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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide Mémoire 82

Propriété, usages et perspectives (éditorial)

Par Julien Paulus, rédacteur en chef 

320px No trespassing by Djuradj Vujcic« Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : “Ceci est à moi”, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d’horreurs n’eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : “Gardez-vous d’écouter cet imposteur ; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n’est à personne”. »

Souvent citée, la phrase est connue ; elle est de Rousseau et ouvre la seconde partie de son Discours sur l’origine et les fondements des inégalités parmi les hommes, publié en 1755. Ainsi extraite de son contexte, cette citation peut laisser entendre que, bien qu’il la juge fort dommageable à l’humanité, l’auteur considère la propriété privée (ici l’enclosure) comme un fait inévitable et fondateur de nos sociétés. Or ce serait ignorer les quelques lignes qui suivent, plus rarement citées, selon lesquelles : « cette idée de propriété, dépendant de beaucoup d’idées antérieures qui n’ont pu naître que successivement, ne se forma pas tout d’un coup dans l’esprit humain. Il fallut faire bien des progrès, acquérir bien de l’industrie et des lumières, les transmettre et les augmenter d’âge en âge, avant que d’arriver à ce dernier terme de l’état de nature ».

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Au-delà du capitalisme : voyage au sein des communs (2e partie)

Par Jérôme Delnooz 

 

AM82 p1 Thephoneboxlibrary SebastienHandleyDans le précédent article, notre remontée du temps en compagnie des communs nous avait transportés du Moyen Âge au présent, en quête d’autres imaginaires mobilisateurs. On a pu y voir fleurir, certes timidement, des modèles alternatifs au capitalisme : transition, décroissance, économie du partage, communs, etc. Des mouvements qui convergent tout en étant très singuliers. Sans chercher à les mettre en perspective avec ces autres semences de « mondes possibles », nous allons essayer ici de définir les principales caractéristiques et acceptions des communs tels qu’ils sont expérimentés aujourd’hui. Exercice peu aisé : le commun est en effet un terme polysémique et fuyant, peu prompt à se laisser enfermer dans une seule case, se déclinant tant sur le fond que sur la forme (le commun, les communs, les biens communs, le bien commun). Alors, au final, qu’est-ce qui est commun aux communs ?

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Le commun comme pratique située (entretien)

Entretien avec Dominique Nalpas

Commoneur bruxellois, Dominique Nalpas participe au projet Commons Josaphat, coordonne les États Généraux de l’Eau à Bruxelles et est administrateur d’Inter-Environnement Bruxelles.

 

 

AM82 p.4 Friche de Josaphat Commons Josaphat webGaëlle Henrard : Vous participez depuis plusieurs années maintenant à l’action de Commons Josaphat[1], pourriez-vous retracer un peu cette expérience de terrain, la praxis qui s’y développe ?

Dominique Nalpas : Ce projet sur la friche de Josaphat a émergé grâce à la rencontre entre plusieurs collectifs agissant sur des thèmes variés (eau, alimentation, récupération des déchets, etc.) à l’occasion du Festival des Libertés vers 2013-2014. Nous voulions prolonger nos réflexions dans quelque chose de concret, d’agissant et le thème des biens communs constituait un lien entre nos actions respectives. On commençait à parler du commun sans pour autant savoir précisément ce que cela recouvrait. Nourris de réflexion et de lectures (Elinor Ostrom, Dardot et Laval, Bollier, etc), nous avons tenté de dégager ce que nos pratiques recelaient de l’ordre de ce commun.

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Expériences et mises en pratique du « rêve égalitaire » en Espagne, d’hier à aujourd’hui

Par Maite Molina Mármol

 

AM82 p567 Molina LaSelba« Les organisations de la classe ouvrière se sont installées dans les bureaux et les villas des riches. Les couvents, débarrassés de leurs parasites, servent d’école ; une nouvelle université va même fonctionner dans un cloître de religieuses. Des restaurants populaires, créés par des comités paysans, sont à la disposition de la milice et des travailleurs organisés. Chez les commerçants qui spéculent sur le renchérissement de la vie, on saisit les stocks et on les répartit.

Mais le plus grand changement concerne la sphère de production. Beaucoup de chefs d’entreprise, techniciens, directeurs, propriétaires fonciers et administrateurs ont fui. D’autres ont été arrêtés par les travailleurs et ont été jugés. Le Syndicat des Travailleurs du secteur textile estime que, dans son domaine, la moitié des patrons se sont enfuis ; quarante pour cent d’entre eux ont été ‘mis à l’écart de la sphère sociale’, le dixième qui reste s’est déclaré prêt à travailler selon les nouvelles conditions, c’est-à-dire comme employés des travailleurs. Les conseils et les comités de travailleurs contrôlent les industries, confisquent les firmes et les sociétés privées. Les principaux moyens de production sont repris par les syndicats, les coopératives agricoles et les administrations municipales. Seuls les petits commerces du secteur des biens de consommation demeurent propriété privée[1]. »

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Téléchargements (in)contrôlables

Par Michel Recloux

Pendant que j’écris ces lignes, je télécharge les épisodes de la saison 7 de Game of Thrones via un site qui met à disposition des liens de téléchargements. Il ne demande pas de rémunération, il ne possède pas le fichier. N’est-ce pas comme si je passais chez un ami lui emprunter cette série pour la regarder confortablement allongé dans mon divan ? Eh bien non, vous pouvez être sûr que ce comportement est illégal du point de vue du droit d’auteur et des droits dérivés (ceux des producteurs notamment)[1]. Et bien que certaines recherches démontrent que le piratage[2] augmente les ventes des originaux[3], celui-ci est poursuivi avec la dernière ferveur par les juristes des sociétés de production. Nous vivons dans un monde où tout semble disponible gratuitement sur le Net, il suffit de cliquer pour se servir. La plupart des biens culturels ne font pas partie des « communs », leurs usages sont soumis à autorisation et doivent rapporter une rémunération aux auteurs et producteurs.

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