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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide mémoire 5

Editorial : Ainsi donc, les pays scandinaves...

n°5, octobre-décembre 1997

am05Ainsi donc, les pays scandinaves, présentés comme les démocraties les plus avancées du monde, les États les plus attentifs, les plus proches de leurs citoyens, ont organisé pendant des années des pratiques eugéniques que n'auraient pas désavoué les tenants de théories racistes, voire nazies. 
Les Suédois et les Danois seraient-ils donc passés maîtres dans l'art de tromper leur monde? Leur social-démocratie ne serait-elle que la façade dissimulant un régime fascisant? Non, bien sûr. Sans aucun doute, les gouvernants de l'époque ont agi de bonne foi, sûrs qu'ils étaient de faire pour le mieux. Ce n'en est que plus inquiétant. Car cette affaire démontre que les meilleures intentions du monde peuvent déboucher sur de véritables catastrophes si les objectifs poursuivis sont exprimés en termes d'organisations, et non pas en termes d'individus. A force de vouloir une société plus équilibrée, plus "ordonnée", les Scandinaves en ont oublié l'Homme. Car ce qui est révoltant en l'espèce, ce n'est pas les mesures de stérilisation en elles-mêmes, c'est leur institutionnalisation, leur inscription dans un système contre lequel les individus n'ont aucun recours. Oublier le "facteur humain", c'est entrer très vite dans l'univers de Kafka, dans une logique de systèmes où l'individu est inexorablement broyé dans des mécanismes qui n'ont d'autre justification que leur propre mouvement, inexorable. 

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Partis d'extrême droite : honnis mais admis

n°5, octobre-décembre 1997

Faut-il interdire les partis d'extrême-droite? Nous avons posé la question aux différents partis démocratiques représentés au parlement national. Même si l'on constate des nuances (importantes) dans la formulation, leur réponse est sans ambiguïté : NON! 
Tant qu'ils restent plus ou moins dans la légalité, lestenants de l'ordre nouveau pourront continuer à infecter l'ordre démocratique danslequel ils prospèrent. mais l'unanimité n'est que de.façade : des voix s'élèvent pour réclamer la mise hors la loi des ennemis de la démocratie. 
Aide-Mémoire s'est donc adressé à tous les partis démocratiques représentés au Parlement (PS, SP, PSC, CVP, PRL, VLD, Volksunie, AGALEV et Ecolo) pour leur poser cette simple question : la démocratie peut-elle continuer à nourrir en son sein les ennemis de la démocratie? En d'autres termes, êtes-vous partisan de l'interdiction légale des partis d'extrême-droite? 

SEUL LE PSC... 
Un premier sujet de satisfaction : le problème apparaît suffisamment digne d'intérêt pour que les états-majors de ces différentes formations aient pris la peine de nous répondre, parfois très sommairement, parfois de manière très détaillée. A une exception près : le PSC, qui a sans doute d'autres chats à fouetter dans ses propres rangs et qui n'a pas jugé utile d'accuser réception de notre courrier. Avec un ensemble touchant, les huit partis qui ont bien voulu nous répondre s'accordent donc à reconnaître le caractère nuisible des formations d'extrême-droite, et le danger qu'elles représentent pour la démocratie. Certes, reconnaissent-ils, il serait souhaitable de réduire leur impact, de sanctionner leurs excès et, éventuellement, de leur couper les vivres. Mais aucun n'envisage une interdiction pure et simple. Faut-il donc tolérer l'intolérance? 

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Les trois chances de Lala Lubelska : une rescapée d'Auschwitz témoigne

n°5, octobre-décembre 1997

Du ghetto de Lotz à Auschwitz, de l'esclavage sous les bombes à la Libération par les Américains, la vie de Lala n'a tenu qu'à un fil, à un tout petit brin de chance. Trois chances, plutôt, comme elle nous l'a rapporté dans un témoignage rendu plus bouleversant encore par sa retenue, son contrôle. Cinquante ans après, Lala n'a rien oublié et, sans doute, rien pardonné même si elle dit avoir "fait la paix avec les Allemands'. Mais pas avec les nazis. Ni les néo-nazis... 
L'aventure de Lata Lubelska et de ses soeurs, c'est celle de centaines de milliers de Juifs polonais pris au piège de la conquête nazie dans un pays qui, déjà, n'était pas vraiment le leur. 
Lala vit à Lodz, avec ses deux soeurs jumelles Kika et Kuka et ses parents. Dora, sa soeur aînée, habite la ville avec son mari et sa fillette. Deux autres soeurs plus âgées, fuyant l'antisémitisme qui caractérise la Pologne de l'avant-guerre, ont déjà trouvé refuge en Palestine. 
Quand la guerre éclate, en 1939, Lodz est annexée au Reich et les Juifs qui survivent aux pogroms systématiques, aux rafles, aux exactions, sont parqués dans le ghetto, le quartier de la ville qui leur est réservé et qui, déjà, est un camp de concentration avant la lettre : barbelés, sentinelles, mauvais traitements, nourriture insuffisante. La barbarie y est quotidienne : pendaisons, fusillades, assassinats d'enfants, de mères qui cherchent à les sauver. 

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Délit d'appartenance? Vigilance

n°5, octobre-décembre 1997

La volonté de se doter d'outils efficaces dans la lutte contre les différentes mafias qui exercent, ou risqueraient d'exercer leurs activités en Belgique, aamené le ministre de la Justice, Stefaan De Clerck, à rédiger un projet de loi qui mérite pour le moins qu'on y prête attention. Ce projet prévoit en effet, notamment, que le simple fait de faire partie d'une organisation criminelle est punissable, "même si la personne n'a ,pas l'intention de commettre une infraction dans le cadre de cette association, ni de s'y associer (... ) ". 
Une telle disposition est évidemment un outil efficace au service de l'appareil policier, qui pourra se borner à prouver que tel ou tel suspect fait partie d'une organisation criminelle, sans devoir démontrer qu'il a commis tel ou tel crime particulier. Mais ce texte introduit aussi, dans notre législation, une notion très dangereuse : le délit d'appartenance. 
On ne mettra pas en doute la bonne foi du ministre : sans doute a-t-il prévu tous les garde-fous nécessaires pour qu'un honnête citoyen ne soit pas inquiété pour sa participation à une association qui, au fil du temps, se serait par exemple rendue coupable de l'une ou l'autre "dérive" condamnable. Mais on ne peut s'empêcher de penser qu'il ne faudrait guère changer la formulation de ce projet pour qu'il puisse être utilisé pour une chasse aux sorcières comme celle orchestrée par le fameux "Comité sur les activités antiaméricaines" qui a sévi aux États-Unis dans les années 50. On n'en est pas encore là, bien sûr. Mais, il vaut mieux rester vigilants. Une loi introduisant le "délit d'appartenance" à des associations, dans un État qui se dote d'une police centralisée et unifiée : est-ce cela la "nouvelle citoyenneté" dont on nous rebat les oreilles? 
A suivre...

Mots-clés : 
Association,Citoyenneté
© Les Territoires de la Mémoire- Belgique

Simone Veil : le sens d'un parrainage

n°5, octobre-décembre 1997

Le sens d'un parrainage : Simone Veil 
Membre du Comité de parrainage des Territoires de la Mémoire depuis les tout débuts de notre aventure, Simone Veil avait sa place à nos côtés à plus d'un titre. 
Celui, d'abord, de témoin de l'intolérable, avec sa douloureuse expérience de l'horreur concentrationnaire. Coupable du seul crime d'être juive, elle a connu à 17 ans l'enfer d'Auschwitz, puis celui de Bergen-Belsen. Une expérience qui devait marquer sa vie, comme elle a marqué la vie de tous ceux, hommes ou femmes, qui l'ont partagée. 
Celui d'acteur politique, ensuite, avec une carrière marquée par des charges prestigieuses : ministre de la Santé, présidente du Parlement européen, ministre d'État... Avec, notamment, son combat victorieux pour permettre aux femmes françaises de décider elles-mêmes de leur destin, grâce à la loi qui porte son nom. Avec, aussi, un engagement sans faille en' faveur d'une Europe unie autour d'une certaine conception humaniste. 
Celui, enfin, de militante de la Tolérance, qui l'a toujours conduite à refuser de sacrifier ses principes à la politique politicienne. Et qui faisait d'elle là personne toute désignée pour accéder, en mai dernier, à la présidence du Haut Conseil français à l'intégration. 
Simone Veil se situe plutôt à droite de l'échiquier politique français. Mais personne, bien sûr, ne s'est jamais hasardé à la soupçonner de la moindre complaisance pour les idées véhiculées par l'extrême-droite. 
Car Simone Veil est aussi une militante de la Mémoire, qui refuse que soient oubliés, ou même minimisés les faits du passé. Sans esprit de vengeance : "Les responsabilités individuelles ne m'intéressent plus tellement aujourd'hui. C'est le phénomène collectif qui me paraît important et c'est la raison pour laquelle, sur le plan collectif, il me paraît nécessaire de l'étudier, de voir comment il s'est produit, en montrant comment quelqu'un peut être responsable sans avoir pris directement des décisions, par les idées ou les idéologies qu'il a répandues, ou encore par les lâchetés successives qu'il a admises. C'est l'histoire qui m'intéresse, le processus historique. (... ) Ce qui est important, c'est de savoir jusqu'où on peut penser qu'on est utile, dans certaines circonstances, parce qu'on "limite la casse" et à quel moment il faut se démettre sous peine d'être complice. Parce que la question peut toujours se poser. Même quarante ans après".
Parrains des Territoires de la Mémoire : Simone Veil, Arthur Haulot, Elie Wiesel , Marek Halter et Gérard Paquet

Mots-clés : 
Biographie,Territoires de la Mémoire
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