et demandant qu'on refuse de le voter lors de son examen au Sénat: notre arsenal législatif réprimant l'association de malfaiteurs et le blanchiment d'argent nous paraît suffisamment complet pour qu'il ne faille pas l'encombrer de dispositions qui, entre des mains mal intentionnées, pourraient se muer en un redoutable outil de répression anti-démocratique. 
L'importance du courrier que nos avons reçu en réponse tranche singulièrement avec l'indifférence dans laquelle le projet avait été adopté par les députés, cet été. 
Tandis que les écologistes, et notamment Vincent Decroly et Olivier Deleuze, rappellent leur opposition absolue, dès l'origine, à ce texte de loi, les autres députés et sénateurs reconnaissent avec un bel ensemble que, à tout le moins, la formulation de l'article 342 peut prêter à confusion. 

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Algérie : la solidarité sans ingérence, S.V.P. !

n°6, janvier-mars 1998

"Le peuple algérien a besoin de solidarité, mais sans arrière-pensées politiques. C'est par lui-même, sans aucune ingérence extérieure, qu'il doit bâtir le système véritablement démocratique qui, seul, peut lui permettre de sortir de la tragédie actuelle". 

Tel est le message transmis par Rania Oukazi, journaliste au journal algérien El Watan lors d'un entretien avec «Territoires de la Mémoire», en marge du congrès «Osons l'Utopie», organisé en novembre par le CAL de Liège. Un message qui fut d'ailleurs relayé par d'autres Algériens devant la commission spéciale du Parlement européen, fin novembre. 

QUI TUE QUI? 
Aide-Mémoire: Le gouvernement FLN et les islamistes ne se partagent-ils pas les responsabilités clans les événements qui ensanglantent votre pays? 

Rania Oukazi: Il ne faut pas confondre. Le pouvoir a sans doute des aspects mafieux, notamment dans sa volonté de préserver ses intérêts acquis depuis 30 ans, mais il n'est pas véritablement totalitaire. Il laisse le peuple faire ce qu'il veut, notamment dans l'économie informelle. Les islamistes, c'est tout-à-fait autre chose. C'est l'ingérence dans la vie privée, intime, de l'être humain. Avec, pour objectif ultime, la prise du pouvoir Il est absurde de poser la question en termes de «Qui tue qui?» On le sait très bien; les tueurs sont parfaitement identifiés; on connaît leurs noms, leurs voix, leurs visages. Bien sûr, le gouvernement a de lourdes responsabilités. Mais les massacres sont clairement le fait des islamistes. Il n'y a aucun doute. 

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Interdire l'extrême droite (suite) ? un débat qui irrite les néo-nazis

n°6, janvier-mars 1998

"Ce sent le Juif, ici!" L'irruption dans la salle d'une poignée de jeunes néo-nazis a illustré à suffisance l'actualité du débat organisé début novembre 1997 à Charleroi, sur le thème: "Faut-il interdire l'extrême droite"

La réponse des démocrates est bien sûr très nuancée, comme l'indiquait, dans le précédent numéro d'Aide Mémoire, notre tour d'horizon des partis démocratiques. La réponse des totalitaires, par contre, l'est beaucoup moins. Saluts nazis, injures racistes, menaces,... Décidément, la suggestion d'interdire les partis qui se réclament du totalitarisme semble titiller des réflexes bien ancrés chez ceux qui se réclament de l'héritage malodorant des années noires. 

INTERDIRE? OUI, MAIS... 
Les partis politiques démocratiques avaient largement répondu présent à l'invitation de poursuivre en public, à l'occasion de la commémoration de la Nuit de Cristal, le débat lancé dans ces colonnes sur le thème de l'interdiction de l'extrême-droite. Le député Jean-Jacques Viseur pour le PSC, le sénateur Paul Staes pur le CVP, le député Claude Eerdekens pour le PS, le député wallon Daniel Ducarme pour le PRL et Jean-Marc Nollet, secrétaire politique Ecolo à la Communauté française, avaient accepté de défendre la position de leurs formations respectives. Et même un peu plus, sans doute, dans chef de Claude Eerdekens, qui n'a pas hésité à réitérer son engagement personnel en faveur de l'interdiction de l'extrême-droite, en tout cas de leur accès aux médias publics et au financement public: «face à des salopards, il faut utiliser les moyens nécessaires pour les mettre hors d'état de nuire. il faut refuser qu'ils se présentent aux élections. Je suis partisan de la méthode forte». 
Cette position assez radicale, qui est d'ailleurs loin de faire l'unanimité au sein du PS, n'est pas partagée par ses collègues, opposés à une interdiction pure et simple. 
Daniel Ducarme notamment se refuse à diaboliser l'extrême droite: «Les traiter de salopards, c'est les renforcer. Il faut respecter la liberté d'association et d'expression. Mais aussi, il ne faut pas leur ouvrir les moyens médiatiques. Il n'est pas bon de parier avec eux sur un pied d'égalité». Et de plaider pour des politiques plus fortes de réintégration sociale, afin de renforcer la cohérence de la société, tout en suggérant une pondération des scrutins afin de rendre plus difficile l'accès des partis totalitaires à la représentation politique. 

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