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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide-mémoire 84

L’extrême droite est-elle soluble dans la démocratie ? (éditorial)

Par Julien Paulus, rédacteur en chef

 

AM84 p.1 Pim Fortuyn Rotterdam ccM.MinderhoudPendant des années et encore actuellement, l’énorme écho des évènements historiques ayant eu lieu dans la première moitié du XXe siècle influença fortement notre approche et nos tentatives de compréhension d’éléments bien particuliers de notre époque contemporaine. La question de l’extrême droite en fait indéniablement partie. Ainsi est-il toujours commun – voire commode – de voir en elle une résurgence des fantômes du passé, une tentative de retour à la barbarie des totalitarismes fascistes des années trente, le prolongement de mouvements violents et antidémocratiques que l’on pensait vaincus mais qui relèveraient obstinément la tête. Et dans une telle perspective, il ne fait pas de doute qu’extrême droite et démocratie ne peuvent constituer entités plus antinomiques l’une vis-à-vis de l’autre.

Et pourtant. Depuis quelques temps, les repères semblent se brouiller, les certitudes se trouvent ébranlées et des questions se posent quant aux rapports réels existant entre extrême droite et démocratie. S’il est manifeste que des mouvements tels que le fascisme italien, le nazisme allemand ou le franquisme espagnol se sont bel et bien constitués et structurés par une opposition frontale aux régimes démocratiques parlementaires qu’ils abhorraient, les choses sont aujourd’hui beaucoup plus complexes. Ainsi voit-on des thématiques à haute valeur démocratique telles que le droit des femmes ou la laïcité être mobilisées par des mouvements et des partis que, traditionnellement, nous situerions tout à droite de l’échiquier politique. Alors ? Récupération ? Tactique électoraliste ? Supercherie politicienne ? Ou, comme le suggère audacieusement l’article de François Debras ci-contre, véritable projet de redéfinition d’une démocratie d’un type fort singulier ? Difficile de trancher.

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La démocratie identitaire

Par François Debras, Maître de Conférences (Université de Liège)

AM84 p.6 7 DebrasDepuis de nombreuses années, les observateurs de la vie politique se posent la question de savoir si l’extrême droite est oui ou non démocratique. Historiquement, ces deux ensembles – extrême droite et démocratie – sont étudiés comme porteurs de valeurs diamétralement opposées. Liberticide, inégalitaire, autoritaire… ces éléments constitutifs de l’extrême droite justifieraient sa mise à l’écart des accords de gouvernement et des débats politiques et médiatiques.

 

La guerre des mots

Pourtant, depuis les années 70, entre l’extrême droite et la démocratie, entre le « noir » et le « blanc », s’est créée une « zone grise[1] ». Cet espace politique flou regrouperait un ensemble de partis politiques hétérogènes au niveau de l’idéologie prônée, du programme défendu ou encore des discours véhiculés. Présentant un « nouveau visage », ces formations politiques « dédiabolisées[2] » n’entretiendraient plus de rapports explicites avec le nazisme et le fascisme historiques. Finis les costumes militaires, finies les parades dans les rues, finie l’évocation d’une hiérarchie des races. Bien sûr, la législation en vigueur dans bon nombre d’États européens les en empêche. Mais, outre cela, il est désormais question de lutte contre les « élites » et pour le « peuple », de droit d’association, de droit à la différence, d’égalité homme-femme, de laïcité, de référendum… autant de sujets qui jettent le trouble sur l’historique et systématique opposition qui existait entre l’extrême droite et la démocratie. Le Front national en France (FN) et le Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ), deux partis que nous avons décidé d’investiguer dans le cadre de cet article, illustrent cette « transformation ».

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Garder les pieds sur terre face aux théories du complot : retour sur une soirée éclairante

Par Julie Mignolet et Jérôme Delnooz

 

DSCN2251Du 22 janvier au 12 février 2018, l’Espace-rencontre de la Bibliothèque George Orwell a accueilli l’exposition L’analyse critique comme moyen de résistance aux théories du complot et leurs dérives radicales de l’asbl Ami entends-tu ? Un outil pour aborder un sujet plus que jamais d’actualité ! En effet, comme le mentionne l’asbl dans le dossier pédagogique lié à l’exposition : « Par le passé, certaines théories du complot se sont révélées être l’une des armes choisies pour stigmatiser une partie de la population (Juifs, communistes, Tutsi…). Aujourd’hui encore, les théories du complot sont générées par la méfiance et la peur dues à une multiplicité d’évènements angoissants tels que les conflits mondiaux, la crise économique, la menace terroriste ou encore les multiples scandales politiques. »

 

Vernissage de l’exposition et projection-débat autour d’Opération Lune le 25 janvier 2018

Le vernissage a été l’occasion pour le public de découvrir l’exposition et, avec Erika Donis (présidente de l’asbl Ami entends-tu ?) et Jérémy Hamers (professeur à l’ULiège en Communication) de s’interroger sur les difficultés actuelles rencontrées par la presse, sur sa fausse neutralité, sur l’usage politique des théories du complot, sur les mécanismes psychologiques qui mènent à l’adhésion à celles-ci…

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#BalanceTonMigrant

Par Jenifer Devresse

 

AM84 p.4 120dezibelSuccesseur autoproclamé du hashtag #MeToo, le dernier chouchou des réseaux sociaux version germanophone entend bien faire du bruit. Le mouvement « #120db » s’est lancé le 1er février dernier avec un clip vidéo cinglant et dénonciateur, voué à libérer la parole des femmes victimes de violences sexuelles. Seul hic : le clip de campagne #120db vise exclusivement les crimes commis par les migrants.

Neuf jolis minois savamment maquillés se succèdent face caméra. Le ton est grave, solennel. « Mon nom est Mia. Mon nom est Maria. Mon nom est Eva. Mon nom est Mia. Mon nom est Maria. Mon nom est Eva »[1]… Quelques notes de piano gentiment stressantes ajoutent encore du drama aux voix monocordes. Mia, Maria et Eva sont les prénoms de trois victimes de faits divers sordides qui ont récemment ému l’Allemagne. Trois jeunes femmes, tuées, violées. Autre point commun moins attendu de ces crimes : tous sont le fait de migrants.

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Les habits neufs de la bête : Trump, N-VA, AfD… nouvelle droite 2.0

Par Olivier Starquit

 

AM84 p.5 StarquitRécemment, le New York Times a titré que Théo Francken était le Trump belge[1]. Ce qui n’a pas eu l’air d’étonner Ico Maly auteur de l’ouvrage Nieuw rechts[2] et professeur à l’université de Tilburg .

 

Trump et la N-VA

Tout d’abord parce que pour lui, Trump et la N-VA s’inspirent des mêmes sources : le philosophe anti-Lumières Edmund Burke, le philosophe Johann Gottfried von Herder, l’historien Friedrich Meinecke et Oswald Spengler, sans oublier Roger Scruton et Alain de Benoist.

Ces anti-Lumières contemporains que sont Trump, UKIP, la N-VA rêvent d’un monde de nations et de régions souveraines et homogènes sur le plan ethnoculturel et ils pensent tous que le monde actuel est dans une crise profonde mais aussi qu’une période dorée va surgir, à savoir une renaissance, celle d’un nouvel ordre mondial qui ne repose pas sur les droits humains universels mais qui comprend des groupes humains organiques et homogènes sur le plan culturel.

Trump ne serait que la radicalisation d’une idéologie qui modifie depuis déjà deux décennies les courants dominants et il a remporté les élections par le recours à un populisme algorithmique : où des algorithmes sont utilisés pour construire un peuple (il fait notamment appel à la société militaire Cambridge Analytica dirigée par Robert Mercer qui, en recourant à des millions de données liées aux clics a pu cibler des niches électorales, notamment en postant des dark posts[3] sur certains fils privés sur Facebook).

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