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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide memoire 79

Les églises médiatiques seraient-elles en train de se vider?

Par Julien Paulus, rédacteur en chef

 

AM79 p.6 7 Starquit2L’élection de Donald Trump le 8 novembre 2016, la victoire du « Leave » lors du référendum britannique sur le Brexit le 23 juin de la même année, sans parler de celle des opposants au projet de réforme de la Constitution italienne de Matteo Renzi le 4 décembre ou – pour prendre un exemple plus lointain – celle du « Non » au référendum français sur le traité établissant une constitution pour l’Europe en 2005… Tous ces évènements ont en commun d’avoir constitué des surprises, non seulement pour les instituts de sondages mais aussi pour la majorité des grands médias qui, d’une manière ou d’une autre et à des degrés de subtilité divers, avaient pris position dans les débats et vécurent les résultats précités comme autant de « défaites » qu’ils se mettaient ensuite en devoir d’analyser afin de comprendre pourquoi le message n’était « pas bien passé ».

Et certains, dans une démarche critique qu’on était pourtant en droit d’espérer plus entreprenante, de se perdre en conjectures faites, tour à tour, de « plombiers polonais », de xénophobie populaire (notamment, en Grande-Bretagne récemment, à l’égard de… Polonais) ou de « déplorables » vis-à-vis desquels on finit par se demander s’il ne faudrait pas être un peu plus sélectif dans l’attribution du droit de vote.

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Sans prétention. Information et engagement : des Youtubeurs à l’assaut de la gazette de papa

Par Jenifer Devresse

 

AM79 p.1 Devresse ccJacek HalickiLes dernières années ont vu fleurir des médias d’un type nouveau, plus engagés, plus personnels, portés par des Youtubeurs, bloggeurs et autres podcasteurs, boostés par les potentialités du net. Leur succès croissant semble narguer la décadence de médias « dominants » – mais est-ce toujours bien le cas ? – en mal de public. De quoi remettre en question les méthodes de nos bonnes vieilles gazettes : le support ne suffit pas à expliquer leur déclin. À quelle infidélité attribuer ce divorce entre médias et public et, peut-être, ce remariage ? Quelques soupçons, sans prétention.

 

« Salut ! C’est évidemment Donald Trump le nouveau président des États-Unis… Là, au moment où je tourne, c’est J -3, mais comme j’en suis sûr à 100 % je me permets de faire cette vidéo. Par contre je me suis dit que c’était plus facile d’en parler après. C’est pour ça que vais uploader la vidéo… j’imagine lundi ou mardi, et vous la mettre en ligne seulement après le résultat officiel[1]. »

On s’en doute, il ne s’agit pas de l’ouverture du J.T. du 8 novembre dernier. Impensable ! Ce serait avouer que l’élection de Donald Trump ne constitue pas en soi un « événement ». Et plouf, voilà que « les infos » ne livreraient pas d’information. Impensable… Mais non, il s’agit juste de l’entame vidéo d’un quelconque Youtubeur français à 650 000 abonnés, Kriss Papillon.

 

Une impudique transparence

Les médias dits « dominants » ou « traditionnels » tournent eux aussi parfois leurs sujets à l’avance, y compris les nécrologies… Mais pour que la fiction tienne, mieux vaut ne laisser aucune trace des recettes de fabrication… J’ai dit « fabrication » ? Non, non, l’information, la vraie, est autonome et le journaliste un observateur plutôt qu’un bâtisseur. Tout l’inverse des interventions intempestives de ces Youtubeurs qui révèlent si volontiers leurs secrets de cuisine. Sans aucune pudeur, ils explicitent leurs choix, livrent les dessous de leur pratique, étalent leur financement, répondent aux critiques, confient leurs doutes et les failles de leur argumentation : « je vais essayer de te donner un exemple. J’ai pas de chiffres, mais bon, ouvre les yeux, ça semble vérifiable ».

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Les Médias sociaux, nouvelle frontière de la lutte hégémonique ?

Par Olivier Starquit

 

AM79 p.6 7 Satrquit2 Lisboaccr2hoxNuages noirs

Dans Médias contre Médias[1], Clément Sénéchal ex-community manager de Jean-Luc Mélenchon lors des élections présidentielles de 2012 analyse les rapports entre les médias traditionnels et les nouveaux médias sociaux. Dans un premier temps, il dresse un réquisitoire assez sévère à l’encontre des médias au fonctionnement vertical, en dénonçant tout particulièrement la concentration économique qui s’accompagne d’une déréliction démocratique. Il y décèle aussi les « facteurs structurants de la fabrique du consentement : la propriété, le contrôle direct, les dépendances financières et les intérêts croisés des médias avec les acteurs et les sources d’information[2] ». Ces quatre facteurs influent bien évidemment sur la manière dont l’information – qui est toujours une interprétation du monde – est fabriquée et transmise, notamment par la sélection et l’occultation de certains faits, l’angle choisi, les tris opérés, la sélection et l’agencement, ou encore le choix des locuteurs autorisés à commenter, à savoir ces éditorialistes qui se muent en « opinion publique auto-instituée, en gardiens de l’espace public, en locuteurs autorisés et autorisants[3] ». Dans un constat peu amène sur les conditions d’exercice du journalisme, l’auteur en conclut que dans notre monde pénétré de l’idéologie néolibérale, le journaliste n’a guère le temps, ni les moyens financiers d’investiguer, ce qui a un effet inexorable sur le regard induit sur le monde.

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Médias et réception par les classes populaires : entretien avec Vincent Goulet

S’arrêter sur la question de la réception des médias, c’est tenter de comprendre comment le message d’un émetteur est reçu et utilisé par le récepteur qu’il cherche à atteindre… ou comment il ne l’est pas. Le livre de Vincent Goulet, Médias : le peuple n’est pas condamné à TF1, propose une analyse des usages médiatiques par les classes populaires. En somme, les médias engagés à gauche semblent complètement passer à côté des catégories sociales dont ils prétendent défendre les intérêts.

Comment expliquer cet écart ? Constats et propositions pour repenser les médias comme levier possible d’une certaine émancipation... tout en restant populaires.

 

Entretien avec Vincent Goulet, ancien maître de conférences à l'université de Lorraine et chargé de cours à l'Université de Haute Alsace, à l'Université Albert-Ludwigs de Freiburg et à Sciences Po Strasbourg. Membre associé au laboratoire SAGE (Sociétés, Acteurs, Gouvernement en Europe).

AM79 p.4 photoGouletGaëlle Henrard : Comment expliquez-vous que les médias commerciaux, qui véhiculent plutôt des idées de droite, parviennent largement mieux que les médias dits « progressistes » à capter les publics populaires ?

Vincent Goulet : Les classes populaires fréquentent plus volontiers les médias « commerciaux » que les médias engagés, quelles que soient d’ailleurs les positions politiques de ces derniers. Par exemple, le lectorat populaire (lecteurs employés ou ouvriers) de l’Humanité représentait 100 000 personnes en moyenne par jour en 2010, alors que le Parisien/Aujourd’hui en France en comptait presque un million. L’inclination populaire vers les télévisions privées (M6, TF1, BFMTV) au détriment des chaînes publiques est, elle aussi, assez nette (de l’ordre du simple au double). Il ne faut pas oublier qu’une partie de la classe populaire s’est toujours reconnue dans les idées de droite, par sa proximité aux petits indépendants (artisans, commerçant, exploitants agricoles). « Se mettre à son compte » reste une espérance d’ascension sociale pour beaucoup de salariés.

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Rap sur les médias

Par Ak-Flow (Maison des Jeunes de Saint-Nicolas)

On est guidé par les médias

Qui sont gérés par notre état

Qu’tu sois de droite ou bien de gauche

Il faut qu’t’avale ce qu'on étale

Démocratie du dominant

Les dominés n’s'intéressent pas.

L'idiocratie par leurs jugements,

Ils sont pas clairs les mecs d'en bas

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